‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 106 sur 120 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

ADRSSSCb par s. BXG. don JUAN MIGUEL THiS, A SIS TROUPES, SV ABRITANT AU QUARTIER GBNiRAL DE VILLA-FRANGA.

Catalans, mes dignes compatriotes, je viens dans cette province par une décision de S. M. la Junte suprême ; Tobjet glorieoz de ma mission est d'en chasser promptement un ennemi qui, jusqu'à ce moment, a fait {leser sur une grande partie de ces contrées les horreurs de la mort. Je sais quelle fut, de tous temps, votre valeur ; et l'histoire du passé me rappelle avec enthousiasme 'les hauts faits qui vous ont illustrés. J'ai appris avec admiration la manière dont vous avez battu les Français depuis le 6 juin de cette année. Ce jour-là vous vous couvrîtes de gloire. Le souvenir de la fameuse bataille du Bmch sera éternellement conservé dans les fastes des siècles. Sans chefs, sans troupes de ligne, sans munitions, désarmés, vous avez fait des miï^cles que la renommée s'empressera de publier partout.

Catalans, je suis votre chef; vous avez une armée, et je viens venger l'insulte faite à vous et à la nation. L'Espagne tout entière m'a vu battre les Français dans la dernière campagne ; c'est aux victoires continuelles que j'ai remportées sur pnx que je dois tous mes grades, jusqu'à celui

de lieutenant général. Je viens à présent les chasser de votre territoire, et mêler ma gloire à la vôtre, en défendant notre religion sainte, notre monarque adoré Ferdinand VII, nos lois, nos usages et nos mœurs ; je n'aspire à d'autre récompense qu'à celle de pouvoir dire que j*ai rempli ce devoir sacré.

Catalans, le Dieu des armées est pour nous; il combat pour nous; c'est lui qui m'a mis à la tête d'une armée dont chaque soldat va devenir un héros. Nous attendons avec impatience le moment d'en venir aux mains, de repousser la force par la force. Telle est la disposition générale dao^ laquelle je vous ai vus hier. Unissez-vous à ces soldats plus intimement encore, s'il est possible; unissez-vous tous constamment; cette union et un noble empressement mutuel à faire chacun de son côté ce qui dépendra de loi pour la cause commune : voilà ce qui va nous ouvrir le chemin de la victoire. Nul Espagnol ne peut ni ne doit vouloir de repos qu'après l'expulsion totale des Français qui asservissent l'Espagne.

Catalans, tout ce que vous avez déjà fait, ce que vous ferez encore pour le bonheur de cette province, servira d'exemple à tout le royaume. Vous aurez payé la dette de la religion sainte que vous professez avec tant de dévouement, et la dette de l'amour inexprimable que vous portez à notre souverain Ferdinand VU, l'objet des vœux de la nation.

Quartier général de Villa-Franca, 31 octobre 1808.

Signé: Juan-Miguel Vivis.

LETTRE

DU GÉlffRAL 60UVI0N SAI1«T-CYR AU GiNÉRAL DUUESIIB.

Fignières, 7 décembre 4808.

J'apprends que la dernière barque que je vous avais expëdiée a été obligée de rétrograder depuis Palamos, et qa'elle est encore à Port-Vendres. J'en profite pour vous adresser deux ordres de la grande armée et les nouvelles que me transmet, d'Aranda, S. A. le vice-connétable, sous la date du 36 novembre.

Avant-hier, 5, la place de Roses a capitulé, ainsi que le château de la Trinité ; nous y avons trouvé soixante pièces d'artillerie. Toute la garnison, forte de trois mille hommes, est prisonnière de guerre; elle a couché cette nuit à Bellegarde. Les Anglais ont abandonné le golfe.

Demain les divisions se réunissent; et après-demain je marche sur vous. Observez donc bien les mouvements de rennemi, et réglez les vôtres en conséquence.

Signé : GOUViON saint-ctr.

RELATION

DE LA DÉROUTE DE MOUMO DSL EST , TRADUITE SE l'ESPi* GNOL, ET EXTRAITE DE L'OUVRAGE DE M. GABAlOtS.

Le général Redîng, quoique intimement conyaincndf la solidité des différentes observations qui avaient étr faites dans le conseil de guerre qu'il avait nsaeinblé, craignait surtout de perdre sa grande réputation debnvoure, et ne songeait qu'à provoquer l'occasion d'à donner de nouvelles preuves ; il flotta quelques instaots incertain, mais bientôt il rendit compte à Vives, ^o était à Villa-Franca, de la situation de son armée et è^ opinions émises dans son conseil de guerre, en lai (kmandant des ordres prorapts et positifs. Eu attendasi. il fit de son côté les dispositions nécessaires pour la retraite, dans le cas où le général en chef approuverait ^ parti, et pour soutenir l'attaque, si Vives voulait consent*: la position.

La nuit survint; la rigueur du froid fut excessive; i ne cessait de tomber de la neige; nos troupes étalesous les armes; les bivouacs allumés sur les deux rivesdL Llobregat présentaient un co\|p d'œil magnifique. L*" postes avancés qui défendaient la tête du pont tiraies: continuellement sur Tenuemi; Tartillerie des deux ndoutes l'avertissait aussi de notre vigilance en faisant f^

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SOT le moindre peloton qu'on pouvait distinguer de l'autre côté du fleuve.

A dix heures du soir le général Reding ordonna qu'on se tint prêt à marcber dans le cas où le général en chef approuverait la retraite. A nne heure du matin deux mille hommes, tous grenadiers des gardes espagnoles et walonnes, étaient formés en colonne sur la grande route. Ces deux régiments couvraient Tarrièrcgarde du côté de Tennemi. Ds devaient protéger les mouvements rétrogrades des corps de droite et de gauche ; le colonel Sylva et le lieutenant-colonel Bodet furent chargés du commandement.

Composée de troupes d'élite, cette colonne devait arrêter l'ennemi dans les défilés d'Ordal, pour donner aux troupes le ^jpnps de se retirer en bon ordre, et lui faire payer cher sa témérité, 8*il voulait les poursuivre trop vivement.

Le village de \illa-Franca est à sept fortes lieues du Uobregat; le courrier envoyé à Vives n'était arrivé au quartier général de celui-ci qu'après neuf heures du soir. Vives répondit que s'il était impossible de tenir la posilion du Llobregat, il fallait se retirer à Ordal, où il se trouverait en personne avant l'arrivée de l'armée* Cet ordre fut expédié de Villa-Franca vers minuit, lleding le reçut à quatre heures et demie du matin (dans la journée du 21). Alors voyant que le général en chef Q'ordonnail .pas positivement d'abandonner la position, et ne consultant que son courage, ou craignant le re*

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proche d'avoir trop facilement abandonné le terrain, il se décida à attendre Tennemi de pied ferme : il lui restait d'ailleurs peu de temps pour opérer sa retraite sans être vu.

Le général Reding déclara hautement sa résolution de mourir les armes à la main : il exigea de tous ceux qui l'entouraient de périr avec lui, comme de vrais Eq»agnols , pour la défense de la patrie. L'enthousiasme fct général ; tous les officiers lui pressant les mains , jorèrent de ne pas l'abandonner. On ne peut s'empêcher d'admirer ce brave général, qui, dans une position aussi désespérée, accablé par les circonstances les plus critiques, n'y voyant d'autre remède que celui de se vouer à la mort, semblait attendre avec impatience le moment de consommer le sacrifice.

Aussitôt le brigadier la Serna prit le commandement de la droite ; le maréchal de camp Quadrado , celoi de la gauche ; le colonel Sylva se mit à la tète de b colonne d'élite; le maréchal de camp de Witte fut chargé de la cavalerie; le colonel Deswalls de l'arrière-garde, et le comte de Caldaguës, avec tout Tétat-major, se plaçt dans l'une des redoutes du grand chemin, à côté du général Reding.

Les ennemis commencèrent leur mouvement à cinq heures du matin, et passèrent le Llobregat sur dîven points : à sept heures et demie le général Reding n'étaù pas encore instruit de ce mouvement. Les divisions Sodham, Pinot et Chabot formèrent leur attaque sur Sas

Joan dCEspi el San Feliù. Le but principal était de prendre en flanc notre droite , tandis que, par un plus grand détour, d'autres troupes devaient la tourner entièrement, ainsi que le centre de notre armée. La division Chabran fit quelques démonstrations et des attaques fausses sur notre gauche, mais elle ne tenta pas de passer le fleave.

Comme nos troupes conservaient le pont, et cherchaient à se mettre à l'abri des tirailleurs ennemis dans les deux tours qui sont à l'extrémité, les Français firent venir deux pièces de campagne sur la place de Molino del Rey, pour battre ces deux tours. Nos redoutes, armées de canon de gros calibre , faisaient un feu très-vif sur ces deux pièces qu'elles parvinrent à démonter et à éloigner à diverses reprises.

Cependant l'ennemi continuait ses attaques sur notre droite, et tandis que la division Chabot, avec une partie de celle de Pino, attirait l'attention de nos troupes et de notre artillerie sur ce point, la division Souham et le reste de celle de Pino, par une marche inaperçue, enveloppaient notre droite , s'emparaient des hauteurs qui dominaient nos positions, et se hâtaient de nous couper la retraite en pénétrant par Torrérellas jusqu'à Cerbello.

Le brigadier la Sema n'eut aucune connaissance de cette opération de l'ennemi ; il se contentait de soutenir l'attaque des forces qu'il voyait devant lui. La colonne d'élite, destinée à protéger la retraite, restait immobile sur

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la grande route de Villa-Franca. Cette t|K>ape , noaibieose et choisie, n'était par conséquent d'aucune utilité dans l'afiaire.

Vers dix heures du matin, le général Vives arriva sor les bords du Llobregat, mais seulement pour être témoin de la déroute la plus complète. Les troupes firaaçaieef ayant tourné notre droite se montrèrent sur les haiteurs qui la dominaient, et, tombant sur nos pontiom. les attaquèrent avec avantage. Le comte de Caldagnès j fut envoyé arec une partie de la colonne dn centre; mû il n'y avait plus de remède, le coup était porté; les Fnflçais se renforçaient à chaque instant, et menaçaient d^a les derrières de notre ligne : bientôt le désordre fat général : notre droite était enfoncée ; toute l'armée ennemk agissait à la fois sur nous.

A dix heures et demie , on aperçut de l'autre côté di ileuve, sur les hauteurs du viUage du Molino del Rej . de grands nuages de fumée qui^ sans doute ^ étaient dff signaux préparés par le général Saint-Gyr pour mettre b dernière main à son ouvrage. En effet, le mouvement d»^ Français , combiné d'avance , s'exécutait sur tous le» points; et toutes leurs forces pesaient sur nos troupes et retraite.

La division Chabran enleva le pont en moins de qoinv minutes : l'armée espagnole, dont la gauche et le centr ne brûlèrent pas une amorce» avait disparu de la ligne l'infanterie se jeta dans les défilés de Corbéra ; la canlerie prit le chemin de Sarragosse et de Valence , chacn

cherchant à se sauver dans le plus grand désordre. La position d'Ordal, qu'on avait négligé de fortifier, fut abandonnée également; les troupes qui la gardaient s'éparpillèrent dans toutes les directions » et ne s'arrêtèrent qu'à Sarragosse. Les généraux se sauvèrent comme ils purent. Le brigadier la Sema reçut plusieurs coups de sabre dans les environs de Villa-Pranca , et mourut ensuite de ses Messores à Tarragone : nous perdîmes quelques bomines toës , quatre cents ppsonniers , parmi ceux-ci le colonel Sylva et le lieutenant-K^olonel Bodet. Le comte de Caldaguès, accablé de fatigues, ne pouvant plus se soutenir, fut &ii prisonnier le lendemain à Vendréll avec les colonels ODonavan et Deswalls, toute notre artillerie tomba an pouvoir des Français ; la précipitation de notre retraite ne nous ayant pas laissé même le temps de Tenclouer.

L'ennemi perdit peu de monde dans cette affaire; il dot la victoire moins à sa valeur qu'à l'habileté du général qni dirigea ses efforts^ et à la précision avec laquelle ses ordres furent exécutés. Le plan d'attaque fiit si bien combiné, et de notre côté nous fîmes si peu pour en combattre l'exécution que, si, par un instinct naturel, l'armée espagnole n'eût pris sur-le-cbamp le parti d'abandonner ses positions, si elle eût voulu se maintenir un quart d'heure de plus, très-certainement elle serait restée presque tout entière prisonnière de guerre.

Le désordre de cette malheureuse affaire, qui dura plusieurs jours encore , ne nous permit pas d'en former un rapport officiel.

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RAPPORT

FAIT PAR M. LE MARQUIS DE lAZAN AU GÉNÉRAL RXDUIG, SUR l'affaire du 2 JANVIER 1809, A GASTELLO DE klh PURIAS.

Excellence, étant de retour à Gironne avec ma division, je dois rendre compte des événements qui ont en lien depuis mon départ d'Armantéra, d'où j'envoyai i Votre Excellence ma dernière dépêche. Je le fais avec d'autant plus de satisfaction que je puis vous apprendre une double victoire remportée par mes troupes le l*' et le 2 du courant à Castello de Ampurias. Je partis d'Ârmantéra pour surprendre les magasins de l'ennemi, qu'on m'assurait être considérables, et gardés par des troupes peu nombreuses. J'y réussis complètement malgré la difiBculté des chemins qui retardèrent ma marche, el m'empêchèrent d'arriver avant le jour. Les quatre on cinq cents Français qui défendaient Castello ne noDs eurent pas plutôt aperçus qu'ils songèrent à se replier sur Roses, mais sans renoncer à se battre tout en faisant leur retraite. Mon avant-garde, sous les ordres du lieotenant-colonel Claros, les attaqua immédiatement, et voyant qu'ils allaient prendre la route de Roses, il counit par le chemin de la gauche se mettre en embuscade dans un bois par lequel ils devaient nécessairement passer.

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En ce moment an*ivait la première division commandée par mon second , le brigadier Alvarez , qui poursuivit Tennemi le long des hauteurs du village, afin de soutenir Claros embusqué dans le bois; j'arrivai moi-même sur les lieux, et voyant l'affaire décidée à notre avantage, pour la rendre complète, je détachai on escadron du régiment de Santiago sur le chemin de Castello à Roses, afin que traversant rapidement les marais, il coupât la retraite à l'ennemi . Cela fut exécuté pleinement ; cependant soixante-dix à quatre-vingts hommes se sauvèrent à Roses. Les autres, à l'exception de quatre-vingtdix prisonniers^ furent sabrés par la cavalerie ou taillés en pièces par les troupes de Claros. Nos soldats des deux armes se conduisirent avec la plus grande intrépidité. Nous n'avons eu qu'un ou deux morts, et cinq on six blessés.

Ayant ainsi rempli mon but je m'empressai de prendre les magasins qui consistaient en grains et farines; mais infiniment moins considérables que ce qu'on avait dit. Je cherchai donc de suite à enlever ce qu'il y avait et à exécuter à l'instant ma retraite, car la position de Castello est très-équivoque entre les deux places de Roses et de Piguières. H avait plu tellement pendant toute la nuit que je me vis dans l'impossibilité de me mettre en marche le lendemain de bonne heure. Cependant l'ennemi avait reconnu la fausse position dans laquelle je me trouvais. Toutes ses forces éparpillées dans le Lampourdan, environ trois mille hommes et cent cin-

guante chevaux avec une compagnie d'artillerie à cheval forte de six pièces, vinrent m'attaqaer : à la &venr du brouillard et de l'obscurité d'une journée aussi pluvieuse, ils s'approchèrent jusqu'à la portée du canon, sans étK aperçus. Aussitôt la fusillade s'engagea entre les postes avancés, et nous fûmes attaqués sur trois points, b droite, la gauche et le centre ; nos troupes, averties par la générale, étaient sous les armes, et, sortant prompte* ment du village, présentèrent aussitôt à l'ennemi oo front redoutable. Celui-ci venait à nous avec la plu» grande impétuosité, précédé par un déloge de boulets et d'obus. Une colonne s'avança jusqu'à la portée du liisii pour s'emparer du pont de la Muga, qui est la principale entrée de Castello ; d'autres essayaient de passer à gné le fleuve, sur notre droite et sur notre centre, pou attirer l'attention de tous les côtés. Le bataillon de volontaires d'Arragon, celui de Daroca, les volontaires de >V lence, le deuxième de Gironne et les Suisses de Wlmffpben défendaient le pont avec un courage incroyable: tous les efforts de l'ennemi furent inutiles, il ne put gagner un pouce de terrain; au contraire, bientôt il toi contraint de reculer. Voyant alors que son attaque do pont était manquée, il se porta sur le centre, bisaot passer le fleuve à une colonne de quatre à cinq cent^ hommes qui devait enlever notre batterie qui était sur U hauteur. Cette colonne était déjà sur nos pièces qoaflvi deux décharges bien dirigées du régiment arragonai? Ferdinand Vil arrêtèrent les assaillants : nos soldats

tombant aussitôt la baïonnette au bout du fusil sur cette troupe ébranlée, lui firent repasser le fleuve avec une perte effroyable. Après ces deux tentatives l'ennemi ne songea plus qu'à s'éloigner/ car nos troupes gagnaient chaque fois du terrain sur lui , malgré le feu d'artiK lerie et les décharges de mousqueterie qu'il faisait dans le plus grand ordre tout en se retirant. Cette action a duré six heures sans interruption, nos troupes ont observé la meilleure discipline et soutenu d'abord avec une admirable fermeté le choc de l'ennemi ; ensuite elles ont attaqué à leur* tour avec une valeur égale et l'ont forcé à se renfermer dans Figuières. Je ne saurais raconter sans enthousiasme la conduite brillante de ces hommes qui, pour la plupart, n'avaient pas encore vu le feu ni l'ennemi. Celui-ci doit être bien convaincu, désormais, qu'il n'a plus affaire à des troupes mal organisées, mais bien à des soldats aussi fermes et aassi dociles que des vétérans.

Je dois également dire à Votre Excellence que tous les officiers et chefs de corps ont parfaitement rempli leur devoir et contribué à une victoire d'autant plus glorieuse que nous avions à combattre des troupes exclusivenlent françaises, très-bien disciplinées, qui ont observé dans leur retraite le plus grand ordre et toutes les règles de la tactique militaire. Je recommanderai bientôt à Votre ^ Excellence ceux des nôtres qui se sont le plus distingués; je n'ai pas encore tous les détails de l'action, qui me seront donnés par le major général brigadier Obisco ^i

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mon commandant en second le brigadier Alvarez. Ces deux chefs ont dirigé les attaques, marchant à la tète des colonnes av.ec autant de valeur que d'intelligence, et je dois leur rendre ici ce témoignage auprès de Votre Excellence.

Après l'affaire de Castello mes soldats étant presque nu-pieds à cause de la pluie continuelle qui a détruit leur chaussure, et d'un autre côté manquant de vivres et d'argent, il m'a paru indispensable d'opérer ma retiaite à Gironne où je suis actuellement. Aussitôt que la troupe aura pris quelque repos elle sera en état d'attaquer de nouveau l'ennemi qui, pour le moment, a reçu une bonne leçon, n est rentré dans Figuières, enmienant avec lui pnsieurs chariots chargés de blessés. Cette nouvelle m'est venue par une voie sdre.

Dieu garde, etc.

Signé : Marquis dk Lazav.

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