‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 50 sur 120 · CHAPITRE SIXliME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXliME

8on départ, le bel hôpital qu'il avait formé dans cette ville et qu*il lui serait si essentiel de conserver, en raison de la quantité de malades qu'il avait. 11 prenait ce prétexte pour ne point blesser lamour-propre du général Reding, pour lequel il avait une estime particulière. Il pouvait d'autant mieux s'en servir, qu'il avait été prié par lui, peu de temps auparavant, de lui envoyer du quinquina, dont il manquait pour le moment, il ignorait que, dans l'armée française, on en manquait toujours.

Le lendemain, 20 mars, entre onze heures et midi , l'ofticier espagnol envoyé de Tarragone arriva avec son détachement, et rendit au général en chef la réponse du général Reding ^ On lui remit l'hôpital , qui était très-beau , et dans le meilleur état possible , avec les lits et tous leç ustensiles nécessaires ; il avait été formé avec les meubles, linge et effets abandonnés par les habitants, lors de notre arrivée à Valls. On ne laissa dans cet hôpital que huit à dix hommes fracturés et intransportables , malgré la convention existante, parce que, comme on l'a observé plus haut,

I Voir fiiècet justificative», n* 2H.

on ne croyait pas au général Reding assez d'autorité pour la faire exécuter : on doit cependant à la vérité de dire que le peu de malades laissés à Valls et plus tard à Vich ont été bien soignés et exactement renvoyés à nos avant-postes aussitôt après leur guérison, comme le stipulait la convention .

L'armée, qui était en bataille sur les hauteurs en arrière de Valls, commença son mouvement de retraite en présence du détachement espagnol. Les troupes prirent position, vers le soir, sur la rive gauche de la Gaya; la droite à Villarrodona, la gauche au delà de Puigtinôs, et une division, avec le quartier général, à Castel Rodonft. Le lendemain on repassa le col de Santa Cristioa; le quartier général fut établi à Bisbal, et le surlendemain à Villa Franca.

En partant de cette ville, un mois ou cinq semaines auparavant , le général en chef y avait laissé le blé et la farine nécessaires pour alimenter rhôpital pendant son absence ; le gardemagasin en vendit une bonne partie, et fit manquer complètement cet important service ; heureusement que le général en chef en fut averti encore assez à temps pour y remédier : il fitéva*

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