‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 52 sur 120 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

son importance, n'en était pas moins, jusqu'à ce joar^ complètement négligée par le gouvernement français.

Le général en chef eut la satisfaction de voir que ces approvisionnements, fournis par les troupes, étaient suffisants pour alimenter la garnison ea grain, sel, et quelques légumes secs, pour trois mois; mais la poudre et généralement les munitions y étaient en trop petite quantité pour soutenir un siège de quinze jours.

Sous les rapports politiques, le parti de Joseph a avait fait aucuns progrès ; et dans la capitale de la Catalogne occupée par les Français, on avait, pour Ferdinand VII, les mêmes sentiments que dans les autres villes de la province occupées par les Espagnols. La ville de Barcelonne avait en campagne ses deux tercios ou bataillons de miquelets; les individus de ces corps, sans uniforme à la vérité , y entraient tous les jours, venaient chercher la solde et le prêt, les habits nécessaires, et les recrues pour les entretenir au complet. Jamais le général Duhesme ne put en faire arrêter un seul, tant le secret était bien gardé et le patriotisme de ses habitants unanime et pro-> noneé.

i76 CAMPAGNE DE CATALOGNE.

On exigea des fonctionnaires publics le serment de fidélité au roi Joseph; on ne put Tobtenir d'euX| non plus que des militaires de tous grades précédemment employés dans cette ville; ils préférèrent rester prisonniers avec ceux pris dans les combats^ qui n'avaient pu faire partie des premiers échanges. Le général en chef se décida à les envoyer en France, pour diminuer la consommation des vivres si difficiles à remplacer à Barcelonne, faire cesser les plaintes journalières de Duhesme, pour qui ils étaient un sujet légitime et continuel d*alarmes, et ôter à ceux qui pouvaient avoir l'envie de tramer des conspirations l'espoir qu'entretenait encore leur présence.

On espérait donner à ce général de la sécurité, par une mesure qu'il avait désirée. Son changement d'avis, au moment de l'exécution, n'influa pas sur la détermination du général en chef. Cette variation dans les vues se retrouvait dans le déplaisir que notre présence causait à celui-là même qui l'avait sollicitée. Duhesme n'avait jamais demandé notre retour avec plus d'ardeur qu'il ne demandait alors notre éloignement. On établit à Barcelonne les malades et blessés; on fit partir la division Lechi pour GranoUérs, et on laissa dans la

Page 1