CHAPITRE CINQUlixE
Vives et Lazan, comme ensuite à Molino del Rey, et plus tard, entre sa gauche et son centre » à Igualada : toujours dans l'intention de paralyser une partie de ses troupes , et de rétablir entre eux, autant que possible, Tégalité numérique.
Reding se prépara à ce combat, et se crut assez fort sans les détachements laissés à tarragone et à Sancta Coloma de Qu^ralt, qu'il eût aisément pu réunir; il comptait infiniment sur la bonne discipline qu'il venait d'introduire dans son armée; il comptait aussi sur la confiance générale qu'oa avait en lui, et principalement sur la réunion des réghnents suisses, fiers de voir le commandement en chef de l'armée espagnole entre les mftfns de leur compatriote.
Le général Reding avait passé une partie de la journée du 24 en conseil de guerre, pour savoir comment il pourrait parvenir à Tarragone, en évitant une bataille. Il avait fait venir à ce conseil le général Marti, qui commandait les troupes restées sous cette place. Des membres influents étaient d'avis d'éviter le combat, mais pour cela il eût fallu renvoyer l'artillerie et les bagages à Lérida, et filer homme par homme, pour ainsi dire à la dérobée, par Pradés, et par un sentier
étroit qui traverse les montagnes, et vient aboutir, par Sel va» à Constanti, où la réunion de son armée se'Sérait opérée de suite, disaient-ils, et sans coup férir; Reding avait rejeté ce conseil, qui pouvait convenir à un commandant de guérillas, mais qui eût déshonoré un général à la tête d'une armée ; préférant celui du colonel anglais Doile, qui était d'avis d'attaquer franchement les deux divisions du septième corps. De son côté, le génésal français avait un besoin indispensable d'une nouvelle affaire générale, qui achevât de fixer l'opinion sur la valeur des armées en Catalogne, et d'établir d'une manière incontestée la supériorité morale de Tune ou de l'autre ; force immense, qui réside dans les ftmes et non pas dans le nombre, qui, par cela même, est bien autrement importante, puisque rien n'est momentané, n'est éphémère comme l'avantage numérique, qu'un accident ou un renfort peut, d'un moment à l'autre, détruire ou déplacer, tandis que la supériorité morale, grandissant, pour ainsi dire, chaque homme aux dépens de son adversaire, est durable, et qu'une fois obtenue, il faut de bien grandes fautes ou de bien grands malheurs pour la perdre. L'armée française avait