DU H MARS 17G
Les Dames de Saint- Julien, de Fijeubt et de Nantouillet. — Les Demoiselles Jouvàl, Montansikk, La Fobest.
On assure que M. le prince de Soubise pourchasse vivement Mm* de Saint-Julien, femme du receveur général du clergé. J'ignore, si cela est, ce qui peut donner du goût à ce prince pour cette dame, à moins que ce ne soit pour faire pièce à M. le comte de Maillebois, ou peut-être aime-t-il à entendre jurer une femme (ce mot des Français révéré!). Il est vrai qu’elle s'en acquitte assez bien, et il y a des personnes qui trouvent cela fort plaisant.
Le chevalier de Mera, officier aux gardes françaises, fatigué des charmes usés de la demoiselle Dufresne, aujourd'hui Minc de Fleury, qu'il guerluchonnait depuis longtemps, s’est jeté dans la finance. C’est lui qui prend soin de donner des airs et des manières , car personne n'en a plus que lui , à M"" de Nanlouillet, femme du fermier général, qui jusqu'à
(1) K. M. de Froulay, premier écuyer de la Reine et gouverneur du Mans, né en 1736, marié en 1755 à la fille aînée du duc d’Ayen.
présent avait cru ne pouvoir mieux faire que d'aimer son mari. Comme cette dame est jolie et qu’elle annonce un grand fond de tempérament, il y a lieu de croire qu'elle me fournira plus d une anecdote, car le chevalier possède à merveille letalent de rendre une femme libertine.
M. de Razilly (1) , capitaine aux gardes françaises, demeurant rue Neuve-des-Petils-Champs , a , depuis le mois de novembre dernier, pour maltresse une jeune personne fort aimable et qui parait bien décente. On la nomme M,le Jouval. Elle peut être ûgée de dix-huit ans. On la dit native de Fontainebleau et appartenir à d'honnêtes gens. Elle demeure même rue que M. de Razilly, capitaine aux gardes françaises, en chambre garnie chez un perruquier nommé Dumont.
La demoiselle Montansier, connue depuis si longtemps dans le peuple galant , prétend que la rosée de la jeunesse soutient ses vieux appas, et donne une fraîcheur à son teint qui surpasse tous les talents de la toilette. C'est pourquoi elle s’est chargée d'enseigner les premiers éléments de la galanterie à M. de Saint-Contest, jeune homme d'environ dix-huit ans, fils de M. de Saiut-Contest, ministre des affaires étrangères. Celte demoiselle conserve néanmoins le sieur Duquesnay pour contenter la grosse faim.
Le demoiselle Laforestqui était partie, il y a environ deux mois pour Bordeaux, avec le sieur de Saint-Angel, son gueriuchon, estarrivée mardi dernierà Paris, à huit heures du malin. Saint-Angel a écrit à un de ses amis en celte ville, que cette demoiselle l'avait quitté après lui avoir escroqué cent louis. Sa lettre est un tissu d'horreurs contre elle. Le lendemain de son
(1) K eveu du lieutenant-général comte de ce nom.
sa.
retour à Paris, Clic fut à la Comédie Italienne, où elle tint un propos qui a été trouvé assez bon. Quelqu’un lui demandait si elle venait de faire sa réforme, elle répondit : Je n'ai réformé que ma compagnie. Mlle entendait parler de Saint-Angel avec lequel elle est partie et qui a été regardé ici comme un trèsmauvais sujet.