‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 112 sur 120 · DÉCRET · texte numérisé non relu

DÉCRET

DE tA JUNTE SUPREME CENTRALE EN FAVEUR DE GIRONNK.

Lii Junte supérieure de la principauté, considérant

comme l'un de ses devoirs les plus sacrés le soin de la

défense et conservation de l'importante place de Gironne,

ndressa, le 45 juin, le 2 jnillf't et le 16 août derniers.

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les plus énergiques reprësentatioiis, h Sa Majesté, eo loi demandani ses ordres et des secours cpiivenables pour cet objet si intéressant. S. M. la Junte suprême n'a po s'empêcher d'accorder un égal intérêt à cette pn>?ioc« et à la défense de la ville de Gironne; en conséquence, elle a daigné prendre la royale résolution dont la teneur soit, et que la junte s'empresse de publier pour répondre à l'attente publique et manifester à la principauté le haut degré d'estime où elle s'est placée dans l'esprit du gouvernement suprême et de toute la nation.

« Excellence, la Junte suprême de gouvernement do « royaume a lu avec autant de douleur que d'attendrisa sèment, la représentation de Votre Excellence en dite te du 16 de ce mois, dans laquelle Votre Excellence peint a de couleurs si vives et si fidèles, les maux extrêmes dont (( cette importante place est accablée et l'urgente néeer- (( site d'y porter remède. L'intention de Sa Majesté n'a « jamais été de la laisser abandonnée à elle-même et de « perdre ainsi le fruit de ses incomparables sacrifices. Sa a Majesté n'a cessé de donner les ordres les plus positif « de la secourir, et ne voulant négliger aucun moyen de « la sauver du péril où elle se trouve, de nouveaux ordre u précis sont donnés ce jour même au général en chef de u cette armée de voler à son secours, à tout prix, par tocf « les efibrts possibles et imaginables, n'y eût-il plus qse <i la ressource de faire lever la province en masse ; et afia « que les fonds nécessaires ne manquent point an saccès u de cette importante entreprise, non*senlement il a <rte

JUSTIFICATIVES. 49î)

<i mis six millions de réaux sur le vaisseau VAlgésiras^

(t qui Ta partir d'un instant à l'autre, mais, en outre, deux

(1 autres millions qui sont également destinés au serv ce

N de la Catalogne. Le courrier porteur de cet ordre royal,

« est chargé de tout Tor monnayé existant et disponible

(( dans cette trésorerie. Sa Majesté se plaît à croire que

« la Junte est entièrement convaincue de l'intérêt que

« lui inspire le sort de cette fidèle province , et veut

n que Votre Excellence fasse savoir à tous les habitants

(( qu'aucun sacrifice ne sera épargné pour obtenir l'ex-

« pulsion de l'ennemi qui l'opprime, soutenir les eflbrls,

ti alimenter le courage de ses défenseurs et récompenser

n dignement leur héroïque constance : ce que je vous

(I communique par son ordre royal et pour que Texécu-*

« tion n en soit point différée.

H Dieu garde Votre Excellence, etc. »

Royal Alcaxar de Séville, 23 août 4809.

Signé : Martin dk Gàray.

A Monsieur le Président et Junte supérieure de Catalogne.

sou PIECES

RAPPORT

DU Gf!rfRAL MILLOSSBIRITZ AU GÉNillÀL COICTE VERDIQ,

COmiANDANT LE SlfiGE.

Fornélls, le 2 septembre 4809.

Je Tons doîSy mon général, un rapport sur l'aflEùrf d'hier. Il était midi quand, par mes avant-postes, je fin ayerti qa'nne colonne ennemie de mille hommes environ et cinquante chevaux, descendait des hauteurs de Bescam et s'avançait dans la plaine. Je mis aussitôt sous les arme? l'infanterie et les chasseurs du Prince-Royal. Je marchai à l'ennemi avec trois colonnes en masse, ordonnant a M. le colonel Banko de pousser en avant et de tâter l'ennemi. J'étais déjà arrivé presque à portée du canon ik la ligne ennemie, quand je vis, tout d'un coup, augmenter considérablement ses forces; elles consistaient en cinq mille hommes environ d'infanterie et quatre escadron^ complets de cavalerie; tandis que les miennes se composaient seulement d'environ mille deux cents hommes disfanterie et de cent chevaux.

L'ennemi s'avança alors avec ses quatre escadrons, pa* échelons, et poussa des colonnes d'infanterie sor n» droite et sur ma gauche, en cherchant à me tourner : avK le reste de sa ligne d'infanterie il ne bougea pas.

JUSTIFICATIVES. oOl

Dans cette circonstance j'ordonnai à M. le colonel Banku, commandant les chasseurs à cheval dn Prince-Royal, de faire une charge sur le premier escadron ennemi. La charge fiit exécutée avec vigueur, et l'ennemi la soutint aassi bien de son côté. Le colonel Banko dut battre en retraite et Tennemi le poursuivit à pins de cinq cents pai». Nos chasseurs firent front de nouveau, et l'ennemi les l'especta. Des colonnes d'infanterie avançaient toujours, celle de droite protégée par sa cavalerie. Ne voyant donc plus moyen de manœuvrer avec succès, étant menacé de tontes parts, je pensai à prendre les hauteurs de gauche pour avoir l'avantage du terrain. L'ennemi me poursuivit dans ma marche et sa cavalerie chercha de tous côtés à m'entamer; mais mes trois petites colonnes en masse, faisant feu de tous côtés, lui en imposèrent. J'ai marché dans cet ordre jusqu'à la Maison-Carrée, où j'avais fait mes dispositions pour me maintenir, quand M. le colonel Banko me fit le rapport que l'ennemi, avec une forte colonne d'in&nterie et de cavalerie, cherchait à se glisser ?ntre nous et le quartier général de l'armée. Stichant que 0 quartier général n'avait que nous qui puissions le souenir, je continuai ma marche jusqu'à portée de canon de ui. n était quatre heures lorsque je parvins à cette posiion. Je dois observer que pendant deux heures je me uis tenu vis-à-vis de l'ennemi dans la plaine, tant pour oaintenir une digniteuse contenance en sa présence que M>ar laisser le temps aux malades et aux équipages de iler.

PliCBS

Je fis prérenir le général en chef de mon moayemeat : il a ordonné que ma petite division, renforcée par laTdtrv. général, reloumât prendre ses premières positions.

Ne pouvant pins, de mon côté, me tenir à cheval, et affligé malheureusement depuis quelques jours d'on^ fièvre continue, j'ai demandé au général en chef la permission de m'arréter à son quartier général ; il if en Ij bonté d'accéder à ma demande et j'ai remis le commandement de la division à M. le général Zenardi. Je ne pniç en ce moment, général, que faire Téloge de toute la troupe et singnlièi-ement des chefs des corps et des conmiandints des brigades.

Agréez, etc.

Signé : Millossewitz.

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