CHAPITRE SIXIÈME
sèdent ces importantes places. Napoléon a été séduit un moment par cette idée de faire occuper les plaines de Lérida par son armée de Catalogne ; il prescrivit même cette disposition; mais il ne tarda pas à commander qu'on les abandonnât, et qu'on fît rentrer ses troupes dans l'intérieur de la province, parce qu'il voyait Barcelonne presque constamment bloquée, et les frontières de France tout à fait compromises par l'éloignement de l'armée française : le iO mars 1811, il écrivait à son ministre de la guerre, en lui faisant sentir la nécessité de rapprocher du centre delà province l'armée du duc de Tarente, « qu'il ne la considérait pas comme étant en Catalogne, lorsqu'elle était à Lérida, au delà des montagnes. »
Ces raisons décidèrent le général en chef à choisir Vich pour y établir la partie de son armée la plus disponible, et la faire vivre jusqu'au moment oii les récoltes seraient bonnes à couper dans les environs de Gironne, oii l'on prévoyait que l'on serait obligé de s'établir, quand les travaux du siège se trouveraient assez avancés pour attirer toutes lesforcesde l'armée espagnole au secours de cette place. Il était essentiel d'y arriver sans que l'ennemi s'en doutât, ou du moins qu'il le sût assez
tard pour n'avoir pas le temps d'eolever ou détruire les ressources que nous cherchions, et qui nous étaient indispensables. Le secret, si nécessaire à la guerre, était assez bien observé au septième corps ; néanmoins, dans cette circonstance, le général en chef redoubla de soin pour tromper les amis indis* ' crets aussi bien que les ennemis. Tout était prêt pour commencer le mouvement le 18; mais le 17,1e général Chabot, qui, depuis quelque temps, avait quitté sa position de S. S. Creus, et occupait Monblanch pour gêner davantage les comrounicatioD8 de Reding avec Wimffphen, et de ce dernier avec la place de Lérida, entendit une canonnade et une fusillade assez vives à une petite distance au delà de ses avant-postes : ne sachant ce que ce pouvait être, il expédia une reconnaissance qui facilita l'arrivée du colonel Briche, envoyé de Fraga par le maréchal Mortier, pour communiquer avec la Catalogne et lui en rapporter des nouvelles. Le colonel était parti avec six cents hommes, infanterie et cavalerie, et deux pièces de canon : il eut beaucoup de peine à passer, et ne parvint à Monblanch que parce que les Catalans avaient imaginé que ce détachement était Tavanlrgarde d'un corps de troupes qui le suivait^ et qu'ils ne lui opposé-