CHAPITRE SECOND
Ton a dit pins haut, sur la rive gauche du Ter. Le 10, il manœuvra comme s'il avait Tintention de s établir devant Gironne. Le général en chef tenait à ce que Tennemi eût cette opinion, espérant ainsi retarder assez la marche de M. de Vives, pour franchir avec noins de peine des défilés importants.
Le 11 au mutin, il renvoya son artillerie et ses caissons de munitions à Figuières, sous la protec* tioQ de la division Reille, qui se trouvait encore en position sur la rive gauche du Ter. Il passa cette rivière et alla, le même jour, se poster, à la Bisbal, emmenant seulement des charrettes chargées de biscuit. Le lendemain, on en fit une distribution aux troupes pour quatre jours; c'était tout ce qu'elles pouvaient espérer jusqu'à Barcelonne; les charrettes furent abandonnées, et les chevaux menés en main pour être attelés à celles que Ton comptait trouver, une fois arrivé dans cette ville.
Ainsi cent cinquante mille cartouches portées sur des mulets , cinquante dans la giberne de chaque soldat et du biscuit pour quatre jours dans son sac, voilà tout l'approvisionnement des vingiuz bataillons que le général en chef conduisait pour faire lever le siège de la capitale de la Catalogne.
Le 12, le corps d'armée se mit lestement en route pour venir camper dans le val d'Aro; il trouva au col de la Grange des miquelets et des somatènes commandés par don Juan Claros. Cette position, extrêmement forte, fut emportée avec beaucoup d'audace par la tête de la division Pino, qui marchait la première; en passant près de Palamos, le septième corps essuya quelques coups de canon de la part de la station anglaise, et n'arriva à sa position, après une marche longue et pénible, qu'à dix heures du soir.
Ici son but ne pouvait plus rester caché; on ne chercha donc qu'à jeter un peu d'indécision sur la route que l'on prendrait; car une heure de retard dans la jonction des troupes espagnoles était déjà un assez grand avantage.
Le 13, le septième corps quitta sa position et arriva à Yidreras à sept heures du soir, se trouvant, ainsi que le général en chef l'avait voulu, entre l'avant-garde ennemie, aux ordres de M. de Lazan, qu'on apercevait sur les hauteurs de Casa de la Salva et le gros de l'armée espagnole. {Voir les plans y ti" II.) j
Le 14, il se porta, par Masanet et Martorell de la Selva, sur les hauteurs qui dominent la forte-
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resse d'Hostalrich. En arrivant sur la Tordera, on vît avec un extrême plaisir que le général Vives n'était point arrivé pour prendre cette position, qui est très-bonne , et où quelques bataillons de miquelets et de somatènes, bien placés, pouvaient nous faire brûler toutes nos cartouches*. Un seul engagement eut lieu dans cette journée; ce fut auprès de Mallorquinas , entre les troupes de Lazan et l'arrière-garde du septième corps qui campa , la droite à Grions, et la gauche à Masanes. On s'occupa, le reste du jour, à chercher un chemin qui, tournant Hostalrich à une plus grande distance que !a portée de la mitraille ou du mousquet, rejoignit la route de Barcelonne derrière cette forteresse. Tous les contrebandiers que le général en chef avait consultés à Perpignan, lui avaient déclaré qu'il n'y en existait pas : un seul homme, qui avait autrefois gardé des moutons dans cet endroit, lui avait assuré le contraire, et sur cette affirmation d'an seul, contestéepar tant d'autres, il s'était décidé à passer par cet endroit plulôt que par le bord
* La proYisîon en élait 8i faible que Napoléon ne voulut ppint le laisser paraître dans le rapport du chef d'état-major, inséré ao Mmiiuur do 17 janvier 1809, où il fit meUrc 150 au lieu de SOparboiDine.
de* la mer qui lui eût offert des difficultés bien plus grandes encore ; car les coupures énormes que les Anglais et les Espagnols y avaient faites, n'auraient pu être réparées en six mois, et les ouvriers qu'on y eût employés auraient dû travailler sous la mitraille des vaisseaux de l'escadre anglaise. Duhesme, qui avait pris cette route à sod retour du siège de Gironne, avait été obligé de brûler ses voitures et de jeter son artillerie à la mer, pour regagner Barcelonne au travers des montagnes. La brigade Fontanede la division Pino avait cru d'abord, en découvrant un sentier, avoir trouvé celui que l'on cherchait; mais c'en était un qui conduisait sous le feu de mousqueterie de la place, et son général fit prévenir de ne pas ie suivre. A trois heures de l'après-midi, tous les officiers d*état-major étaient rentrés «u camp, harassés de fatigue, et déclarant que le chemin n'existait pas : le général en chef, plein de confiance dans les renseignements que lui avait donnés le pâtre, se mit lui-même à la recherche, et eut, au bout de deux heures, le bonheur de le trouver, et de calmer l'inquiétude qui commençait à régner dans la troupe. En gravissant la montagne, il était tombé dans un parti de somatènes embusqués et couvrant