‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 17 sur 120 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

les ennemis, en se bornant à contenir BarceloDne. poGvaient encore lui opposer plus de quatre-vingts bataillons qu'il leur était facile de réunir où ils voudraient, la Catalogne oifrant, presque à chaque pas, des positions inexpugnables. Certes le septième corps eût couru de grands dangers s'^il les avait trouvés rassemblés sur les bords de la Tordera, du Bézos, du Congos, du Caldas ou du Ripollet; car outre leur énorme supériorité numérique, outre l'avantage que leur donnaient les miquelets, les meilleures troupes légères de l'Etarope, ils s'appuyaient encore sur les somatènes, c'est*à-dire, sur le peuple entier de la pro* vince, auxiliaires terribles qui ne laissaient pas un moment de repos à l'armée française, surprise de les retrouver constamment sur ses flancs et sur SCS derrières, après les avoir dispersés en tête, et d'avoir ainsi successivement sur les bras la population fraîche et reposée de chaque canton, obstacle de moment en moment plus difficile à surmonter, parce qu'il fallait surmonter d'abord la lassitude d'une marche aussi difficile et d'un com* bat aussi persévérant. De plus, il n'y avait point à sa disposition de route oix se pût conduire seulement une charrette, ni par conséquent une bouche

à feu ou un caisson de munitions, de sorte qu'il pouvait arriver au général en chef de se trouver à moitié chemin deBarcelonne entouré par un peuple courageux, et par des troupes trois fois plus fortes que les siennes et bien pourvues de tout, sans pain au bout de trois jours, et sans cartouches après une heure de combat.

Il chercha, dépourvu de tout autre moyen, à combattre séparément les divisions de l'armée ennemie, et afin d'y réussir, il manœuvra pour empêcher leur réunion que, dans tout autre cas, il eût favorisée; car dans une circonstance moins désespérée, il eût attaqué l'avant-garde ennemie sur le Ter, et jusque sous les murs de Gironne, où elle venait s'appuyer ; mais, dans la situation où il se trouvait, après s'être assuré, par des tentatives infructueuses, que cette division ne s'engagerait pas assez pour s'exposer à un échec signalé, il se détermina, tout en regrettant de n'avoir pu la détruire en grande partie pour éviter la position fâcheuse où elle pouvait mettre les derrières du septième corps, à la tourner, en la trompant, de manière à se placer entre elle et l'armée dont elle couvrait les opérations.

Le 9, le septième corps était donc, ainsi que

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