‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 41 sur 120 · CHAPITRE CniQUliME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CniQUliME

bien autrement puissante d'une moins longue effusion de sang français, durent céder à cette pensée dominante du général en chef, qu'il fallait, avant tout, fixer le moral des deux armées. Or, son but n'aurait pas été atteint, si la retraite de* l'ennemi avait été aussi prompte : car il laarait efiTectuée avec assez d'ordre pour nous empêcher de compléter notre succès et son désastre.

On n'ajoutera qu'un mot pour achever d'expliquer l'inaction de l'artillerie, qui pourrait paraître extraordinaire même à de bons esprits : les troupes françaises et italiennes étaient à peu près égales en nombre, non pas à celles que Reding pouvait avoir au combat, mais à celles qu'il avait véritablement engagées, et le général français ne voulait pas gâter ses troupes en leur diminuant trop les difficultés; il voulait de plus conserver cette ressource pour des circonstances plus hasardeuses, comme, par exemple, si le feu de l'ennemi était devenu plus meurtrier, ou qu'il eût été favorisé par l'arrivée d'un renfort ou par quelque autre incident possible.

A trois heures et demie, le signal donné, les

troupes commencèrent à passer le Francoli , et

gravirent ensuite le grand plateau escarpé sur 1#quel était placée l'armée espagnole; elles y trouvèrent les plus grandes difficultés, ce plateau étant coupé de plusieurs espèces de terrasses^ murs de clôture ou de soutènement des terres qui rendaient extrêmement lente une marche faite sous le plus beau feu de mousqueterie qu'on ait jamais exécuté, non-seulemept à l'armée, mais même à l'exercice. Pour ne point voir retarder davantage cette marche, qui Tétait déjà trop par les obstacles naturels, il était seulement permis aux tirailleurs qui couvraient les colonnes de répondre à ce feu ; les autres ne devaient qu'avancer et aborder franchement l'ennemi.

En arrivant sur le plateau, les troupes françaises et italiennes exécutèrent les mouvements ordonné» avec une bravoure et une précision au-dessus de tout éloge; aussi la victoire couronna de si nobles efforts; les Espagnols ne purent soutenir de pied ferme le choc de ces troupes qui avaient déjà vaincu les grands obstacles sur lesquels l'ennemi avait trop compté, et cela malgré le feu de son artiHerie et celui, si bien exécuté, de son infanterie. Elle$ ne purent résister surtout aux charges impétueuses du régiment des dragons italiens et du vingt-qua-

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