‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 57 sur 120 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Le général Verdier, comme son prédécesseur, se plaignit du peu de troupes qu'il avait à sa disposition, pour l'opération dont il était chargé; cependant la garnison de Gironne était loin d'être complète; elle ne s'élevait pas à trois mille hommes, et ne put même recevoir de renforts un peti marquants, comme on le verra plus bas, que dans un temps oii ils lui furent plus embarrassants qu'u** tiles : il annonçait qu'il en avait écrit à l'empereur', et qu'il désirait, avant de commencer, attendre sa réponse. Le général en chef fut surpris que cette observation eût été envoyée par tout autre que lui : il jugeait qu'on ne pouvait correspondre directement avec aucun des officiers généraux sous ses ordres, parce que c'eût été rompre les liens si nécessaires de la hiérarchie militaire, à laquelle on ne peut porter impunément la plus légère ni la plus superficielle atteinte. 11 se trompa. Le ministre, oubliant ou méconnaissant ces principes» sans lesquels il ne peut exister d'armée, continua non-seulement à recevoir sans intermé* diaire les rapports du général Yerdier, mais encore leur donna la publicité la plus officielle en les fai-

* Voir pièces justificaliYes, n® 29.

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sant insérer en entier dans le Moniteur, de préférenée à ceux du général en chef qu'il ne fit jamais 6onna!tre .Les militaires s'apercevront sans peine des inconvénients que rintroduction de ce principe, contraire à toutes les règles de la discipline, devait amener.

Le général en chef allait avoir un successeur. 11 n'exigea pas la prompte cessation de ce désordre. Le maréchal avait sollicité ce commandement par lui-même et par ses amis, et il se pouvait que cet arrangement lui convint.

Napoléon chargea le général Sanson de la direction du siège de Gironne, bien que le septième corps eût pour commandant du génie le général Kirgener, officier d'une grande distinction. Le général Taviel fut chargé de Tartillerie, quoique nous eussions pour commandant de cette arme le général Ruty, en qui l'armée avait la confiance la plus étendue et la plus méritée.

Le général en chef voyait avec peine la perti? d'un temps précieux, la consommation des subsistances trouvées à Yich, et de celles que le gou* vernement français avait rassemblées à Figuièred, pour le siège de Gironne, approvisionnement qu'il ne voudrait probablement pas renouveler ; il

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