‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 14 sur 120 · CHAPITRE PRBMIEU · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRBMIEU

d Napoléon, avec son génie, avait eu besoin de ces ressources de la médiocrité pour rester audessus de ses lieutenants par Téclat de la renommée ainsi que par celui du rang. La foule de ses adulateurs voulait que l'événement justifiât toujours ce qu'ils répétaient sans cesse, que des malheurs attendaient nos armes partout où Napoléon n'était pas. C'était un système aussi favorable aux intérêts de son pouvoir qu'outrageant pour la dignité nationale.

Le général en chef écrivit à Napoléon qu'il ne pouvait lever le siège de Roses, comme le lui prescrivait son major général, et qu'à moins d'un ordre formel de sa part il ne s'y déterminerait pas ^ Le siège continua : le 20 novembre, les pièces qui avaient été transportées à bras sur la hauteur de Puigrom, qui commande le fort du Bouton, furent mises en batterie et commencèrent à tirer.

Deux des vaisseaux anglais qui étaient dans la rade» ainsi que trois bombardes et plusieurs canonnières, firent un feu très-vif et continuel sur la batterie et les troupes.

Le 22, l'établissement de nouvelles batteries

* Yoîr sa lettre, pièces jasiîficatircs^ n* 1().

força l'escadre anglaise à se tenir plus éloignée de la place. (Voir leplan^ pL I de r Allas.)

Le 23 9 l'arrivée successive des officiers du génie et de l'artillerie permit de mettre plus d'activité dans les travaux.

Le môme jour, à deux heures du matin, les An* glais ayant débarqué, au pied du château de la Trinité, trois ou quatre cents hommes, cherchèrent à surprendre et à attaquer les troupes campées sur la hauteur qui domine ce fort, et furent repoussés avec perte d'une vingtaine de blessés et de huit à dix morts, parmi lesquels se trouva un officier de marine anglais.

Le 24, un corps de cinq à six mille hommes, détaché de ravanl>-garde de l'armée espagnole, attaqua avec assez de vigueur, et sur plusieurs colonnes, les positions du général Souham, à Navata, Pontons, Armadas et Garrigas, et fît replier les avant-postes; mais l'ennemi, attaqué à son tour par ce général, fut culbuté et rejeté avec une grande perte sur la rive droite de la Fluvia, laissant entre nos mains le commandant en second de l'expédition, le colonel Lebrun, son major, et un capitaine du régiment de Tarragone, avec un assez

i Voir pièces justificatives, n* 17.

CHÂPITBX PRBMIBH. Si

bon nombre de Bou8-officiers et de soldats. Cette affaire fit beaucoup d'honneur au premier régiment d'infonterie légère et au quatrième bataillon du troisième* Elle prouva au général Alvarès, commandant cette expédition, la vigueur des nouvelles troupes arrivées en Catalogne, et aurait dû apprendre aux Espagnols que ce n'était pas avec leur avant-garde qu'ils pourraient faire lever le M^pe de Roses, mais qu'il leur fallait avoir sur le terrain, oii partie de cette avant-garde avait combattu, les bataillons dont on a parlé plus haut, c'est-à-dire toute Tarmée qui était si inutilement employée au siège d'une grande ville, dénuée d'approvisionnements et prête à capituler à moins de prompts secours. Toutefois cette affaire donna» momentanément, un peu d'espoir à la garnison de Roses qui avait entendu, si près d'elle, le bruit du canon et de la mousqueterie, et nous força, quelques jours après, à détacher du siège une partie dç la division Pino, pour renforcer la ligne d'observation ^

Le 26, le général Lazan, venant d'Aragon, arriva avec un renfort de six mille hommes, et

« Voir iMèoee justificatlyes^ n* il.

réunit à son commandement la division Alvarès battue ravant-veille.

Le 27, les pièces de la batterie pointées sur le château de la Trinité reçurent une meilleure direction, et toutes les autres batteries dressées contre la place firent un feu continuel, qui causa beaucoup de mal à la garnison.

Les circonstances prescrivant impérieusement de presser le siège , on fit attaquer, pendant la nuit, la ville de Roses. Cinq cents hommes, bien retranchés dans lés maisons, la défendirent. On connaît la bravoure des Espagnols dans ce genre de guerre ; ils se battirent avec un acharnement remarquable : mais le sixième régiment italien, chargé de cette attaque, la fît avec une valeur audessus de tout éloge; cinquante Espagnols seules ment parvinrent à s'échapper et à rentrer dans la place. Cent soixante hommes et quatre officiers furent faits prisonniers ; le reste fut tué.

La prise de cette ville ou bourg mettait la place assiégée dans une très-fftcheuse situation : nous pouvions établir une sconde batterie de brèche en face d^un bastion endommagé autrefois par l'explosion d'un magasin à poudre, et qui devait bientôt céder à l'effel de la batterie projetée : de

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