CHAPITRE SBGORD
attendre probablement de nouvelles instructions. Aux raisons qui décidèrent le général en chef à ne point l'attendre k Cardedeu, on doit ajouter les espérances qu'il fondait sur la coopération du général Duhesme qui, prévenu d'avance de la tentative du septième corps pour le dégager d'abord par le général en chef, et ensuite par le départ de Vives avec une partie de ses tronpes, prévenu de notre approche par la canonnade du 16, et de nos succès par la précipitation de la levée du blocus, pouvait être sérieusement engagé avec l'ennemi. Un retard de notre part aurait pu le compro«mettre et nous priver des avantages qu'il lui était d'autant plus facile d'obtenir qu'en marchant à notre rencontre dans la direction que lui indiquait la canonnade, il eût placé les troupes battues à Cardedeu entre deux feux, et les eût trouvées dans une déroute si complète, qu'il n'aurait pas eu de choc à essuyer ni à craindre pour achever leur destruction ; mais au moment oh il vit les Espagnols se retirer de devant Barcelonne, il préféra envoyer la division Lechi sur Esplugas, e'est-à-dire dans la direction opposée, où elle trouva le corps du général Caldaguès, qui formait l'aile droite de l'armée ennemie, et qui n'ayant
point combattu, s'y étoit concentré en bon oidre^ et rendit nuls les efforts de Lechi.
Nos troupes arrivèrent le i 7 au matin devant Barcelonne où, depuis la veille, il n*y avait plus un Espagnol, et dont le blocus avait été levé ai précipitamment que les assiégeants avaient laissé dans leurs ouvrages une partie de leur artillerie.
On doit dire que l'on fut d'abord très-surpris de ne voir arriver aucune troupe de Barcelonne à notre rencontre. Le corps d'armée était sur les glacis, et une petite avant-garde, commandée par le chef de bataillon Leloog, était en bataille de^ la maison de Duhesme, à la porte de la chambre duquel cet officier fut obligé d'aller frapper powt lui annoncer notre arrivée.
Ce général n'ayant point profité de sa position et des mouvements forcés de l'ennemi pour jetet des troupes sur ses derrières, en venant au-devant de nous, et compléter le succès de Cardedeu par la destruction inévitable du corps espagnol qui y avait combattu ; l'étonnement s'accrut lorsque le6 troupes lurent dans le Moniteur ses rapports à Napoléon , qui avait probablement des raisons pour donner de la publicité à ceux-ci et pour ne pas faire connaître celui du général en cbef qui
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détruisait ses assertions. Dans ses rapports, comme on peut le voir dans le Moniteur du 1 7 janvier, vingts-sixième bulletin, il assurait qu'il était venu, au-devant du septième corps ; qu'il lui avait donné quarante-deux pièces de canon pour réorganiser, son artillerie, ete., etc. Il ne prévoyait pas, sans doute, en les écrivant que Napoléon les rendrait publics, et qu'ils parviendraient sitôt à la connaissauce des troupes.
Une heure après que le corps d'armée eut pris position, la gauche à Barcelonne, et la droite dans la direction de Valvidréra, on vit arriver Duhesme avec partie de ses officiers d'^état-major ; les autres et le plus f^TBSkd nombre de ses troupes étaient déjà dans notre camp, embrassant leurs compa^ triotes et leurs amis, et se félicitant mutuellement de leurs succès et de leur délivrance.
Le général en chef témoignant à Duhesme, dans cette entrevue, combien il était satisfait d'être arrivé à temps pour le délivrer, ce général répondit qu'il était encore maître de tous les postes de la ville, et sur l'observation qu'il devait être à la fin de ses vivres, il ajouta que non, qu'il en avait encore pour plus de six semaines. Mais cependant, lui dit le général en chef i vous aves écrit au mijor ,
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général que vous n'en aviez que jusqu'à la fin de décembre ; que si Ton n'arrivait pas, pour cette époque, à votre secours, }a ville de Barcelonne et ses défenseurs étaient perdus? Et le major général a failli me faire lever le siège de Roses pour être plus sûr que j'arriverais au moment que vous lui indiquiez ; et il a exposé les troupes avec lesquelles j'ai marché à une destruction totale, qu'elles n'ont évitée qu*à l'aide d'une de ces faveurs de la fortune sur lesquelles il faut rarement compter à la guerre. Je ne me rappelle pas avoir écrit cela, répondit-il. Le général en chef, tirant alors de sa poche la lettre citée, que le major général lui avait envoyée afin de le presser d'autant plus, la lui remit pour toute réponse.
Le général en chef établit son quartier général à San Andréu de Palomar; fit donner du pain de Barcelonne à sa troupe, qui en manquait depuis deux jours, et la laissa reposer les 18 et 19 pour faciliter la concentration des Espagnols, et pour rallier les hommes qui n'avaient pas pu suivre, les malades et les blessés que, faute de voitures, on ramenait sur les chevaux de la cavalerie, quand ils étaient transportables de cette manière, c'està-dire quand leurs blessures n'étaient pas assez