CHAPITRE SECOND
sillade avec les bataillons dont on a parlé plus haut et qu'on laissa aussi sur les derrières : la division Milans, dont ces bataillons faisaient partie, passa la nuit sur les hauteurs de Nostra S. del Corrédo, derrière notre gauche : on avait fusillé avec elle jusqu'à la nuit, et elle pouvait être rendue aussitôt que nous sur le champ de bataille de Llinâs; mais une partie des troupes qui la composaient n'y arriva qu'une heure après l'affaire.
On trouva le défilé plein de coupures, d'abatis et d'obstacles de tous genres qui retardèrent la marche ; mais, à dix heures et demie du soir, le septième corps en était sorti, et bivouaquait en plaine, une lieue en arrière de Llinàs, et en face de l'armée espagnole, qui était placée entre Car* dedeu et Vilalba.
Le septième corps, dans la position la plus critique où puisse se trouver un corps d'armée, avait
derrière lui l'avant-garde de l'armée ennemie, qui le suivait à la piste, avec la division Claros,
qu'elle avait ralliée : sa force s'élevait à sept mille
hommes, et aurait pu monter à dix, en ne laissant
à Gironne que ce qui était indispensable pour le
moment, il avaiten face les troupes venues du siège
de Barcelonne, sur ses flancs des nuées de somatènes, et immédiatement derrière sa gauche, la division Milans, forte d'environ quatre mille combattants. Le général en chef espagnol amenait avec lui cinq mille hommes, tirés de son centre et de sa droite pour être réunis à la division Reding, qu'il avait fait partir après celle de Milans, et qui avait formé sa gauche devant Barcelonne. Les rapports espagnols, notamment celui de Ca^ banes S se sont plu à diminuer le nombre de ces deux divisions amenées par le général Vives : on sait que la division de Grenade n'avait pas encore le nombre de régiments qu'elle a eu quelque jours après ; mais elle avait environ dix mille hommes en partant de Barcelonne, ce qui, joint aux cinq amenés par Vives, forme les quinze mille que nous avons attaqués à Llinâs.
Le biscuit distribué à la Bisbal était consommé ; les cartouches Tavaient été, en partie, dans les combats des journées précédentes, de sorte quMl ne restait pas de munitions pour une heure de combat; encore, par munitions, il faut entendre seulement des cartouches d'infanterie, car les Français n'avaient point de canons.
< Voir pièces josUficalives, n* 18.