CHAPITRE TROISliMB
le plus urgent besoin, Barcelonne même nen ayant pas pour soutenir un siège de quinze jours, ou pour fournir à la consommation journalière de Tarmée pendant un mois. On trouva à Villa Franca et dans ses environs trois millions de cartouches à fusil ; soixante milliers de poudre ; quan* tité de fers coulés, et un beau magasin de fusils neufs, de fabrique anglais^.
La déroute des Espagnols fut complète ; une partie ne s'arrêta qu aTÈbre; mais environ quinze mille hommes de leur armée parvinrent à rentrer isolément ou par petites troupes dans la place de Tarragone, la préférant à toute autre pour être plus à portée des Anglais qui venaient toujours à leur secours, et leur fournissaient tout ce dont ils avaient besoin, plus particulièrement l'équipement et Tar moment ^
Les Espagnols, suivant leur usage quand ils étaient battus, destituèrent le général Vives, qu'ils avaient préféré au marquis del Palacio, le jetèrent en prison, et donnèrent son commandement au général Reding, Suisse de nation, brave officier, plein de vigueur, dont les Espagnols
* Voir pièces josUficatives, n"* 21.
étaient enthousiasmés , qu'ils avaient comblé d'honneurs après l'affaire de Baylen, et qui s'est personnellement distingué dans les affaires de Catalogne, depuis son arrivée. Cette nomination ramena l'espérance dans l'armée ennemie, et facilita sa réorganisation; Reding s'en occupa avec beaucoup d'activité et de talent, et les places fortes de la province lui en fournirent les moyens. Il fit un appel aux Catalans, qui répondirent dignement à sa confiance. Ils prirent les armes de toutes parts, sous la direction du brigadier Yrans, et exécutèrent religieusement ce que le général prescrivait dans sa proclamation du 30 décembre. II n'y eut presque pas de jours sans combats entre nos troupes et les miquelets ou somatènes. Vers la fin de décembre, le marquis de Lazan, n'ayant pu effectuer sa réunion à l'armée sur le Llobrégat, ainsi que son général en chef le lui avait prescrit, voulut tenter quelque chose peut-être dans l'espoir qu'un succès, s'il parvenait à l'obtenir, mettrait fin ou du moins atténuerait les attaques dont il était l'objet pour sa conduite pendant la marche du septième corps sur Barcelonne, et particulièrement lors de l'affaire de Cardedéu. Il marchait à cet effet avec environ neuf mille hommes sur