CHAPITRE SIXliMB
rent pas toute la résistance qu'ils auraient pu faire 9*il8 avaient mieux connu son isolement : heureusement que son arrivée ne fut pas retardée de 24 heures ; car il ne nous aurait plus trouvés* Nous restâmes encore deux jours en position à Monblanch pour lui faciliter le retour; mais le lende main il fut convaincu de l'impossibilité de Topérer, bien qu'on Teût dirigé sur un autre chemin, et que le général Chabot l'eût appuyé à une certaine distance : il fut obligé de revenir et de suivre nos mouvements.
Le corps de somatènes et de miquelets qui s'était porté sur Barcelonne, coupait notre communication avec cette place, et nous empêchait d'y évacuer les malades et blessés dont nous étions encombrés à Valls et Villa Franca. Le général Chabran, qui occupait ce dernier point, reçut l'ordre de la rétablir ; et le 10, il envoya occuper Molino del Rey par un bataillon du cinquième régiment italien, avec une pièce de canon, sous les ordres d*un capitaine-adjoint. En chargeant de cette expédition un détachement aussi faible» qui fut en outre compromis par la témérité de son chef, ce général ignorait la force du corps ennemi placé à Molino del Rey. Ce détachement enleva néan-
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moins ce poste à des troupes six fois plus fortes que lui, et commandées par les deux Milans et Claros ; mais quand les Espagnols virent que ce bataillon n'était pas soutenu, ils revinrent à la charge, reprirent le pont de Molind del Rey et s'emparèrent de la pièce de canon. Le général en chef ordonna au général Chabran de s'y porter
avec sa division entière, forte alors, par sa réunion au général Schwartz, de huit bataillons et trois escadrons, de débusquer l'ennemi des hauteurs de Molino del Rey, et de rétablir la communication avec Barcelonne ; cette communication était devenue indispensable, dans ce moment ; il fallait la rétabir, avant le mouvement projeté, pour évacuer tranquillement les malades qui ne pouvaient être traités ailleurs ; cette ville étant le seul point où des hôpitaux pussent être placés avec sécurité, et oiïi l'on pût trouver les localités nécessaires à de pareils établissements, surtout d'après les nouvelles positions que le septième corps allait prendre.
Le général Chabran partit de Villa Franca pour faire cette opération, et fut remplacé dans cette ville par quelques troupes qu'on commençait à échelonner. Mais quand il arriva, le 12, à la vue
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de Holino del Rey, il craignit d'attaquer rennemi, et se retira en grande hâte à Villa Franca. Le général en chef lui donna Tordre formel d'attaquer et de débusquer l'ennemi de ses positions. Il dut retourner sur ses pas, c'est-à-dire, s'approcher assez le lendemain 13, pour attaquer le 14. Le général en chef, craignant la répétition du mauvais exemple donné la veille, avait pris des précautions qoe la division rendit inutiles en marchant à l'ennemi avec une bravoure si grande et si soutenue qu'il fut culbuté, qu'il éprouva une grande perte, et que la communication avac Barcelonne fut rétablie et bien couverte par les positions qu'elle occupa.
Nous apprîmes alors toute l'inquiétude que ce rassemblement ennemi avait causée aux généraux Dnhesme et Lechi ; ils n'avaient pas été assez heureux pour la cacher à la populantio nombreuse de cette ville ; ces généraux donnaient, depuis la fin de décembre, beaucoup trop d'attention à des projets de conspiration des habitants de Barcelonne, que la police de cette ville annonçait avoir découverts. Le général en chef se refusa longtemps à croire à leur réalité et envoya dans le mois de janvier, de Villa Franca à Barcelonne, son chef d'état-ma-
jor avec Tordre de défendre de sa part au commis* saire général de la police, Casanova « de lui faire adresser à Tavenir de semblables rapports ; il lui recommanda en outre de chercher à s'assurer si quelque intrigue secrète ne faisait pas parler la police plutôt que ]a conviction de ce qu'elle annonçait. Le général en chef se croyait obligé à ces précautions par la réputation fort équivoque des membres composant cette administration S par les soupçons dont elle était l'objet, et qui faisaient regarder comme ses agents plusieurs officiers italiens, entre autres un certain Provana qu'on semblait accuser d 'exciter, par des menées sourdes, les habitants à l'insurrection et à la révolte ; de plus, parce qu'une tentative qui aurait eu pour but le soulèvement général des habitants
t Pliistardy Mm chef et quelques-uns de ses subordonnés, furent recherchés comme se trouvant compromis par Tinsunction de Taflaire d'un nommé Canton, riche préteur sur gages, soupçonné de posséder des valeurs considérables. La disparition de ce malheureux, le lendemain de son arrestation par la policf ^ fit élever contre elle un cri général dlndignation» surtout lorsque peu de jours après des chiens eurent déterré, au pied de Monjuich, un cadavre récemment assassiné, que l'on crut reconnaître pour celui que toutes les recherches de sa famillp n'avaiepl pu découvrir. Des considérations particulières firent arrêter les ptnirsuites commencées à ce sujet , h Paris, en ISIO.