CHAPITRE SEPTIEME
pressa le général Verdier de commencer ses opérations sur cette place, quoiqu'il n'eût pas et qu'il ne pût jamais avoir ce qui lui paraissait nécessaire : il mit à sa disposition, le 22 mai 1809, le général Lecbi avec sept bataillons et deux esca* drons, formant ensemble trois mille hommes. II lui avait déjà précédemment envoyé tous les chevaux d'artillerie dont il pouvait disposer, ses canoQoiers et ses sapeurs. Il préféra encore se priver de cette troupe et s'exposer aux inconvénients qui pouvaient en résulter, pour hâter le siège qu on ne voulait pas entreprendre sans un nouveau renfort ; ce qui porta h dix-huit milU* hommes le nombre des troupes sous les orden du général Verdier, et réduisit le corps d'observation à vingt et un bataillons, formant environ douze mille combattants.
Le général en chef resta ainsi dans les environs de Vich, tous les jours aux prises avec l'ennemi. On ne parlera pas de ces combats qui tous ont été à notre avantage, parce que livrés par les Espagnols, sans décision, sans ensemble et sans but, ils furent sans résultat et ne pourraient fournir matière d'instruction ou d'intérêt à qui que ce soit.
Le général en chef pensait que, si (*.e secours ne
iOS CAMPAGNE DE CATALOGNE.
paraissait pas suffisant au général Verdîer, il fallait renoncer au projet du siège et réunir tout le septième corps d'armée autour de Gironne, aussitôt que le grain serait bon à moissonner ; établir autour de cette place une bonne ligne de circonvallation, formant en même temps contrevallation appuyée par de petits fortins ou redoutes bien conditionnçes, et attendre dans cette « position que la famine lui soumît la place. Ce projet aurait eu l'avantage d'économiser les hommes et une grande quantité de munitions, et il ne paraissait avoir contre lui que de demander beaucoup plus de temps ; mais, par le fait, on n'en eût pas mis davantage, puisque le défaut de moyens de transport, tant pour assurer le service des vivres des troupes du siège que l'arrivée des munitions dont une grande partie devait venir de Toulouse et même de Strasbourg, força de cesser l'attaque momentanément et à plusieurs reprises, ce dont les assiégés profitèrent. Qu on ajoule à cda les dangers que couraient les convois, de Bellegarde à Gironne, malgré les escortes toujours insuffisantes dans un pays où toute la population est insui^;ée , l'héroïsme de la garnison , celui des habitants de la ville et des environs, efles fante