‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 46 sur 120 · CHAPITRE SIXliMJE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXliMJE

iQgne, cette communication n'eût offert pour le moment que peu d'intérêt. Ton n'eût pu y être d'^aucnne utilité au siège de Gironne qui, probablement, alors n'aurait pu avoir lieu, puisque, avec la protection directe des divisions Pino et Souham, il fallut tant de peine et de temps pour en venir à bout ; et l'on ne peut nier que Gironne était la place de la Catalogne la plus importante pour la suite des opérations dans cette province* De plus, en occupant la plaine d'Urgel, le septième corps aurait compromis Barcelonnet qui eût fini par succomber sous le poids réuni des attaques continuelles du dehors, et des conspirations de l'intérieur prêtes à éclater, avec l'assistance efficace des prisonniers de guerre renfermés dans cette ville, parmi lesquels se trouvaient un grand nombre d'officiers de tous grades sur lesquels on comptait pour les diriger. L'armée eo^ nemie, profitant de l'appui de ses places fortes, se serait naturellement établie au travers de la ligqe d'opérations du septième corps, qu'elle eût coupée entièrement en occupant les positions si forpidables qui se trouvent entre Cardona et Tar» ragone : tels que les défilés de Monblanch, de (labra, du Bruchetdu Monserrat; le général en

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chef se fût trouvé séparé de la haute Catalogne, obligé de changer sa base et sa ligne d'opérations, et de tirer ses munitions de Sarragosse, au lieu de Toulouse et de Perpignan.

Ces graves inconvénients pouvaient^ ils être compensés par le faible avantage de communiquer avec les corps d'armée qui étaient en Aragon ? Un peu plus tard on a, il est vrai, exécuté ce projet, mais alors Gironne et Hostalrich étaient en notre pouvoir, Barcelonne autrement approvisionnée, sa garnison doublée, et le général Baraguai-d'Hillier avait, dans la haute Catalogne, environ vingt mille hommes ; ce qui n*a pourtant pas empêché le revers de la Bisbal, la reprise de Figuîères parles Espagnols, la violation , plusieurs fois répétée, du territoire français dans la dixième division militaire, le pillage et l'incendie d'un bon nombre de ses villages, etc. Ces faits nous paraissent prouver que si l'occupation de la plaine d'Urgel n'eut pas, en 1810, plus d'avantages que d'inconvénients, elle eût amené en 1809, des dé^ sastres irréparables; car la position d'un corps d'armée en Catalogne est bien différente quand ce sont des Français qui occupent Gironne et Hostalrich, ou quand ce sont les Espagnols qui pos-

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