‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 51 sur 120 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

cuer, Bur ce point, avant son départ, cinq cents sacs de grain qui lui restaient, et qui l'eussent iait demeurer quelques jours de plus dans ses po« sitions près de Tarragone. Le garde-magasin fut traduit au conseil de guerre, et condamné aux fers.

Les divisions continuèrent leur mouvement jus^ que derrière le Llobrégat, oti elles prirent position sans être aucunement inquiétées par Tarmée ennemie ; ce qui justifia la confiance du général en chef, fondée sur rabattement et la consternation qui régnaient dans l'armée espagnole, encombrée dans Tarragone, et accablée par les maladies, suite inévitable de cet encombrement. Elle ne profita de notre départ que pour étendre et disséminer ses malades, dont le nombre diminua considérablement à dater de cette époque.

Quelques troupes nous suivirent et occupèrent successivement les positions que nous abandonnions, mais sans engager aucune affaire. On profita de la réunion des divisions sur le LIobrégat, pour porter celle de Pino sur le général espagnol Wimffphen, venu au secours de Milans et Claros, et qui, après avoir été battu le 14 à Molino del

Rey par la division Chabrao, 8*était reformé et rallié sur les hautears de Tarràsa : le général Pino le battit complètement le 23, en le délogeant de toutes ses positions; le poursuivit jusque dans les montagnes des environs de Manresa, et lui reprit la pièce de canon et le caisson dont il s'était emparé sur le bataillon du cinquième régiment italien, à l'affaire du pont de Molino del Rey, environ huit jours auparavant.

Cette excursion, dans un pays nouveau pour l'armée, servit à ramener quelques subsistances aux troupes» qui, afin de ne pas épuiser Barcelonne^ ne tiraient de cette place aucune espèce de vivres, et ne subsistaient que des denrées enlevées à l'ennemi.

Le général en chef séjourna à Barcelonue jusqu'au 15 avril. Il s'occupa de bien connaître Tétai dans fequel il allait laisser cette ville, sous les rapports militaires et politiques, etc. Il fit constater que les vivres envoyés de Yillanueva étaient entrés, au moins pour la plus grande partie, dans ses magasins : il tenait d'autant plus à s'en assurer que ces denrées avaient été économisées et prises sur la subsistance des divisions Souham et Pino, pour approvisionner cette place, qui, malgré

Page 1