CHAPITRE SECOND
La situation du septième corps eût été ainsi bien plus fâcheuse le 14, devant la Tordera, qu'elle ne le fut le 16 à Cardedeu ; d'abord, parce que la pre< mière position, appuyée par la forteresse de Hos* talrich, était bien meilleure pour l'ennemi que la seconde : le général en chef français la considérait comme inexpugnable , étant bien occupée seulement par des miquelets et des somatènes qu'il était si facile d'y réunir, et qui sont si propres à la défense d'un pays aussi couvert ; ensuite, parce que Vives, vu sa proximité de Lazan, eût disposé, sans craindre la plus petite équivoque, de tous ses moyens pour coopérer à son attaque, et enfin, parce qu'à Cardedeu les Français pouvaient, dans une situation désespérée , parvenir à faire une trouée qui rendit possible la réunion d'une partie de leurs troupes à Barcelonne, tandis que sur la Tordera ils n'auraient eu aucune chance en leur faveur, la position des Espagnols étant plus forte par sa nature et par l'appui de leurs places.
Dans Taprès-midi du 15, les troupes du général Pino, qui marchaient en tête^ furent arrêtées au pont d'une branche de la Tordera, en avant de San Seloni, par quatre bataillons du corps de Milans, qui, revenant du blocus de Barcelonne, arri-
vaient d'Arenis par le défilé de Yalgorgina et s'étaient placés à la tête du défilé de Treintapasos pour nous en disputer le passage. La division Pino attaqua ces bataillons, les débusqua du pont, les rejeta sur les hauteurs à gauche de la route et en* tretînt avec eux une légère fusillade.
Les soldats . après avoir passé avec peine plusieurs torrents, et marché tour à tour en flanqueurs pour repousser les miquelets ou somatènes qui descendaient des montagnes, se trouvant harassés, voulaient s'arrêter au pont de la Tordera; mais le général en chef n'y consentit point, certain qu'il était de rencontrer le lendemain matin le général Vives avec tout ce qu'il amenait du siège de Barcelonne, et ne voulant pas lui livrer bataille au milieu d'un défilé boisé, de deux lieues de longueur, tandis que, derrière lui, le marquis de Leusan ne quittait pas les traces du septième corps et l'aurait rejoint, même sans presser sa marche, dès le commencement du combat. Il n'écouta donc aucune réclamation, ordonna d'entrer dans le défilé de Treintapasos, et de ne s'arrêter qu'après en être sorti et avoir trouvé une position où l'on pût ae déployer et manœuvrer.
On laissa peu de monde pour entretenir la fu«