SEPTEMBRE, MÊME ANNÉE
Le général en chef de l'armée de Catalogne^ don Jo&chim Blake, a envoyé le rapport et les pièces snivioleâ. sur l'introduction des secours envoyés à la place de <"ronne.
« Excellenoe, l'immorteUe Gironne, vaincue ou victou rieuse, fiitale en tout temps aux troupes françaises qui tt l'ont assiégée, continue à se défendre de la manière « la plus glorieuse : cependant elle ne manquait pas seu- « lement de vivres et de munitions , mais encore de» 4f objets les plus nécessaires pour les malades et les bles- « ses. Le blocus était si étroit qu'elle ne communiquait « plus avec le reste de la Catalogne qu'au travers des « balles de Tennemi. Il était donc indispensable de la tirer u de cette pénible situation, en y jetant un convoi de « subsistances pour faire cesser la disette, ainsi que des CI troupes fraîches pour ranimer sa brave et infatigable <( garnison; Topération était aussi difficile qu'eUe était « importante. Quoique la ligne occupée par Tennemi fût « assez étendue, il pouvait la réunir en peu de temps, et « il était naturel de penser qu'il s'opposerait de toutes ses « forces au passage d'un secours aussi important poui ce une place qu'il assiège depuis trois mois avec tant de Cl rigueur. D n'y avait donc d'autre moyen à prendre que ce celui d'attirer son attention sur dififérents points, et de lui Cl faire croire qu'il s'agissait de lui présenter la bataille préci cisément du côté opposé à celui par lequel le convoi de* rc vait s'introduire dans la place. Tout a réussi à merveille. c( Mon quartier général était à San-Ylari, d'où je comic mençai à ordonner les mouvements. Je chargeai le lien- (1 tenant du régiment d'infanterie d'Ultonie, don Manuel u Uander, de marcher droit sur la hauteur de N. S. de .( Los Angeles, au nord de Gironne, avec le nombre suf-
504 PiKCfiS
« fisaut de troupes et les somatèaes qu'il pourrait trou- « ver en chemin, pour chasser de cette position le petit « détachement d'infanterie française qui l'occupait, et de « là, protéger les convois de subsistances qui arriTeraienl « par cet endroit; ce qui fut exécuté ponctuellement. Enn suite je me rendis à l'ermitage du Padro, deux lieues « &i avant de San-Ylari, avec ma réserve, afin de pouvoir a me porter partout où il serait nécessaire. Je fis partir « le colonel d'Ultonie, don Henry O'Donnell, avec éomt u cents hommes d'iofeinterie et quelques chevaux, pour <i attaquer l'ennemi qui était à Brunôla; mon desseio (I étant de faire croire au général français que c'était par « là que le convoi devait venir. Quoique la position de Cl Brunôla soit excellente par elle-même, et de plus, garnie « de retranchements, O'Donnell mit tant de vigueur dans u son attaque, qu'il arriva jusqu'au sommet, où sa troupe « planta les enseignes espagnoles. Les Français firent un (r feu terrible ; les nôtres le supportèrent avec un sangc( froid admirable, et montèrent, sans tirer, jusqu'au som- « met de la hauteur. Aussitôt l'ennemi reçut des renforts. « paixe qu'il regardait ce point comme le plus essentiel « à garder. O'Donnell, craignant d'être enveloppé, des- (( cendit dans la plaine, et tint ferme. Une de nos divi- (( sions, sous les ordres du général Loygorri, vint V) « joindre. Nos troupes auraient chassé sans peine l'ena nemi de sa position, s'il n'eût pas été jugé convenable de « faire diverses évolutions , pour lui en imposer et le c( tromper sur les forces qu'il avait devant lui. Le général
« en cbef français étant instruit de ces mouvemeuls, de- « vait envoyer des renforts et diminuer le corps qu'il avait a sur le Ter, véritable point indiqué pour le passage de (( notre convoi; ainsi, les troupes d'O'Donnell et de Loyer gorri ne cessèrent de manœuvrer toute l'après-midi à « la vue de Brunôla, que les ennemis abandonnèrent avec <t précipitation dès que la nuit fut venue.
(( Le colonel, docteur Rovira, et le lieutenant-colonel (t Claros, qui étaient sur la gauche du Ter, reçurent Tordre (I d'attaquer ce qu'ils avaient devant eux, et partagèrent h ainsi très-utilement l'attention de l'ennemi de ce côté.
c( Sur ces entrefaites, quatre mille hommes d'infanterie i< et cinq cents chevaux, sous les ordres du général Garcia a Conde, escortaient un nombreux convoi composé de « quinze cents à deux mille bétes de somme. Ce convoi, u parti de Amer, passa le Ter, et suivit la rive droite du a lleuve pour entrer dans la place. Ils culbutent l'ennemi a qui s'opposait à leur marche, brûlent quelques-uns de (c leurs camps, et parviennent à Gironne : à l'instant les a Français abandonnent toutes leurs positions éloignées, a et resserrent leurs lignes pour empêcher la sortie des « bêtes de somme, de la cavalerie et des conducteurs du K convoi qui était entré dans la place. Il fallut donc chan- Cl ger nos positions de notre côté, et faire d'autres mouve- 4f ments pour nous mettre en état de protéger leur sortie, « qai n'a pu s'effectuer qu'après un jour et deux nuits ; c< mais avec tant de bonheur, qu'il n'en a pas coûte un ff seul homme, ni même un seul muIeL
505 PiicES
tt Le gouverneur de Gironne est resté avec trois mille « hommes de garnison. Aussitôt que je recevrai le rap» c( port du général Garcia Coude, je Tadresserai à Votre « Excellence ; en attendant, je lui envoie un extrait de a ceux d'O'Donnell, Rovira, Glaros et LJander. Dieu garde « Votre Excellence longues années«
« Quartier général d'Olot, le 13 septembre 1809.
(( Signé : Joachim Blaks. »
Au seigneur don Antoine Cornel.
EXTRAIT
Du rapport du colonel O'Donnell,
c( Avec ma division, composée du premier et deuxième <i bataillon du deuxième régiment de Saboya, comman- « dés par le lieutenant-colonel don Joseph Alvarex, do <c régiment suisse de Wimpffen, sous les ordres du capi- « taine don Pedro Molo, et du troisième bataillon de Tarc( ragone, sous les ordres de son major don Joseph Mora* tt grega, j'aurais attaqué Tennemi dès le point du jour « dans sa position de Brunola^ si, par une erreur de mes « guides, je ne me fusse écarté du droit chemin, et n'eusse « perdu plus de deux heures. Après avoir fait mes recooci naissances, je choisis le point qui me parut le plusabor- (( dab'e. et qui pourtant était encore très-escarpé et cou-
H yeit d'épaisses bronssailles. L'ennemi avait divisé ses tt forces en deux corps principaux. U occupait, en outre, Il une redoute et cinq retranchements sur la crête de la u hauteur. J'ordonnai à mon avantrgarde formée des gre- Cl nadiers de Saboya et de Wimpifen, et de tirailleurs préu cédés d'un bataillon de Tarragone, d'attaquer par le <i front; cette colonne était dirigée par le lieutenant-colo- « nel don Pedro Saarsfield , et le bataillon de Tarragone (i devait soutenir cette attaque. Les bataillons de Saboya « faisaient ma réserve ; le régiment de Wimpffen était tt placé au pied de la hauteur pour contenir l'ennemi, qui o essayait de prendre en flanc la colonne d'attaque. Cette a avant-garde marchait au combat avec une ardeur qui o ne s'est point démentie dans toute l'action, et malgré un « feu terrible dirigé sur notre front et sur nos flancs, nos CI braves soldats parvinrent jusques au sommet, et chasci seront l'ennemi de ses redoutes. Après les avoir aban- Cl données, il reçut des renforts considérables, et je me ce vis forcé de m'éloigner à mon tour, en me rapprochant ce du chemin du Padro, dans la crainte d'être enveloppé. Cl La rapidité de la descente et ma proximité de l'ennemi, CI rendaient ma retraite difficile : cependant elle s'effectua Cl en bon ordre. Dès que nous fûmes dans la plaine, nous Cl Ûmes halte, formés en bataille et, notre position étant Cl plus favorable, nous attendîmes avec impatience une at- (c taque qui n'eut pas lieu. Notre perle est de trente morts Cl et trente-quatre blessés. Celle des Français doit avoir été H asses considérable après qu'ils ont été hors de leurs rc-
(( trancliemeiits. Quoique toutes nos troupes aienl montré « la plus grande valeur, je recommande le chef de l'avant « garde et les compagnies de grenadiers de Saboya et de « Wimpffen, sous les ordres de leurs capitaines don France çois Cebollino et don Pedro Suerra, ainsi que le lieute- (( nant Ricard ; le premier et le troisième ont été blessée. « Le chef de cette avant-garde recommande, de son c^, « le lieutenant des grenadiers de Wimpffen, don Manoei « Quinter; les capitaines des grenadiers de Saboya; k c( sergent Sunier, qui s'est particulièrement distingué, et (( les grenadiers Planello et Milan. Les capitaines de gren nadiers de 'Wimpffen font l'éloge du caporal Hacher « et des grenadiers Hemn, Diti et Slenin. Une menlioo « honorable doit être accordée au lieutenant •colonel (( Saarsfield et au sergent Miguel, qui portait le drapeau (( du bataillon de Tarragone. )>
EXTRAIT
Du rapport du eoUmel Doct. Ravira,
Ce chef fut prévenu que l'ennemi se portait sur Brunola. n le fit reconnaître par ses guérillas, et s'assura que c'était un détachement de deux cents hommes d'infanterie, avec deux cents chevaux, qui parcouraient le pays pour empêcher la levée des somatènes. Il en tua sept occupés à ces courses. Ce jour-là il ne put attaquer Non-
tagut Le lendemain il en chasRa l'ennemi et s'avança jusqnes à Sarria« Il recommande son commandant en second Uovera, qui conduisait son avant-garde.
Dans son rapport postérienr, il rend compte qu'aussitôt qu'il vit la division Claros attaquer l'ennemi du côté de San Mëdir, il se résolut à recommencer de son côté : la troupe se conduisit avec tant de vigueur, que malgré la résistance la plus obstinée , elle détruisit les camps de Sairia et de Montaspre, et pénétra dans la batterie de Casa en Rocca. Cette nuit il prit position à Sarria et Paig- Montagut , pour observer les mouvements des Français. A la pointe du jour» il fut attaqué par trois mille bommes ; soutint le cboc d'une force si supérieure, et prit la position avantageuse de la Mota, où il se maintint malgré tous les efforts de l'ennemi. Il prit beaucoup de fusils, de bavresacs et d'autres effets. Notre perte est peu importante; les Français ont perdu un colonel et un capitaine. Rovira se loue beaucoup de la bravoure de ses troupes, et recommande de nouveau son second LIovera.
RAPPORT Du lieuienant-colonel Claros.
Excellence, en vertu de vos ordres , je partis avec ma division, le 31 du mois dernier, à trois beures du matin, n'ayant pu le faire plus tôt, parae que je n'avais reçu votre
aiO PIÈGES
(léptobe que le 30, à six heures du soir. J'arrivai à deu heures de l'après-midi au village d'Adri, j'y fis manger h soupe à mes soldats , et leur donnai un peu de repos, qu'une marche pénible avait rendu nécessaire.
Je songeai à reconnaître le terrain : une hauteur voi* sine me permit de distinguer à mon aise les feux de l'ennemi pendant la nuit, et d'en juger la direction et le nombre; bien assuré de sa position, j'avertis le colonel Doct Rovira , d'attaquer de son côté le château de Monttgot, où les Français s'étaient fortifiés, avec le double desseio d'attirer l'attention sur ce point, et d'obtenir par là plus de facilité pour l'attaquer moi-même de front et sur ses derrières.
Ces dispositions prises, je fis marcher cinq compagnies du bataillon de Figuières, les somatènes de Gamprodon et des lieux voisins, sous les ordres de don Miguel Malet, prêtre ; ceux d'Olot, sous les ordres du docteur Gasabona, et deux autres somatènes de quelques autres villages, dont les Français étaient maîtres (je ne les nomme pas pour ne point les compromettre), le tout sons les ordres de don François de Paul Clarôs, major du bataillon de Figuières.
J'ordonnai aussitôt que le lieutenant-colonel Foixa,avec la cavalerie de Saint-Narcisse et soixante-dix miquelets de Figuières, prit position dans la plaine de Tayalà, laissant un corps de réserve réparti sur plusieurs pointa avantageux, pour m'en servir en cas de besoin : Je le confiai à rinlelligence du lieutenant-colonel Ferrer y Ponsî : cela
JUSTIFICATIVES. 5t\
fait, et après avoir bien éclairé le teiTuiii par mes guérillas, à droite et à ganche, il était cinq faeares du matin, nous découvrions parfaitement bien l'ennemi^ et Tattaque commença de part et d'autre. Malgré sa vive résistance, il fut battu et mis en déroute ; nous lui enlevâmes quatre camps; U abandonna toutes les hauteurs de ce côté du Ter, laissant beaucoup d'e£fets militaires et de fusils dont nos miqueletd et nos somatènes avaient grand besoin. Il perdit en outre sept caisses ou tambours ; les deux obu«siers de la batterie den Rocca furent encloués, et mes soldats mirent le feu à deux caissons chargés de grenades.
Le moment était favorable ; je crus devoir informer de ce BQCcès le gouverneur de Timmortelle Gironne, et je lui envoyai» à cet effet, mon aide de camp, le docteur Fagèa de Sanz, sous-lieutenant du premier bataillon de Gironne, avec cinq hussards de Saint-Narcisse. L'ennemi, culbuté dans la plaine de Sarri&, fut occupé amplement et longtemps, ainsi que Votre Excellence Tavait désiré, et je suia persuadé que la déroute eût été complète, sans un orage mêlé de pluie et de grêle qui contraria mes projets.
Beaucoup de cadavres français sont restés sur le champ de bataille ; dans le nombre, celui du général de la division westphalienne, Hadeln. U venait de saisir un miquelet et lui disait de se rendre; le miquelet eut le bonheur de lui enlever son épée et de la lui enfoncer au milieu du corps, et le renversa à ses pieds. Le nom et le grade de Hadeln m'ont été certifiés par la déclaration d'un sergent allemand resté prisonnier avec quatre de ses camarades.
C'est à l'impéloosilé de mes troupes que j<^ dois l'avaiitage de n'avoir en que deux blessés et un antre avee une contusion, cependant le feu de l'ennemi a été très-vif; encore les deux Uessés le sont légèrement.
Je manqnerais à la justice , si je ne recommandais à Votre Excellence le mérite éminent, soit des commandants et antres che&, soit des miquelets et somatènes. Tous ont rivalisé de courage. Les paysans, qui n'avaient point d'armes, poussaient des cris, et voulaient aller en avant : un groupe de ceux-ci, que j'avais placé sur une hauteur, uniquement pour imposer un certain respect a l'ennemi, a en besoin d'être contenu pour ne point abandonner ce poste. Quoique tout le monde ait bien servi, il faut cependant relever les actions particulières de quelques personnes. Don François de Paul Claros, major du bataillon de Fignières, a en la plus grande part an succès de l'affaire. Tous les ofiBciers et soldats gentilshommes qui attendent la nomination aux places vacantes dans ce corps, sont dignes des plus grands éloges, ainsi que les somatènes de Camprodon, leur commandant Malet et ceux d'Olot avec leur commandant, le docteur Cnsabona. Je vous recommande le lieutenant-colonel Foixa. qui a vigoureusement soutenu la position diflScile d<f Tayalà, et don François Ferrer y Ponsi, qui a sn diriger les colonnes de réserve avec autant de sang -froid qne (rhabiieté, en les faisant avancer à mesure que l'ennemi perdait du terrain, et qui a fait passer à propos des It^n- Ibils où le besoin l'a exigé.
Don Paulo Vilar, capitaine» et don Joseph Gironella, lieutenant l'an et l'autre du bataillon de Figuières, se sont distingués par leur intrépidité et la brillante manière dont ils ont dirigé leurs guérillas.
Dieu garde, etc.
Camp de Porsacreu, le 5 septembre i809.
Signé : Juan Claros.
EXTRAIT
D'un rajppori du lieutenant Llander,
Aussitût qu'il eut pris position sur les hauteurs des Anges, il fut possible d'introduire dans la place, de ce côté, quelques transports de vivres, tant pour le compte des particuliers que pour celui du gouvernement. Il y demeura jusqu'au 6, et sa présence y fut très-utile pour protéger cette sorte de communication. Ce jour-là il fut attaqué par une colonne française, et la repoussa avec perte. Sa troupe était postée derrière l'ermitage qui était un peu fortifié. Le commandant ennemi ayant voulu lui envoyer un parlementaire, il fit tirer sur lui trois coups de fusil, dont un l'atteignit légèrement. Ce commandant français fut tué : mais sa colonne, renforcée par une autre, revint à l'attaque, et quelques soldats ennemis
entrèrent par une fenôtrc. Le lieutenant Llander écrit
5i4 PIÈGES
qu'il parvint à se sauver en sautant lui-même par les fenêtres^ et en escaladant les parapets; et avec on petit nombre des siens, il se fit jour au milieu des ennemis. Il cite particulièrement le sergent et le capoml d'Ultonia, Ferrander et Pardini, qui montrèrent beaucoup de résolution dans cette circonstance. Ce poste, si opiniâtrement défendu, quoiqu'il se trouve dans le centre de la ligne des assiégeants, nous a coûté soixante honmies, tnés, blessés ou prisonniers : parmi les premiers, s'est Ironvé le brave capitaine du bataillon de Manresa, Baigner, et parmi les derniers, le sous-lieutenant Ferrand et Mansferrer de Cors. Uander assure qu'il a vu trois cents cadavres étendus devant les parapets.
LETTRE
DU GÉNÉRAL VBRDIER AU 6£n£rAL 60UVI0N SAINT-CTI.
Sârria, 27 mAI 4809.
J^annonce avec plaisir à Votre Excellence que le travail de nos batteries de brèche a été poussé avec tant de rigueur qu'elles seront prêtes à faire feu demain à la pohite du jour. Je présume que la journée et la nuit de demain suiliront pour ouvrir les brèches et nous les rendre praticables. C'est donc après-demain dans la matinée que nons
pourrons tenter d'entrer dans la ville. Si Votre Excellence est toujours disposée à envoyer des troupes pour participer à la prise de la place et la rendre plus facile, elle peut faire ses dispositions et me les faire connaître afin que je me conforme à ses désirs.
Mes affidés d'Olot m'annoncent qu'un second détachement d'hommes de bonne volonté a été choisi et qu'il est en marche pour tâcher de s'introduire cette nuit dans la place; je prends mes mesures pour faire échouer ce projet.
J'ai l'honneur, etc.
Signé ; J. A. Verdier.
RAPPORT
DU GEffiRAL MAZUGHELLI AU GÉNÉRAL PINO , SUR L'AFFAIRS DU 6 SEPTEMBRE A LA MADONE DES ANGES.
Chargé par S. Exe. le général en chef d'occuper le poste de la Madone des Anges, je réunis un bataillon du sixième conjointement à deux compagnies d'élite de Tantre bataillon et trois compagnies du premier léger, qui se trouvaient en position sur les hauteurs du camp brûIë ) et j'en formai trois colonnes : la première commandée par le chef de bataillon Favaletti, composée de trois compagnies, eut ordre de suivre les hauteurs de la
droite. Je me tins avec la colonne du centre, composée de cinq compagnies du sixième, et j'ordonnai an capitaine Bouchet, du premier léger , de conduire sur la ganche h colonne composée de trois compagnies du premier léger.
Après avoir surmonté les obstacles de la mftrche la plus pénible , les colonnes arrivèrent contemporainement sur les hauteurs qui avoisinent la forte position de la Madone des Anges.
Les petits postes ennemis ayant été chassés par les voltigeurs de l'avant-garde se retirèrent dans le couvent de la Madona, que je reconnus avoir été très-bien fortifié par l'ennemi. Sur le front il a construit une large redoute carrée^ a fait dans les murailles de nombreuses embrasures, et chaque fenêtre est occupée par du monde. Je dispose l'attaque de la manière suivante :
J'envoie trois compagnies sur la droite ; je fais attaquer la gauche par une compagnie de voltigeurs du sixième renforcée par un détachement des voltigeurs du premier léger, et j'envoie de front les trois compagnies du premier léger. Au signal de l'attaque les troupes partent comme l'éclair et enveloppent entièrement l'église et le couvent, tandis que des compagnies sur la droite , amusent l'ennemi sur la place, devenue une redoute. On engage une très-vive fusillade; le capitaine Tinoni, da sixième, jeune officier de mérite et de la plus grande attente, est mortellement blessé et tombe au milieu de sa compagnie qui chancelle en voyant son capitaine tué.
J'envoie sur la gauche la première compagnie des gre-
oadiers du sixième pour rendre les attaques des voltigeurs plus vives, et j'y envoie aussi mon aide de camp Loubers avec Tordre de tâcher de faire une brèche ou d'abattre la porte.
Pour encourager les troupes sur la droite^ je fais avancer le chef de bataillon Favaletti avec trois compagnies, j'ordonne l'attaque : M. le colonel Eugène anime les siens par sa présence ; on fait , en attendant, brèche dans le mur sur la gauche , aux cris de vive l'Empereur, vive notre Roi ; les troupes s'élancent sur le parapet et par la brèche, et autant d'Espagnols se trouvent dans la position, autant y sont passés au fil de l'épée, sauf les quatre que je vous envoie et que rocs aides de camp, avec beaucoup de peine, ont pu sauver de la furie des soldats. Ainsi, après trois heures de feu, resta en notre pouvoir la position de la Madone des Anges qui, située sur la cime d'une haute montagne, isolée de tous les côtés, est une des plus difficiles à surmonter.
Ma perte a été marquante, puisque je l'évalue à soixante-dix hommes environ hors de combat, parmi lesquels je compte sept officiers, le lieutenant Montmouton, du premier léger, tué; le capitaine Conti, blessé; le capitaine 'nraoni, mort, et le lieutenant Battaglini, si je ne me trompe pas dans le nom, tué« Les autres sont du sixième.
Signé : Mazugheui.
fil8 piicES