‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 44 sur 120 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

S^oar do septièine corps aux environs de Tarragone. — Blocns de rannée espagnole dans celte place; son encombrement; maladies qui en soni la suite inévitable. — Blocus de BarcelODoe par Tescadre anglaise et les troupes de Wimffphen ; marelle de la division Chabran pour le faire lever; combat de cette division; passage du Llobrégat; retraite de Wîmffphaii et de l'escadre. — Communication du duc de Trévise avec le septième corps par l'arrivée du colonel Briche et de sa troupe sur Monblanch. — Départ de Yalls ; arrivée des divisions Soik ham et Pino sur le Llobrégat ; quartier général à Bareeioniie.

Les Espagnols, bien persuadés, cette fois, de la sapériorité de valeur de nos troupes sur les leurs, en convinrent d'assez bonne foi, mais seulement après cette déroute. C'était la quatrième qu'ils avaient éprouvée, malgré l'excellente position qu'ils occupaient, l'intrépidité de leurs soldats, dont ils étaient enthousiasaiés, et la belle conduite de leur général, qui était irréprochable. Toutefois sa qualité d'étranger excita la jalousie, et ses dispositions furent blâmées avec amertume par quelques personnes. Il était dur, en effet, pour les Espagnols, d'avouer que des soldats, formés en

grande partie de toutes ces nations d'Italie qu'ils avaient dominées si longtemps, et qu'ils étaient même, à peu près, habitués à mépriser, de ces nations enfin, que depuis des siècles on ne rencontrait plus sur les champs de bataille, fussent devenus, tout à coup, supérieurs à ces Castillans dont les anciens souvenirs nourrissaient l'orgueil et la fierté, augmentés encore par la justice de la cause qu'ils défendaient.

Les nations dégénéreraienf^elles en masse, comme les individus ? Je laisse cette question à décider aux philosophes, à qui elle appartient : mais, ce dont tout le monde conviendra, c'est qu'il est pour elles des époques de gloire et d'humiliation, produites par des influences auxquelles on ne peut nier que le système de leur gouvernement ait toujours une grande part.

L'armée ennemie, par suite de la bataille de Yalls, était encombrée dans Tarragone ; les maladies épidémiques y détruisaient quantité d'officiers et de soldats ; la mortalité était extrême ; ce qui détermina le général en chef français à laisser le septième corps dans ses positions tant qu'il put disposer du quart d'une ration de pain. Ed effet, en retenant l'armée espagnole entassée dans

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