‹ Journal des inspecteurs de M. de SartinesChapitre 19 sur 27 · I.e» Demoiselles Lefebvre, Lacroix, Maisoxvili.e et Vacàvan · texte numérisé non relu

I.e» Demoiselles Lefebvre, Lacroix, Maisoxvili.e et Vacàvan

La dame Lefebvre, bijoutière, rue Froidmanteau, âgée de 26 ans est d’une figure très-revenante, a la gorge belle, la peau fort blanche et d'une propreté séduisante ; — en revanche son mari est très-dégoûtant, passe toutes ses journées à la tabagie et ne revient chez lui que pour infecter sa femme de fumée de tabac et souvent pour la maltraiter, négligeant absolument son commerce il est vrai qu’il est peu jaloux, ce qui fait que la dame Lefebvre prend son mal en patience et pour ne pas voir dépérir totalement sa boutique, elle se croit obligée de tirer parti de ses charmes. En conséquence, elle s’est adressée à lîrissault à qui elle a conté ses chagrins. Cet homme ayant jugé le morceau de débit, lui a promis de s’intéresser pour elle et dès le lendemain, lui a procuré la connaissance de M. Ferrand, ci-devant fermier général, qui désirait depuis longtemps une intrigue bourgeoise. Ils se sont convenus et outre nombre de cadeaux, M. Ferrand lui donne 300 livres par mois. Elle va le voir chez lui ou chez Brissault , deux fois par semaine. Cela fait que cette femme ne tracasse plus son mari sur sa vie crapuleuse, et la paix règne dans le ménago; ainsi tout va bien.

M. le comte de la Taxe, mousquetaire gris, a pris la demoiselle Lacroix sur le pied de quinze louis par mois. C’est la même qui est attachée au spectacle des Italiens. Cette demoiselle est encore jolie, mais elle est toute petite et engraisse beaucoup.

La demoiselle Maisonville est fille d’une rcgrattière, qui a son échoppe place du Carrousel. Elle est âgée d’environ 22 ans, grande, bien faite, la peau et la gorge admirables et d’une ligure très-intéressante. Après avoir fait ses académies, chez différentes femmes du monde, M. de Caze, directeur général des gabelles s'en chargea. Il a vécu avec elle plusieurs années et sa femme, à la fin, obtint un ordre de M. Berlin, pour la faire mettre à l'hôpital, ce qui fut exécuté avec cruauté, car elle la dépouilla auparavant de tous les meubles et effets, que son mari lui avait donnés. Cette fille, au bout de 18 mois, en est sortie et ne s’est soutenue que par les secours que lui a procurés la demoiselle Courcy, sa sœur cadette, qui est encore d’une plus jolie figure, mais dont la conduite est très -inférieure. Enfin, depuis quelque temps, M. Germain, orfèvre du roi, l'a mise dans ses meubles, rue Neuve-Saint-Eustache, chez le marchand de vin, a la Tour d' Argent, et lui donne dix louis par mois pour sa subsistance sans compter les robes. Elle a retiré aujourd’hui chez elle la demoiselle Courcy, sa sœur, qui est tombée dans l’indigence, mais dont la jolie figure la sortira bientôt si elle veut avoir de la conduite.

M. Pancho, fameux négociant de Saint-Malo, logé à Paris, rue de Richelieu, à V Hôtel de la Paix, a pris cette semaine la demoiselle Vacavan, fille d’un perruquier de Montargis, qui est à Paris avec sa mère depuis un an, dans l’intention de rétablir leurs affaires délabrées. J’ai peine à croire qu’elles réussissent, car la demoiselle Vacavan n’est point jolie, et il n'y a qu’un

Maloin assez hardi pour s’en charger et lui donner 300 livres par mois et pour mieux de 25 louis de robes ou de linge.

Les Demoiselles Subville, Lecler, Armarï, Sennetkrre et Covrci.

La dame Surville, dont l'état a toujours été de se prêter secrètement aux plaisirs du prochain, désirant rendre favorable à son mari, qui est dans la Connétablie, M. le maréchal duc de Richelieu, auprès duquel il sollicite quelques grâces, lui a présenté, il y a huit jours, à sou beau pavillon (1), la demoiselle Leblanc, la même qui vit aujourd'hui avec Al. Pasquier fils, conseiller au parlement, et comme la Surville sait que le maréchal craint la jouissance de nos demoiselles, elle lui a fait entendre que c'était une jeune femme arrivée depuis peu de Rouen à Paris, pour des affaires de famille et qu'elle logeait, rue Saint-Denis, chez M. Lhomme, marchand desoie, qui était de ses parents. Le maréchal a été enthousiasmé de la jolie figure de la Leblanc, et ce qu'il y a de singulier, il ne l'a point reconnue quoiqu’il l ait vue journellement à Ilordeaux où elle était abonnée au spectacle. Il a promis à la Surville de lui être favorable pour son mari, et que comme il comptait, tant qu’il resterait à Paris, s'attacher à la damo Leblanc, il voulait auparavant s'informer d'elle et qu’en conséquence, il irait chez le sieur Lhomme acheter quelques marchandises pour jouir du plaisir de la voir dans le comptoir. Effectivement, dès le lendemain, il a été chez Lhomme, mais il n’y a point vu la Leblanc et cela ne se pouvait. La Surville étant retournée à la charge,

(I) C’est le pavillon de Hanovre. La suite de cette histoire prouve que Richelieu trouvait souvent plus roué que lui.

au.

il lui eu a fait des reproches. Cette femme effrontée lui a dit qu’elle en ignorait la cause, mais qu’elle verrait à s’en informer et lui en rendrait compte. Pour cet effet, en quittant le maréchal, elle a été chez la Leblanc lui conter son embarras et après s'élre consultées ensemble, il a été décidé que la Leblanc écrirait au maréchal qu'elle était désespérée de ne s’ètre point trouvée à la boutique le jour qu’il lui avait fait l'honneur de venir, mais que le sieur Lhomme en était l’unique cause, parce que s’étant aperçu que différents jeunes gens entraient chez lui sous prétexte d’acheter et cependant n'avaient d'autre dessein que de causer avec elle, il l'avait priée de rester dans sa chambre, non-seulement pour lui épargner le ridicule que cela lui donnaiL, mais aussi parce qu'il était responsable de sa conduite à Paris, qu'elle avait cru ne devoir point le désobliger à cet égard, afin d'avoir plus de commodité de venir le voir avec lu dame Surville, en qui le sieur Lhomme avait une entière confiance. Le maréchal a très-bien reçu celle lettre d’excuses, et a fort engagé la Surville à lui procurer de nouveau la visite de cette belle femme, car c'est ainsi qu’il en parle, mais en femme adroite elle lui a dit qu’il ne fallait rien précipiter crainte de donner de l'inquietude à M. Lhomme, qu'elle soupçonnait d’en être amoureux. Il lui a fait présent d’un bracelet enrichi de très-beaux diamants, d’un coté est son portrait, et de l’autre un chiffre qui contient la première lettre de son nom entrelacée avec deux du nom de la Leblanc, par dessous ce chiffre sont des cheveux de sa maîtresse. Ils ont loué aussi une petite maison à la Nouvelle France, où M. Pasquier couche quelquefois, mais il a grand soin d’être rendu le lendemain chez M. son père, a six heures du matin ; il lui promet encore de lui faire sept ou huit cents livres de rente, lorsque la nécessité le forcera de se marier; il est cerlaiu que la Leblanc l’aime plus qu’un autre, mais elle n’est point fille à laisser échapper une occasion de gagner de l’argent.

M. le marquis de Bezons, depuis plus d'un an, est lié, ou du moins voit d’habitude une fille nommée Leclerc, demeurant faubourg Saint-Denis. Chaque semaine il lui rend deux ou trois visites et la paie très-bien. Cette fille est grande, bien faite; quand elle a fait sa toilette, elle peut passer pour jolie et on ne peut pas lui disputer de l’esprit. Ci-joint est une petite lettre du marquis de Bezons, qui prouve leur intelligence. L’épouse de ce seigneur est bien faite pour trouver des vengeurs.

La demoiselle Armary, dite Mimi, fille d’un danseur de l’Opéra, est âgée de 17 ans et est assez bien de figure. Jusqu’à ce jour elle languissait et profilait des bontés de la demoiselle Allard; enfin on va la voir paraître sur le trottoir (1). M. Lecamus, natif de Rouen, étant à Paris dans plusieurs entreprises, vient de s’eu charger; il luidonneâolouispar mois et lui a faitprésent de 100 louis pour se nipper et retirer le peu d'effets qu’elle a engagés. En outre il lui a fait louer un appartement de 900 livres, rue du Hasard, où il doit placer pour 8,000 livres de meubles. Il y a aujourd'hui un peu d'humeur dans leur liaison, parce qu’il voudrait qu’elle ne vit plus la demoiselle Allard. La demoiselle Mirai a beaucoup de peine a lui faire ce sacrifice , et comme M. Lecamus ne veut pas non plus qu’elle fréquente sa mère, dont il craint les conseils intéressés, je pense que celte intrigue ne durera que jusqu'à ce que l’appartement soit meublé. Ce M. Lecamus demeure rue d’Orléans-Saint-Honoré, même maison qu'occupait fou Mouton le dentiste.

SOUPERS

Le tw de ce mois, milord Tavistock, M. de Quinsou et un autre Anglais, ont soupe à la petite maison de Brissault avec les demoiselles Senneterre, l’Étoile et Jeannette.

(!) Etre sur le trottoir ou sur le grand, trottoir, se disait pour tenir un certain rang dans le monde.

Le môme jour, M. de Fitzmorice, Anglais, a soupé et couché chez lui avec la demoiselle Deschamps.

Le 5, M. de Quinson, Anglais, a soupé chez lui avec la demoiselle Courcy.

Ledit jour S, milord Tavistock a soupé à la petite maison de Brissault avec la demoiselle Lacroix, des Italiens.

Le 6, à la petite maison de M. d’Harnoncourt, ont dîné M. de Montainan, gouverneurdu Palais-Royal, M. de Sainl-Laurens, M. Moreau, procureur du roi, et M. Godeau, lieutenant criminel de robe courte, avec les demoiselles Maisonville, Courcy sœurs et la demoiselle Verceil.

Les', Demoiselles Harroirf, Faillon, Baliony, Layo.ni>.

La demoiselle Harroire, connue par sa désobéissance aux ordres du roi, et pour avoir vécu ci-devant avec M. Moreau fils, conseiller au Parlement, doit partir ces jours-ci pour l’Angleterre avec milord Ponthieu, auquel elle a inspiré une belle passion. M. Véron, banquier de cet Anglais, qui est chargé de la part de son père de veiller à la conduite qu’il tient à Paris, connaissant combien cette fille est dangereuse pour un jeune homme, met tout eu usage pour la retenir ici. Je sais même qu’il la menace de la faire arrêter à Calais ; mais la demoiselle Harroire, qui s’est toujours mise au-dessus des conséquences, s'embarrasse peu de ce qu’il dit et persévère dans son projet, •lo crois môme qu’elle est partie d'hier. Elle laisse à Paris beaucoup de dettes; cependant elle abandonne, pour les satisfaire, son contrat de 500 livres de rente que lui a fait M. Meyneau,

il y a environ dix jours, passé chez Robin, notaire, rue Saint- Honoré. Je sais que M. Meyneau père est indigné do la conduite de son (ils, qu’il doit même prendre le parti de le faire interdire. Effectivement, rien n'est plus dupe que ce jeune homme ; après ce qu’il a éprouvé de la demoiselle Harroire, il aurait bien dft se garantir d’en approcher. La demoiselle Faillon des Italiens, ne l’a point traité avec plus de distinction, puisqu'il a trouvé couché avec elle un petit violon de ce spectacle. Cependant, loin de se corriger, il vient de se rembarquer avec un autre mauvais sujet, nommé ci-devant Deschamps, et aujourd'hui qui s'appelle Lecler. C’est la même dont Brissault a si amplement disposé. M. Meyneau va lui donner les meubles qu'il a retirés à la demoiselle Faillon après son infidélité. M. son père m'est venu solliciter de lui donner des observations pour être instruit de la conduite qu'il tient. Je lui ai dit que je ne pouvais faire cequ’il désirait sans votre congé, monsieur. Mais il m'a répondu qu’il était honteux de vous importuner pour son coquin de fils. Ainsi nous en sommes restés-là.

M. le chevalier de Govon, exempt des gardes du corps, vint mardi dernier solliciter Brissault de rendre service à une jolie femme mariée, nommée d'Elbars, demeurant rue du Mail, dont le mari est absent. Brissault, après avoir été reconnaître l’étoffe, promit de s’v intéresser, et dès le lendemain il lui a procuré une entrevue avec M. Mitelé, Anglais, jeune homme de 22 ans, logé .à l’hôtel de Saxe, rue du Colombin. La figure de cette femme lui ayant tout à fait convenu, Brissault a été chargé de lui proposer 40 louis par mois, une boite d'or, et que l’Anglais, en outre, se chargerait de la dépense de bouche. Ces conditions ont été acceptées avec plaisir, et M. Mitelé est entré en jouissance mercredi au soir, qu'il a soupé et couché avec ladite dame, et en preuve de son contentement, le lendemain il a donné 25 louis à Brissault, qui a tiré encore un

droit de courtage de la dame d’Elbars. Cette femme, à ce qu'on dit, peut être âgée d’environ 28 ans, est grande, bien faite, et d’une très-jolie figure; elle paraît avoir reçu de l'éducation, elle louche proprement du clavecin et on assure qu'elle a de l’esprit. Par les informations que j’ai cherché à prendre dans son quartier, j’ai appris qu'il y avait un an qu'elle occupait son appariement, qu'on n’y avait jamais vu son mari, qu'elle vivait décemment, ayant trois domestiques, savoir un laquais, une femme de chambre et une cuisinière, et qu’elle payait exactement sa dépense. Je n’ai pu en savoir davantage, mais avec un peu de temps j'espère l'approfondir.

M. le marquis de Genlis, qui vivait depuis sa sortie du château de Saumur avec la demoiselle Baligny qui avait été entretenue ci-devant par M. le marquis de Montmorency, gouverneur de Fontainebleau, vient de la quitter pour des raisons de dégoût. Cette demoiselle, qui était d’une très-jolie figure, vient d’avoir la petite vérole et celle maladie l'a changée au point qu’elle n’est pas reconnaissable. Le marquis l’a fait soigner avec la plus grande attention, mais à son rétablissement son cœur ne lui a plus rien dit pour elle. Cependant, il a dissimulé encore quelque temps et a diminué ses visites afin de préparer tout doucement la pauvre Baligny à son changement. Cette fille lui est réellement attachée. Enfin, il lui a signifié son congé et pour en adoucir l’amertume, il lui a envoyé son portrait et un contrat de 1,200 livres de rente viagère. Malgré l’honnêteté de ce procédé, Baligny est inconsolable. Elle pleure jour et nuit devant son portrait qu’elle a attaché dans son lit. Comme les pleurs soulagent ordinairement les femmes, il y a lieu de croire que cette douleur se calmera.

Le 11 de ce mois, il a manqué arriver une scène sanglante chez ta demoiselle Lafond des Italiens, entretenue par M. Sain-

son. Voici le fait. Sainson ayant tout lieu de suspecter la fidélité de sa maltresse, la faisait observer de près. Il fut instruit ledit jour qu’elle était enfermée avec un jeune homme. Tout furieux, il se transporta chez elle et manqua de la surprendre dans son boudoir dans les bras du baron de Saint-Cric, officier aux gardes françaises, qui n'eut que le temps, ayant entendu quelqu'un marcher, d'arrêter de toutes ses forces le pêne de la serrure, pour empêcher qu'on ne l'ouvrit, la clef étant en dehors. Sainson trouvant de la résistance , menaça d’enfoncer la porte si on ne lui ouvrait. Mais toutes ses menaces et emportements furent inutiles. Saint-Cric, cramponné sur le pêne, tint bon ; à la fin, Sainson fatigué de clabauder en vain a pris le parti de se retirer en maudissant sa maîtresse et disant hautement que ce ne pouvait être qu'un jean-foutre qui était renfermé avec elle. Saint-Cric sorti de sa prison a consulté ses amis pour savoir s’il devait tirer satisfaction de celte apostrophe.11 lui a été conseillé de se contenter de caresser lademoiraoiselle Lafond sans chercher à tuer son amant. Depuis cette aventure Sainson est amoureux comme un fou de la perfide.

Les Demoiselles Lecleec, Saikte-Fou, Saist.Jaj.vjeb, Lajono.

Le jour de Sainte Anne, M. le comte de Bentheim a fait présent à la demoiselle Leclerc, sa maîtresse, pour sa fête, de deux bracelets estimés 9,000 livres, dans l'un son portrait, dans l’autre son chiffre. Cette demoiselle a un ascendant sur ce seigneur qui est inconcevable, car il sait parfaitement qu'elle le trompe, mais il convient qu'il ne peut s'en passer. Le sieur

Duperncr est toujours le guerluchon en charge. Cependant, lundi dernier, le chevalier de la Tour, qui aspire à cette place, a pris un à-compte dont elle n’a point été contente. Elle a confié à une de ses amies qu’à peine elle avait pu en tirer deux politesses.

M. le marquis de Romey a pris des arrangemenls avec la demoiselle Sainle-Foix sur le pied de douze louis par mois, sans prétendre la gêner. Aussi va-t-elle très-souvent chez Brissault.

M”* Saint-Janvier, femme d’un payeur de rentes, rue Thévenot, traite avec toute l'humanité possible M. Laumur, jeune homme fort aimable, qui a fait une espèce de fortune par un mariage qu’il a contracté à Pondichéri étant aide-de-camp de M. de Lally. Cette dame parait d'une grande coquetterie et aime la danse à la fureur. Elle peut être regardée comme une jolie femme. M. de Cramayel, fermier général, lui fait une cour assidue.

Mrae de Soltikoff conserve toujours son vilain goût pour le sieur Desmares, gendarme de la garde. Mercredi dernier, cette dame était à la Comédie-Italienne et ne cessait de faire des mines à cet homme. Le public s’en aperçut. Moi-même je dis à Desmares que cette dame ne se ménageait pas assez. Il me répondit : elle est folle, je suis sur les dents et ce soir, cependant, il faudra encore travailler : les femmes sont insatiables. Ce Desmares est taillé en vrai étalon.

Le ménage de M. Saiuson est tout à fait rompu avec la demoiselle Lafond des Italiens. 11 l'a surprise, samedi dernier, sortant de chez le baron de Saint-Cric, officier aux gardes françaises. Il était furieux, mais la demoiselle Lafond, sans

s'émouvoir, lui dit : De quoi vous plaignez-vous? Depuis longtemps vous devez vous apercevoir que je ne vous aime plus ; sans cesse, vous me dites que si vous n'aviez pas de maîtresse, vous auriez six chevaux dans votre écurie; eh bien, monsieur, contentez-vous et ne soyez plus si fâché. Je serais désolée de leur faire tort d'un picotin. Prenez la chose en douceur, comme M. de la Ferlé a fait, lorsque je l'ai quitté pour vous. M. Sain- Son s’est trouvé démonté de ce discours et s’est contenté de lui cracher au visage. Il prétend, à ce qu’il m’a dit, se retourner du côté de la demoiselle Leclerc qu’il a ci-devant guerluchounée.

Monseigneur le comte de la Marche, que j’ai eu l’honneur de voir, m’a fait entendre que pour le présent, il était désœuvré; que M. le priuce de Condé voyait toujours M"lc de Bauche et que ses affaires avançaient avec M1"* la priucesse de Monaco. Il m’a dit de venir le voir sous quelques jours et que nous causerions ensemble.

M. Mitelé, Anglais, et M. Braneley ont soupé, le 21 de ce mois, à la barrière Blanche, chez Magnv, avec la demoiselle Lacroix des Italiens.

Milord Tavistock a donné à souper chez lui, à son neveu et à M. Quinson avec les demoiselles Dubuisson et Lacroix.

Le 27, M. de Savaniac a dîné chez lui avec la demoiselle Verdault.

Ledit jour, M. Francueil et un de ses amis ont soupé à sa petite maison de la chaussée d’Antin, avec les demoiselles Sainte-Foix et Jeannette.

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