‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 10 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

gilières, qui n'a pas besoin d'une forte garnison , à plus forte raison n'aurait-on pu approvisionner Hostalrich et Gironne, dont l'ennemi, maître de Roses, serait parvenu à s'emparer après un blocus de quelques jours.

Nous avons cru devoir entrer dans ces détails ; ils laissent apercevoir ce que l'armée espagnole auraitdû faire pour empêcher le général en chef français d'atteindre son but, la conservation de la capitale de la province; car puisque l'Espagne n'a** vait point la totalité de ses forces là où Napoléon avait les siennes, elle aurait dû profiter des points où elle possédait, entre autres avantages, celui du nombre ; et puisqu'elle ne pouvait avoir la supériorité partout, elle devait se l'assurer quelque part; puisqu'il n'était pas en son pouvoir de repousser l'agression principale, elle devait au moins repousser l'attaque secondaire. Si elle avait les moyens de la faire échouer, il ne fallait point qu'on pensât à assiéger Barcelonne prête à tomber faute de vivres ; mais il était nécessaire d'empêcher qu'elle ne fût secourue, et en supposant que le but de l'armée espagnole fût seulement de reprendre la capitale de la province, ce qui était déjà pour elle un grand avantage, il ne fallait laisser

M GA1IPÂ6NB DE CATALOGNE.

devant cette place qu'un corps de troupes égal en force à la garnison; le reste de Tarmée se serait rassemblé à Gironne et sur le Ter, y formant la base des opérations ; soixante bataillons de ligne pouvaient être placés et campés sur la Fluvia, la droite à Saint«-Père-Pescador, la gauche à Bascara; huit à dix tercios de miquelets devaient être por* tés sur le flanc droit des Français dans la montagne, et placés aux sources des ruisseaux de Turbay, d*AIga, de Manol, et de la Muga» Tavant-garde sur le Manol, ou au moins sur TAlga, et composée de miquelets, parce que ce sont les meilleures troupes légères connues, et les plus propres au ser* vice des avant-gardes et des flanqueurs.

Cette position pouvait être occupée par les Es* pagnols avant que le septième corps eût débouché dans le Lampourdan, et en admettant qu'ils ne a'y fussent établis que pendant le si^ de Roses, ou mémo vers sa fin, ils empôchaientla prise de celte place, et Barcelonne tombait en leor pouvoir, tans coup férir«

Aprèa la reddition de cette dernière ville, il était lempa encore, ai Ton avait craint de le &ire pluitAi, d'aborder firancheanHitle a^tième oorps <(|tti ne {HHivait opposer aux Espugnols que les

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Tingt-^six bataillons dont se composaient les divî<* dons Souham, Pino et Chabot; car Reille avait à peine ce qui était nécessaire pour la garnison de Fignières. Ces vingtp-six bataillons, comme on Ta déjà dit, étaient composés de conscrits français et italiens, de Génois, et de Napolitains de nou'»- Tslle formation, qui désertaient, par bandes, tous les jours.

Ce serait trop présumer des forces du septième corps qu6 de croire qu'il eût réussi à lutter plus d'un jour contre les forces réunies et bien dirigées de la Catalogne. On ne peut douter qu'il n'eût été bien vite rejeté en France, où les Espagnols au-^ raient pu entrer avec lui : et comme les places du Roussillon n'étaient point approvisionnées, notam-* ment Perpignan, il est difficile de calculer jusqu'à quel point cette opération aurait pu nuire à Napo-^ léon, qui n'a jamais été aimé dans le Midi, et qui y était abhorré alors, parce que la guerre qu'il faisait à l'Espagne était jugée injuste, inique, contraire aux intérêts dé la France, et surtout à ceux des provinces méridionales.

Mais laissons ce que l'on aurait dû faire pour nous occuper de ce qui a été fait. Il y a longtemps qu'on a dit que la guerre est un art si difficile, que

ceux qui font le moins de fautes sont encore ré* pûtes habiles.

Le r' novembre, Tempereur étant arrivé à Bayonne, le septième corps reçut Tordre de corn*mencer ses opérations. La division Pino était campée à la Junquera depuis son arrivée. Elle avait servi à escorter les convois de vivres envoyés à la division Reille, et ceux d'artillerie destinés au siège de Roses, que l'on entreposait à Figuières, en laissant croire que c'était pour recommencer le siège deGironne.

La division Souham était campée en arrière des Pyrénées , sur la rive gauche du Tech , que des pluies considérables l'empêchèrent de passer jusqu'au 5 qu'elle y parvint avec beaucoup de peine; les débordements de cette rivière ajoutèrent encore aux contrariétés que le défaut de moyens de transport faisait éprouver.

Le 5, le quartier général était à la Junquera ; le 6, il s'établit à Figuières, les divisions Reille et Pino campèrent devant Roses, et la division Souham à la Junquera. Le 7, le général Reille, chargé du siège de Roses, compléta l'investissement de cette place en y faisant rentrer les troupes espa-gnôles qui étaient en dehors, ainsi que les paysans

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