CHAPITRE TROISIÈME
Roses, pour prendre l'artillerie qui avait servi à faire le siège de cette place, et qu'il supposait encore dans les tranchées que le général Reille, en raison du peu de moyens à sa disposition^ n'avait pu encore faire combler entièrement.
Le 1*' janvier le marquis de Lazan attaqua, près de Gastellon, le quatri^pie bataillon du deuxième régiment d'infanterie, qui se retira sur Roses, poursuivi par la cavalerie espagnole, qui lui fît éprouver une perte de cinquante ou soixante hommes.
Le lendemain 2, le général Reille ayant réuni sa petite division, forte de cinq bataillons d'infanterie et de deux cents chevaux, c'est-à-dire d'environ deux mille deux cents hommes, attaqua à son tour celle'de Lazan, qui occupait (comme on peut le voir sur le plan V) la belle position de Gastellon de Âmpurias, couverte par la Muga, alors débordée.
Lazan, malgré son énorme supériorité, fut d'abord déconcerté de l'attaque hardie du général Reille, qui, s'élant placé sur sa ligne d'opérations, lui coupait toutes ses communications avec le reste de la province; mais il profita, pendant la nuitp du retour momentané de ce général à Fi-
guières , pour s'échapper et retourner en toute hâte à Gironne, laissant le but de son expédition entièrement manqué. Il envoya néanmoins à son général en chef un rapport dans lequel, ne se contentant pas d'une simple victoire, il prétendît en avoir remporté une double; il n'avait cependant pbtenu d'autre résultat qu'une soixantaine de prisonniers faits au bataillon isolé qu'il avait attaqué le 1" janvier, et certes il n'était pas suffisant pour se flatter d'avoir remporté même un avantage, car le général Reille lui avait pris un nombre d'hommes, au moins égal, dans sa retraite précipitée sur Gironne.
M. de Lazan dit, dans son rapport, qu'il n'a marché sur Castellon que pour s'emparer de nos magasins de vivres ; à cette époque, les Français dans le Lampourdan, comme dans le reste le la Catalogne, n'avaient point de magasins et vivaient au jour le jour, de ce qu'ils parvenaient à prendre à l'ennemi. M. de Lazan avait, dans une guerre de cette nature, trop de moyens d'être bien informé pour l'ignorer, et s'ils avaient eu des approvisionnements, ce n'est pas à Castellon qu'ils les eussent placés; mais dans les places de Figuières et de Roses oi!i étaient presque toujours la plus grande