‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 13 sur 120 · CHAPITRE PREKISB · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREKISB

tion qu'on semblait avoir prise de ne point lui fonmir de vivres de France. Des ordres du gouvernement avaient été adressés, à ce sujet, à Perpignan, par le directeur général Maret ; on savait très-bien cependant que le pays était ravagé, et que les récoltes restées sur pied étaient pourries ou brûlées. En réponse aux demandes réitérées du général en chef pour que Ton vînt au secours de son armée, le ministre de la guerre rinvitait à faire passer des farines et des vivres & Barcelonne ^.

Le septième corps devait commencer ses opérations par un siège qui nécessitait des transports considérables : on ne voulut fournir ni avoine, ni fourrages pour les chevaux; de sorte que le général en chef fut obligé de renvoyer sa cavalerie en France, jusqu'aux environs de Béziers, et de Vy laisser pendant toute la durée du siège, pour ne point la voir périr sans rendre aucun service. Cette mesure, impérieusement commandée par les circonstances, fut néanmoins blâmée*. Les officiers du génie et de rartillerie, qu'on avait demandés depuis longtemps, et qui étaient indis-

* Voir pièces jnstificatÎTes, n* 12.

s Voir pièces jostificativeSi n* 13.

pensables pour le siège, ne furent envoyés que quand il était déjà avancé, et il était en bon train quand le major général ordonna au général en chef d'être rendu à Barcelonne du 20 au 25 novembre * •

Il fut évident pour les observateurs que l'armée de Catalogne, si peu nombreuse, et d'une qualité si inférieure aux troupes que Napoléon commandait, réduite par sa faiblesse et surtout son dénûment à ne tenter que des opérations inexécutables, se trouvait condamnée à échouer partout, et à rendre plus éclatants par ses revers les avantages qui allaient être remportés ailleurs '; comme

* Voir pièces justificatives, n^ 15.

s Le général en chef éprouvait depuis quelque temps une défaveur marquée qui approchait de la disgrâce, soit que Napoléon conservât de l'inimitié â tout ce qui avait appartenu k Tannée du Rbin, comme Tout prétendu des personnes assez avant dans sa confidence; soit qu*il se souvtnt que ce général^ pendant qu*il commandait une armée stationnée dans le royaume de Naples^ avait positivement refusé de dicter à ses troupes des adresses serviles pour solliciter le premier consul de se revêtir de la dignité impériale^ et qu*il avait pensé que c'était à la nation d'exprimer un vœu pour son élévation au trône, et à l'armée d'obéir. Ce prince, d'ailleurs, n'aimait pas qu'il y eût dans remplre et surtout dans l'armée, des existences Termement résolues à demeurer indépendantes.

Page 1