‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 42 sur 120 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

trième de dragons français, qui faillit prendre le général Reding, détruisit la plus grande partie de son escorte, blessa de plusieurs coups de sabre ce général^quin'échappa des mains d'un jeuneofficier de ce corps, que parce que ce dernier eut la générosité de ne pas le tuer, comme il le pouvait si aisément avant qu'un coup de pistolet terminât ses jours* et lui fit lâcher prise.

Malgré les efforts prodigieux de Reding pour retenir ses troupes, elles se débandèrent complètement : Suisses et Espagnols s'enfuirent encore à toutes jambes et dans toutes les directions, laissant au pouvoir des Français leur artillerie, leurs bagages, munitions et un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouvaient M. de Castel d'Orius, grand d'Espagne, commandant la cavalerie; trois colonels, sept lieutenants-colonels, et quatre-vingts ofGciers de différents grades : les Espagnols se sauvèrent, les uns à Lérida, les autres à Tortose, et le plus grand nombre à Tarragone, avec le général Reding, blessé de deux coups de sabre. Us furent poursuivis, ce jour-là, aussi loin que 1^ jour put le permettre, et le lendemain jus* qu'aux portes de cette dernière ville. Ils essuyèrent dans cette affaire une perte de près de quatre mille

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hommes^; nous edmes environ mille hommes hors de combat.

La division Souham prit position à Réas, celle de Pino à Valls, Plâ et Alcover, et Ton fit venir Chabot à l'abbaye de S. S. Créus, pour observer la division Wimffphen à Santa Coloma de Quéralt.

11 n'arriva rien à Reding, malgré les mauvaises intentions des plus furieux de la ville. Il avait grandement payé de sa personne, il était grièvement blessé ; et il dut au consul d'Angleterre, que Ton ménageait avec tant de raisons, une protection puissante. On nous dit même que dans le premier moment il fut obligé de loger chez lui.

Le 26, la division Souham occupa militairement la ville de Réus, et y trouva des ressources en subsistances, et des objets servant à l'équipement des troupes, entre autres des espardilles et quelques souliers dont on avait un fort grand besoin ; elle fournit aussi une petite contribution, en numéraire, de cent et quelques mille francs avec lesquels le payeur de l'armée, qui depuis longtemps n*avait plus un sou dans sa caisse, puisque rien ne pouvait arriver de France , fit délivrer un l^r

^ Voir pièces jiislificatives, n« 26.

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