CHAPITRE QUATRIÈME
raH bien employé contre Reding, en exécutant à la lettre le projet formé de refouler son armée, en la battant en détail, jusque sous les murs de Tarngone, où Ton pouvait espérer, de la confusion qui accompagne les Espagnols dans leurs retraites, toujours précipitées, un grand succès si le général Souham avait pu se trouver, comme nous Tespérions, à VillarrodoAa, au moment de notre arrivée. Mais nous croyons, ainsi qu'il arrive souvent à la guerre, que les circonstances nous ont encore mieux servis; car si le projet eût été exécuté en entier, comme il avait été conçu, on aurait dit : Reding s*est laissé surprendre, il est seul cause de la défaite de l'armée, qui n'a pu déployer tout son courage. Il eût été destitué comme son prédécesseur, et l'armée espagnole aurait mis sa confiance dens un autre général, et conservé l'espérance de battre le corps d'armée à la prochaine occasion ; idée qu'il convenait de détruire par tous les moyens possibles, et que le général en chef n'a jamais perdue de vue.
Le 21, Souham arriva de Vendréll, où il était resté pendant les mouvements qui venaient de s'opérer; il passa par le col de Santa Christina, où ce fut une espèce de prodige de faire passer les
quatre pièces de canon qu'il avait ordre d'ameoer avec leurs caissons. Les canonniers travaillèrent pour arranger un peu le chemin, et Ton fut obligé de porter les pièces dans les endroits les plus difficiles. Le quartier général et le chef d'état-major arrivèrent aussi de Villa Franca.