‹ Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, 1648-1652Chapitre 7 sur 120 · Les blancs de ces trois lignes existent au manuscrit · texte numérisé non relu

Les blancs de ces trois lignes existent au manuscrit

2. Le prénom est en blanc au manuscrit : le baron de Câpres, Jean- François-Benjamin de Bournonville, éuit le frère cadet du vicomte de Barlin et septième enfant d'Alexandre de Bournonville, passé en France en 1634. — Du parti de Condé, les deux frères avaient été faits prisonniers à la bauille de Rethel.

mars i65i]

DE DtiaUISSON-,

sieurs du Plessîs-Guénegaud et Le Tellier, pour en pourvoir les sieurs de Champlâtreux-Molé et Viole, président aux Enquêtes.

— Jeudi g, au soir, le ballet du Roi, dansé dès le 2 de ce mois et le 2(1 de février, se danse pour La troisième ou quatrième fois au Pal ai s- Royal.

— Vendredi matin 10, le Parlement assemblé et y sont lues les lettres du parlement de Provence avec l'arrêt qu'il a donné pour la sortie du cardinal Mazarin hors du royaume, conforme à ceux que Bordeaux ei Toulouse ont donné après Paris. 11 y a été parlé de la déclaration demandée au Roi pour l'exclusion des i:ardinaux, même françois naturels, du premier minisièriat et gouvernement du royaume et arrêté que les gens du Roi iroient encore la demander au Roi et à la Reine, et M. le duc d'Orléans, invité par députés à se trouver demain au Parlement.

Ce matin, le maréchal d'Aumont a voulu partir en poste pour s'en aller en son gouvernement de Boulonnois, où l'on dit que les ennemis font incursions, comme nos troupes allemandes, sous le général Rosen, ont naguèrcs fait en Hainauî vers Landrecies, Avesnes, Maroilles, Solre-le-Chasteau et Chimay, oEi, â la fin, et sur leur retraite, elles oni été battues. Depuis, ledit maréchal d'Aumont a été retenu à Paris par la Reine.

Le soir, le coadjuteur de Paris a vu la Reine et longtemps à elle parlé si bas que personne n'en n'a rien entendu.

— Samedi 1 1, le Parlement assemblé au matin, et y sont présents les duc d'Orléans, prince de Condé, etc. L'arrêt, publié le i3ci-après,avec la lettre du Parlemsni de Paris aux autres parlements, est que les conseillers Pithou et Bitaut iront commissaires par la frontière de Picardie, informer de tout ce que le cardinal Mazarin y a dit et fait en sa retraite : et que les deux autres conseillers de la Grande Chambre, ci-devant nommés, pour lui faire et parfaire son procès, informeront cependant ici de toutes ses actions, exactions, interversions de deniers publics et royaux et transport d'iceux. et de tous les autres cas qui peuvent servir audit procès, même des correspondances qu'il peut avoir encore présentement à Paris et qu'il en sera délivré et publié moniioires parles curés de Paris. — Voyez au 18.

Les Princes ont dit qu'il s'en alloit en Suisse. Le bruit est que déjà il est à Nancy.

— Dimanche 1 2, sur les quatre heures du soir, les tambours de la colonelle du président de Guénegaud vinrent battre chez lui

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pour lui annoncer que c^étoit à lui à entrer en garde le lendemain.

Le duc de Beaufort, mené à la Reine par le duc d^Orléans, y demeura toute Taprès-dîner et le soir au cercle fort agréablement. Le maréchal de la Mothe a vu aussi la Reine.

— Lundi i3, dès le matin huit heures, puis encore à midi lesdits tambours revinrent battre chez M. le président de Guénegaud, et enfin, sur les quatre heures du soir, son lieutenant-colonel, enseigne, officiers et soldats de ladite compagnie colonelle le vinrent en ordre et rang quérir chez lui, qui en sortit en souliers et bas de soie avec le garde-bas de toile à passement de Gènes, un grand juste-au-corps ou casaque de velours plein noir avec passement dbr, Tépée au côté, la pique à la main, sur la hanche droite ; son lieutenant-colonel, au plus près, vêtu comme lui et armé, mais portant une demi-pique ou pique plus courte, l'enseigne au milieu de la compagnie portant son drapeau, ont été poser la garde à la porte Saint-Antoine, d'où ils ont relevé la dernière des six compagnies de la colonelle de Scarron de Vanves, qui, comme plus ancien colonel reçu que ledit président, a été jugé en la maison de Ville par le conseil et colonels le devoir précéder à faire et marcher à la garde; et voilà pourquoi ledit sieur président^ ayant commencé dès le 22 février à faire ladite garde par sa compagnie colonelle et quelques autres des sept compagnies qui sont de sa colonelle, il a été interrompu ou empêché de recommencer par ledit sieur Scarron, qui a fait sa garde devant lui jusques à ce jourd^hui. — Voyez au 5 mars et au 22 février ci-dessus; et ci-après au 27.

Ledit sieur président ramena sa dite compagnie le lendemain, mardi 14, à quatre heures de relevée, de la porte Saint-Antoine chez soi. — Voyez au 27 mars.

Les gens du Roi vers la Reine. — Voyez au i5.

Le matin, M. de Longueville est parti de Paris pour aller à G>ulommiers au-devant de madame sa femme. M. le Prince y étant allé dès hier. Autres disent, et est vrai, que M. le Prince, parti d'aujourd'hui, ne Ta rencontrée qu'à Meaux et que M. de Longueville n'y a point été. La duchesse de Richelieu, ci-devant dame de Pons, a été jusques à Jouarre et bien reçue d'elle.

Madame de Longueville est arrivée à Paris le lundi de relevée, et le mardi 14 a eu grande cour et les Princes à dîner.

Entrant par la porte Saint-Antoine, dans la rue et vis-à-vis de réglise des Jésuites, les trompettes de la cavalerie qui l'escortoient

DE DUBUISSON'AtIBENAY.

ont fait fanfare; ce qui a été remarqué comme pour une emrte . de triomphe,

— Mercredi i5, le Parlement assemblé pour l'affaire d'Aramont, cbauffecire, jadis domestique de la dame de Breton villiers, complaignant contre le jeune Bretonvîlljers, conseiller en la cour, accusé de l'avoir fait excéder de coups de bâton, et celui-ci demaadeur contre Aramont en réparation pour sa calomnie.

Puis on a dit que lundi i3, les gens du Roi furent vers li Reine pour demander cette déclaration du Roi contenant l'exclu- , sion des cardinaux du ministère; et que ladite dame avoitdlt qu'elle en conféreroit avec les Princes es conseil du Roi, puît feroit savoir aux gens du Roi qu'ils en vinssent quérir la réponse.

Finalement s'est lue une requête, présentée au nom du procureur général du Roi, tendant à ce que l'assemblée tenue par ta Noblesse fût dénoncée au Roi comme se faisant sans le su et permission de Sa Majesté et qu'au cas qu'elle ne cesse, il sera procédé contre les auteurs et suppôts d'icelle; et qu'à cette fin M. d'Orléans sera, par députés, supplié de se trouver au Parlement vendredi, qu'il en sera délibéré.

M. le Premier Président a dit qu'il y avoit lettre du cardinal Mazarin toute fraîche, portant que, comme il pensoitallerà Sche- Icsiadt pour de là se retirer en Suisse, il auroit trouvé le chemin à lui fermé et ainsi seroit contraint de s'en retourner à Cologne, et prioit la Reine de lui obtenir passeport du roi d'Espagne ou de l'Archiduc pour lui, afin qu'il puisse en sûreté passer le pay» de Luxembourg et autres leurs pays et confins d'iceux. Cela veut dire qu'il irolt par Sedan et Bouillon.

Cependant l'assemblée du Qergé a envoyé faire sa jonction à celle de la Noblesse, ou, au contraire, les députés de la Noblesse ont été la demander au Clergé.

On a imprimé et débité leur harangue et celle aussi de l'arche» vêque d'Embrun qui répondit à celle du comte de Fiesque. La fonction a été faite ensuite.

Le conseil des dépèches, qui au bout d'un an de la Régence fut rompu par le cardinal Mazarin, qui voulut lui seul faire tout, est rétabli sous le Garde des Sceaux, autres ministres et les quatre secrétaires d'État.

Avis qua Naplcs la révolte est plus que jamais etque le peuple y tient le vice-roi assiégé.

Après dîner, s'est cxiraord inairement tenu conseil au Palais

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d'Orléans, où étoient M . le duc d^Orléans, les deux princes de Q>ndé et de Conti, le Garde des Sceaux et le maréchal de Villeroy.

Lettres de Sedan, du mardi 14, partent que le cardinal Mazarin y étoit arrivé, Élisant état d^aller à Bouillon, Liège et Colc^ne. Ce qui se rapporte, à ce qu'en dit le Premier Président, mercredi 1 5 en Parlement

Cette nuit, tendant au jeudi, a été mariée la demoiselle fille unique du sieur de Fontenay-Mareuil, ci-devant ambassadeur à Rome, qui lui donne quatorze mille livres de rente, à jouir à perpétuité pour elle et ses hoirs dès à présent, sur quarante ou cinquante qu^il a es environs de Paris en biens fonds; et lui promet payer deux cent mille livres en argent en outre, s^il se remarie. Le mari d^elle est le marquis de Gesvres, fils aîné du comte de Tresmes, du nom de Potier, et reçu en survivance à la charge de capitaine des gardes du corps du Roi.

— Jeudi matin 16, grand conseil d^en haut chez la Reine qui, à la sortie, demeura seule longtemps en conférence avec M. d'Orléans et le prince de Condé. Là fut résolue la convocation des États-Généraux, indicte à Tours au premier d'octobre prochain, et envoyée signifier à l'assemblée de la Noblesse, tenant ^ Cordeliers de la part du Roi, par le gouverneur de Paris, le maréchal de L'Hôpital, qui lui a aussi ordonné de se départir et retirer.

— Le 1 6, opposition de rassemblée du Clergé à la déclaration du Roi pour Fexclusion des cardinaux françois*. — Voyez la Ga\ette du 25 mars.

X . Opposition du 16 mars 1 65 1 à Vexclusion des Cardinaux français. A la requête des archevêques, évêques et autres ecclésiastiques députés en l'assemblée du Clergé de France, tenue par la permission du Roi en cette ville de Paris, représentant le Clergé général et l'état ecclésiastique de ce Royaume : Soit signifié à M. le Garde des Sceaux de France, en parlant à la personne du sieur de Combes, conseiller du Roi en ses Conseils et grand audiencier de France, qu'ils s'opposent au sceau des lettres et déclarations qu'ils apprennent être présentement poursuivies par Messieurs du Parlement de Paris, pour exclure des conseils du Roi messieurs les Cardinaux françois; comme étant telles déclarations une nouveauté qui va directement à renverser les trois ordres du Royaume, par rafFoiblissement de celui qui, de tout temps, y tient le premier rang, ce qui est entièrement contraire à l'honneur de l'Église, au service du Roi et au bien de l'État. — De laquelle opposition ils ont requis acte pour se pourvoir en son temps,

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Ce jour, madame de Longueville fut menée par les Princes, ses Érères, au Palais- Royal, où elle vit la Reine et lui parla, fort décontenancée à ce que l'on remarqua. On dit que son mari n'a point encore couché avec elle et qu'elle a fait donner au sieur de Saint-Romain huit mille livres de pension annuelle sur les bénéfices du prince de Conti.

Le lendemain 17, le marquis de Vitry député de la noblesse fait au clergé la harangue ici jointe imprimée*.

— Vendredi matin 17, le Parlement étant assemblé, selon l'arrêté de mercredi, M. le duc d'Orléans, que l'on y avoit invité par députés, a envoyé s'en excuser sur une colique qu'il a, et prier de remettre à mardi ou jeudi prochain, entre ci; et lequel jour il promet que l'assemblée de la Noblesse cessera.

— Samedi 18, se publie le monitoirc obtenu sous le nom du procureur général du Roi, et obtenu de l'archevêque de Paris, pour faire venir à révélation tous ceux et celles qui peuvent déposer contre le cardinal Mazarin, suivant l'arrêt du 2 de ce mois.

Le soir, la princesse de Condé arrive de Berry à Paris, et entrant par la porte Saint-Jacques, oCi éioti en garde la compagnie du sieur de Champlâtreux, colonel du quartier du Palais, elle lui fit donner quarante pisioks, dont ladite compagnie lui fut, le lendemain,

— dimanche 19, faire un remerciement, avec salve, en l'hôtel de Condé,

Le soir il y eut conseil chez la Reine, où, sur le sujet de l'assemblée de la Noblesse, que M. d'Orléans maintenoit, voulant que l'on lui accordât de commencer les États-Généraux au premier juillet prochain, suivant la remontrance ici imprimée faite à Son Altesse Royale par la bouche du comte de Fîesque, chargé de ladite assemblée et la Reine s'arrétant à ce qui avoii été résolu en plein conseil, pour le premier octobre, ils s'échauffèrent en sone que M. le Prince, se mettant entre eux, il emmena M. d'Orléans tout ému hors du cabinet du conseil, où la Reine demeura fâchée, dans la chambre, où il l'appaisa.

au cas qu'il soit passé nu préjudice d'icellcs, et ont élu leur domicile ^ en la personne des siours agents du Clergé.

Signé : Georges d'Aubusson, archevêque d'Embrun, président, J

Et plus bas : — Par nos seigneurs de l'Assemblée, M. Tubeof,

(Signifia audit sieur de Combes, le r6 mars ifiSi.)

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— Lundi 20^ le Premier Président assemble pour trois choses : la garde des portes de Paris, la déclaration à poursuivre vers le Roi pour Pexclusion des cardinaux François, et ce qu'il y aà £Eiire touchant l'assemblée de la Noblesse, continuant au préjudice de la dénonciation de la Reine et des remontrances du Parlement. Là, le Premier Président dit être averti certainement et bien assuré que l'on attentoit à la vie des principaux du Parlement — et se désigna, — promettant s'expliquer une autre fois. Et fut résolu que les conseillers Ménardeau et Doujat, ordinaires députés vers M. d^Orléans, riroient prier de se trouver le lendemain au Palais, ce qu'ils firent après dîner. Cela causa grand bruit, non seulement dans le Palais, oti Ton disoit assez haut que cette conspiration étoit de la part du Coadjuteur, qui ne va plus en Parlement sans les Princes, mais encore par toute la ville.

Ce jour, la Reine envoya quérir le Prévôt des Marchands [et échevins] et leur dit avoir ouï dire qu^ils parloient de lever la garde de leurs portes ; mais qu'il ne le £alloit pas, et au contraire la continuer, cela étant important tant que dureroit rassemblée de la Noblesse, de peur que ce pendant il ne se passe en la ville quelque chose contre la tranquillité publique et le service du Roi. Cela a fait deux grands coups pour la Reine : l'un que le peuple perd Popinion que la Reine veuille emmener le Roi hors Paris, et l^autre qu^il rejette non plus sur la Reine mais sur cette assemblée de la Noblesse la haine et l'ennui qu'il a de cette garde.

— Mardi 21, la Reine ayant, nonobstant l'équinoxe céleste, et la nouvelle lune astronomique, pris médecine le 20, et n^y ayant eu conseil chez elle, il y en eut ce soir; et après cela, elle s'édaircit avec M. d^Orléans, après en avoir déjà dit quelque chose à madame d'Orléans, qui Fétoit venu voir pour ce sujet. M. le Prince se trouva lors avec M. d^Orléans et la Reine, les exhorta de vivre sincèrement, comme elle feroit de sa part, et de traiter de vive voix et tête à tête, avec douceur et modération de tout ce qu^ils auroient^ sans faire passer cela par les messages qui se corrompent et gâtent souvent en la bouche des messagers, ce qu'ils promirent faire.

M. le Prince fait ses partages ce jour avec le prince de Conti, chez le président de Nesmond. Ce prince prend pour se faire payer, des mains du surintendant des Finances, tout ce qu^il y a d^argent prêt, même celui destiné pour la subsistance de la maison du Roi.

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DE DOBOISSON-AUBENAY.

Le Roi mange avec la Reine d'ordinaire et M. d'Anjou avec Leurs Maiestés, loujours chair depuis le carême.

— Mercredi 22, procession solennelle pour la réduction de Paris de l'an 1594, dont le Parlement et autres cours furent dispensés et ouïrent seulement la messe es Grands-Augustins. — Voyez la Galette du 25 mars.

Après dîner, le Premier Président va voir M. d'Orléans en son palais. Le coadjuteur de Paris y va aussi et parle en une fenêtre à S. A. R. et en son content en apparence.

— Jeudi 23, assemblée au Parlement oti étoient les duc d'Orléans, princes de Condé et de Conti, ducs de Joyeuse, Mercœur, Beaufori, Luynes, coadjuteur de Paris, maréchaux de Gramont, de l'Hôpital, delà Moihe, entre lesquelsétoit assis, en son rang de réception et antiquité de conseiller honoraire au Parlement, le comte de Brienne, secrétaire d'Etat. Le duc d'Orléans dit que l'on n'avoit rien fait de chasser le cardinal Mazarîn, si l'on n'ôioit d'auprès de la Reine ses créatures et émissaires qui tcnoient l'esprit de leur maîtresse et le préocciipoient, empêchant la sincère union en toute la famille royale : et étoient Servien, le Tellier et de Lyonne ; s'éiendit fort sur l'importance de cela.

Le Premier Président loua M. d'Orléans de ses bonnes intentions, des grandes et héroïques qualités qui étoient en lui, répondantes à sa naissance royale; mais que c'étoit dommage qu'il se laissât approcher par gens qui pouvoienl par leurs mauvois procédés et desseins empêcher les fructueux effets de ses sincères intentions ; qu'en effet c'étoit peu que l'on eût mis hors ceux qui perdoient l'Eiat, si ceux-ci qui s'efforcent de se pousser en leur place y parvenoient. M, d'Orléans l'exhorta de nommer ces genslà, comme il avoit nommé ceux d'auprès ta Reine; le Premier Président répliqua qu'il les nommcroii en tems et lieux et qu'ils cioient assez aisés à connoitre. Chacun estima le Coadjuieur être désigné. Il ne dit jamais mot, ni lit aucun signe de l'entendre.

Le Premier Président poursuivit, disant que le sujet de leur assemblée étoii pour le sujet de celle que faisoient contre les lois aucuns de la Noblesse. Le président de Mesmes d'Irval dit que M. d'Orléans pouvoit la dissiper et devoit le faire dès ce jour-là. Le maréchal de Gramont dit que telle assemblée devoit être réprimée et que M. d'Orléans la réprimeroit sans doute, mais que cela requêroit un peu plus de temps et jusqucs à lundi. M, d'Orléans y consentit et que le registre fût chargé comme il promeltoit au

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Parlement de faire cesser l'assemblée de Noblesse dans lundi prochain, auquel jour la Compagnie se remettoit d^assembler, et d^y agir sincèrement et comme il faut, ainsi qu'il a toujours fait pour le bien de TÉtat. Il pria et obtint que ces derniers mots y seroient mis ; ajoutant ceux-ci : qu'au cas de non obéissance par les nobles, il promettoit faire exécuter tout tel arrêt que le* Parlement donneroit contre eux.

Sur la fin on parla de Penvoi des députée-commissaires Bitaut et Pithou à Doullens et autres lieux oti le cardinal Mazarin a passé, pour informer; et le président de Maisons- Longueil, ayant dit qu^il n'y avoit point d'argent, le vieux conseiller Broussel lui dit qu^il en trouveroit bien. Lui répartit qu^il en faudroit parlera la Reine. Broussel répliqua qu^il en trouvoit bien quand il vouloit sans en parler à la Reine. Le président se piqua et répondit qu^il est vrai qu^il en avoit trouvé pour lui et pour son fils depuis qu^ils avoient le gouvernement de la Bastille et qu'ils en étoient ingrats. Le conseiller Longueil, de la Grande Chambre, dit aussi à Broussel qu^il étoit un homme hargneux et quUl né se pouvoit taire. On se leva et en alla là dessus. Il y eut encore quelques crieries et murmures précédents sur le fait de cette assemblée des Nobles.

— Vendredi 24, M. d^Orléans, attendu dès quatre heures chez la Reine au Conseil, n^y vint qu'à huit et y entrant et voyant le sieur Le Tellier, secrétaire d^État, déclara que tant qu'il y seroit il n^y demeureroit jamais. Il s^en alla et les Princes et maréchal de Villeroy le suivirent au quartier du Roi, où tôt après le Garde des Sceaux et le comte de Brienne, secrétaire d'État, les furent trouver, puis revinrent, et avec eux le maréchal de Villeroy, au petit cabinet oti la Reine étoit, et d'oti M. Le Tellier, sortant seul s'en alla. Adonc les trois susdits furent retrouver les Princes qui tous retournèrent à la Reine; et lors fut résolu que Ton accordoit à la Noblesse d'indire son assemblée pour la tenue des États-Généraux à Tours, au huitième jour de septembre, un jour après la majorité du Roi, et s'en allèrent tous fort contents.

— Mercredi 25, jour de PAnnonciation Notre-Dame, M. d'Orléans fut en l'assemblée du Clergé, es Augustins, après dîner, et de là en celle de la Noblesse, es Cordeliers. Quelques évêques députés furent le soir chez la Reine l'assurer de leur obéissance aux volontés de Leurs Majestés, et que M. d'Orléans étoit sorti très satisfait de leur assemblée, allant en celle de la Noblesse, dont n'espéroit pas moins.

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Lettres du 2S des Pays-Bas disent que le lieutenani des garde» du cardinal Mazaria, qui ayant de Bouillon, sans passer à Sedan, élé à Saint-Hubert, aitendoit à dimanche ses passeports pour,, par Namuret Limbourg, aller à Cologne, est retourné vers lui les portant, et que le 12 du courant le sieur Del Ponti, pour avoir mal défendu Reihel, fut arrêté prisonnier et mené en la citadelle d'Anvers. Qu'un conseiller du Privé Conseil est allé à Stenay traiter avec le sieur de Croissy, en présence du maréchal de Turenae, pour une trêve.

Les lettres des Pays-Bas du 23, de bonne part, portent que la Hotte des Indes de sept millions en fait part au Roi ' de trois, et qu'il en a envoyé auxdits Pays deux et 780,000 livres, dont les deux millions sont pour les frais de la campagne prochaine, 3oo,ooo livres pour l'archiduc, le reste pour les montres dues aux troupes Cl à des marchands qui en ont fait avances,

— Dimanche matin 26, on sait que l'assemblée des Nobles reçut les volontés du Roi cL de la Reine par M. d'Orléans, et rompit son assemblée présente, sous condition et attente de la remettre pour le 8 septembre prochain, p>our la tenue des États- Généraux de ce Royaume.

— Lundi 2^, en l'assemblée du Parlement, le duc d'Orléans fit sa relation touchant la cessation de l'assemblée des Nobles, qui avoient accepté la condition de se rassembler au 8 septembre prochain pour les États-Gcnéraux.

On parle aussi de faire partir les commissaires du Parlement Bitaut et Pithou, conseillers, pour aller informer sur le passa{;e du cardinal Mazarin ; et sur ce que l'on s'inquiéta d'un fonds pour les frais, le Premier Président dit que l'on y avoit pourvu. Enfin l'on remit sur le lapis la déclaration du Roi, déjà ci-devant requise de ta Reine, pour exclure les cardinaux, même françois, du ministère.

Les secrétaires d'Éiat écrivent dans les provinces de leurs départements, chacun pour convoquer le Tiers-Etat après le 8 septembre, afin qu'ils fassent députatîons par chaque bailliage et sénéchaussées.

L'assemblée du Clergé continue cependant.

Don Gabriel de Tolède, à Paris depuis plusieurs jours, parlant d'une iréve entre nous ei les Pays-Bas seulement, logé ou se trouvant journellement avec don Estevan de Gamarra, s'en va

. Au Roi d'Espagne.

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en Espagne complimenter, de par Parchiduc, la Reine grosse.

L^après-diner, M. d^Orléans se tint au lit, et ne voulut point aller au Palais-Royal^ où le Conseil étoit à jour ordinaire chez la Reine, à cause que les sieurs Servien et Le Tellier n'en sont pas encore bannis.

La compagnie colonnelle du quartier des Francs-Bourgeois, place Royale, rue et porte Saint-Antoine, conduite par son lieutenant-colonel, venue quérir son colonel, monsieur M* François deGuénegaud^ conseiller et président en la troisième des Enquêtes, ainsi et en la manière qu'il se fit les 1 2 et 1 3 de ce mois, y recours ci*dessus hier dimanche, sur les quatre heures après midi. Il y fut en personne la conduire, accompagné ainsi que ci-dessus, et elle Ta reconduit et ramené chez lui, ce jourd'hui à la même heure de quatre heures du soir, puis reconduite par le lieutenant-colonel jusqu'au logis de renseigne, pour s'y séparer. Ledit lieutenantcolonel s'appelle Amelin, l'enseigne Duchesne, fils d'un notaire, tous deux de la rue Saint-Antoine.

En s'en retournant^ le sergent Bontemps, tapissier, frappa de sa hallebarde et traita rudement le valet d'un M. de Bragelonne, qui étoit là à la garde pour et au nom de son maître. Celui-ci le menaça de s'en ressentir. Le soir, Bontemps, attaqué dans la rue, fut blessé par quatre ou cinq d'un coup d'épée en la poitrine, dont il est mort le matin du samedi de Pâques, 8 d'avril, et enterré le soir même à Saint-PauU sa paroisse. Le valet de Bragelonne, prisonnier en T Hôtel de Ville, déchargé innocent par ledit Bontemps en son lit de mort, disant qu'il n'étoit point en la compagnie de ceux qui l'ont assassiné, et n'y ayant personne qui Tait poursuivi, a été, en ces jours de pardon que l'on retire les prisonniers, laissé aller en liberté par la recommandation du prince de Condé, chez qui de Bragelonne a quelque accès ou emploi.

— Jeudi 3o au matin, dès cinq heures, la garde des portes de la ville se lève par commandement de la Reine, qu'elle donna k soir précédent aux Prévôt et corps de Ville, suivant les ordres de la Reine [et] de M. d'Orléans'.

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