CHAPITRE PREMIIR
retardé par les torrents, et avait même perdu six hommes qui s'étaient noyés.
Ce régiment, formé à Tile d'Elbe, de la légion italique, dans laquelle on incorporait tous les mauvais sujets de l'armée italienne, afin qu'ils ne pussent s'échapper, donna beaucoup d'inquiétude à son arrivée, par les rapports qu'on reçut do sa conduite et des propos qu'il avait tenus dans les divers lieux de son passage, notamment à Perpignan, d'oii l'on avait de suite sollicité son départ. Mais ce régiment gagna tellement à l'armée que, malgré sa composition, il se disciplina très-vite : on eut souvent des éloges à faire de sa conduite, et presque toujours à se louer de sa bravoure et de la fermeté de ses chefs.
Le 13 la pluie cessa, et le 15 les routes ayant paru praticables, on commença le 16 à transporter l'artillerie de siège devant Roses ; on s'occupaaussi de refaire le chemin pour en conduire devant le fort de la Trinité, autrement dit le Bouton, et deux bataillons de la division Pino prirent position sur la hauteur qui le domine. Le petit bataillon de miquelets du Roussillon fut placé poqr couvrir la communication de Bellegarde à Figuières.
Le général Souham était constamment harcelé sur la Fluvia, et Ton devait craindre qne, d'un moment à Fautre, l'ennemi ne dirigeât sur lui une attaque vigoureuse qui eût fait échouer les projets sur Roses. Mais heureusement, ce qu'on a lieu de redouter le plus à l'armée, n'y arrive pas toujours, et le septième corps, dans cette pénible campagne, devait avoir plus à souf&ir de l'imprévoyance ou de la mauvaise volonté du gouverne-* ment français, que des entreprises de l'ennemi qu'il était destiné à combattre.
La tranchée fut ouverte dans la nuit du 18 au 19, sur le front D. C. (Voir planche I .) Le général en chef, qui, pressé par la position de Duhesme, sentait qu'il n'avait pas de moments à perdre pour s'approcher de Barcelonne, avait aussi ordonné l'attaque simultanée du fort de la Trinité, malgié l'opinion où l'on était qu'on ne pouvait attaquer Roses avec avantage qu'après s'être emparé de ce fort. Les Anglais, connaissant toute Timportance de son action sur la rade dont ils avaient un si grand besoin, s'étaient chargés de le défendre conjointement avec les Espagnols.
A tant de difficultés qui naissaient de la po8i«> tion du septième corps, il faut ajouter la résolu-