‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 36 sur 120 · CHAPITRE OtJATBIBMI · texte numérisé non relu

CHAPITRE OtJATBIBMI

Le iOau matin, le général en chef s'étant décidé i forcer le passage de la Gaya, pour entrer dans on pays plus ouvert, et surtout pour opérer avec la division Souham une jonction qui ne pouvait plus se retarder sans danger, vu que Reding réunissait, dans sa main, toute son armée, on fut obligé de défiler, par une marche de flanc, sous le feu de mousqueterie des troupes qui oceu-' paient Tabbaye. Si Ton avait été moins pressé par le temps, on aurait pu occuper cette journée à ouvrir un chemin au travers des bois fourrés, des vallons rapides et boisés que forme le terrain mon^ tueux et inégal de ce pays ; un sentier praticable pour les mulets et les chevaux aurait suffi, puis* que nous n'avions pas une charrette de bagages ; mais, on le répète, on aurait perdu un temps précieux ; notre marche eût paru craintive aux Espagnols; elle eût relevé leur moral aux dépens du nôtre, et les eût probablement décidés à faire une sortie pour nous attaquer en flanc ou en queue, ce qui pouvait devenir sérieux dans un moment où nous ne savions encore ce qui nous disputerait le passage de la Gaya, et les obstacles que Reding pourrait opposer à la réunion projetée des divisions Pino et Souham à Villarrodoôa.

Ainsi, malgré les trois étages de feu qui s'établirent bien vite, on passa, sans éprouver une grande perte, parce que l'on profita de tous les petits accidents du terrain, pour dérober la troupe aux coups de fusil les plus meurtriers, c'estr-àdire, ceux qui partaient du mur de clôture, le feu en étant plus rasant et plus près. Nous ne ripos*tftmes pas un coup de fusil aux troupes deral>baye, et nous ne fîmes usage de nos armes que contre un parti d'infanterie qui voulut nous disputer le passage de la Gaya, et qui fut promptement dispersé ; la division suivit ensuite la rive droite de la rivière, et repassa sur la rive gauche, près de Yillarrodo&a, pour débusquer uu autre parti ennemi qui en occupait les hauteurs, et y prendre position en attendant Souham à qui Ton envoya de suite l'oindre de presser sa marche : cet ordre fut porté par un officier escorté d'un bataillon, pour être sûr qu'il lui parviendrait ; car il paraissait évident, et ce général le confirma à son arrivée, qu'il n*avait pas reçu Pespion qu'on lui avait adressé de Santa Maria de Mirallas, non plus que le chef d'état-major général Rey, les ordonnances et le guide qu'on lui avait expédiés; ainsi on fut obligé de perdre à VillarrodoAaun jour et demi de temps que Ton au-

Page 1