‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 54 sur 120 · CHAPITRE SEPTiiHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTiiHE

tèrent. Nous trouvâmes, dans les maisons abandonoéesi du blé en assez grande quantité pour les troupes, jusqu'au moment où l'on pouvait espérer de faire la moisson dans les plaines des environs de Gironne; du vin pour quinze jours, et du lard pour un mois. Si Ton eût pu prévoir notre arrivée à Vich , et en évacuer les subsistances , ce qui était facile en les distribuant aux habitants décidés à la fuite, nous n'aurions pu y séjourner, et eussions perdu tous les avantages qui avaient fait préférer cette position aux autres.

La différence de température, et plus tard la privation de vin qui avait fait depui» longtemps

les consolations de la religion à la partie de ses ouailles qui eu avait le plos besoin. Il passait une partie du jour dans les hôpitaaiy juttifiant par cette conduite les reproches qu'il nous dit avoir souvent adressés aux prêtres réfugiés en Catalogne. U courut le plus grand danger d'être tué par les Espagnols aussitôt que nous aurions évacué le pays, ainsi que cela se praii(|uati ordinairement envers toutes les personnes, sans distinction, qui n'avaient pas fui à notre approche pour se retirer dans d'autres pays, non occupés par nous, ou bivouaquer dans les montagnes environnantes jusqu'à notre départ, comme le lit pendant trois mois la nombreuse population de Vich ; mais sa haute réputation et ses vertus le sauvèrent une seconde fois de la fureur dfs lanatiques.

la base de la nourriture du soldat, et suppléé à tout ce qui lui manquait, ne tardèrent pas à nous donner beaucoup de malades : les habitants ayant emporté leurs effets de couchage, nous n'avions pas une couverture à leur donner ; il faisait froid et neigeait tous les jours ; dans les environs de Barcelonne, nous avions laissé les blés en fleur; à Vich, on ne s'apercevait pas encore s'il y en avait de semé. Au bout de quatre ou cinq jours, nous avions déjà près de cinq cents malades; les Espagnols prisonniers en avaient, à proportion, bien davantage, parce qu'ils participaient à notre misère, et qu'ils avaient de plus le chagrin de s'expatrier» et la crainte d'être traités en France comme nos prisonniers l'étaient chez eux. Les officiers français émigrés, qui étaient nombreux parmi eux, auraient été bien autrement malheureux, s'ils avaient connu le fatal décret du 6 avril 1809, que le général en chef avait reçu à Barcelonne, et qu'il ne fit jamais connaître à l'armée.

Le 24, les reconnaissances ayant été faites, on remit les prisonniers à la division de Lechi, qui les conduisit à celle de Reille, placée sur la Fluvia, d'où ils furent dirigés sur la France. Le gêné-

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