CHAPITRE SIXIÈME
cette place, on la détruisit plus, dans un mois qu'il fot possible de s'y maintenir, qu'on n'aurait pu le faire dans quatre grandes batailles, si elle eût voulu en sortir pour les livrer. Aussi Reding Gt en vain harceler Tarmée sur sa droite et sur ses derrières, par les troupes de sa gauche, qui» n'ayant point été attaquées, se trouvaient en bon état et renforcées d'un bon nombre de somatènes ; le général en chef vit successivement se replier d'Igualada sur la Llacuna, San Quinti et Villa Franba, les troupes de Chabran; il vit même, aussi tranquillement, reformer derrière lui le blocus de Barcelonne, et tout cela ne le décida pas à se mouvoir; ce ne fut que le 15 mars, alors qu'il n'était plus possible de se procurer de subsistances d aucune espèce, qu'il pensa à chercher une autre position pour faire vivre ses troupes, en at-* tendant la moisson nouvelle, qui se fait de trèsbonne heure dans la partie de la Catalogne voisine de la mer.
Il fallait que cette position ne fût pas trèséloignée de Barcelonne, afin de pouvoir correspondre, avec cette ville, souvent, et au moyen de quelques bataillons ; il fallait aussi qu'elle fût assez rapprochée de Gironne, pour être à portée de pro*
158 CAMPAGNE DE CATALUGNE.
téger les troupes qui devaient en faire le sii^e contre un corps étranger à la garnison, qui manœuvrait pour le faire lever. Je dis un corps ou fort détachement de i 'armée, parce que le résultat de la bataille de Yalls éloignait pour longtemps, de la part de l'ennemi, la possibilité d'une attaque générale.
La petite plaine de Vich paraissait seule réunir tous ces avantages ; on était à peu près sûr d'y trouver du grain ; le pays en produit en assez grande quantité, et aucune troupe n*y avait encore séjourné. La plaine d*UrgeU surnommée à juste titre le grenier de la Catalogne, semblait bien offrir, et offrait en effet plus de moyens en subsistances, mais elle était trop éloignée de Barcelonne« et les communications avec cette place fussent devenues impossibles, pour peu que Tennemi plaçât un corps de miquelets dans les défilés du Bruch et du Monserrat, ce qu'il n'eût pas manqué de faire. On eût de cette manière communiqué avec les autres corps de la grande armée ; mais, Sarragosse étant tombée au pouvoir des Français, et les opérations sur Valence étant encore éloignées, puisqu'elles ne pouvaient avoir lieu qu'après la prise des places de la basse Cata-