‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 62 sur 120 · CHAPITRE SBPTlklIE · texte numérisé non relu

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procbement de cette place. Blake fut poursuivi en Arragon par deux membres de la Junte supérieure de Catalogne, dont les pressantes sollicitations le ramenèrent dans cette province, et le déterminèrent à se rapprocher de nous avec la plus grande partie de son armée, en attendant qu'il eût formé un plan d'attaque générale.

Le lendemain^ le général en chef reçut du ministre de la guerre lavis officiel de son remplacement* dans son commandement, par le maréchal Augereau, qui se rendait en poste en Catalogne. 11 en fut d*ïmtant plus satisfait, que sa santé se trouvait sensiblement altérée par les fatigues qu'il avait éprouvées dans cette campagne, pendant toute la durée de laquelle il lui avait été impossible de se servir de voiture. N'étant pas maître des places fortes, il devait opérer toujours les mouvements des troupes hors des grandes routes, et même, dans la plupart des marches, à travers les montagnes, il était souvent obligé d'en faire une bonne partie à pied; tandis que dans la saison où l'on se trouvait, sur un terrain aussi montagneux, sous un climat aussi brûlant, la marche était une fatigue insupportable pour les jeunes gens mêmes.

Le général en chef reçut, le même jour 20 juin t des nouvelles du général Verdier; il lui annonçait que le siège de Gironne était en bon train, et que l'on était déjà maître de deux des trois redoutes en maçonnerie qui couvrent le front du Monjuich, et qu'on allait s'emparer de la troisième. {Voir le plan des attaques^ jo/. VIII.)

Les Espagnols auraient pu mieux défendre ces redoutes, les batteries françaises destinées à les réduire ayant été construites à la distance de 5 à 600 toises. Ce petit événement, heureux en luimême pour les assiégeants, leur devint nuisible par la suite en ce qu'il leur inspira une trop grande confiance, et pour la garnison un mépris non mérité qui fit négliger les mesures de prudence prescrites par les grands maîtres. Nous lavons du moins toujours considéré ainsi : quelque pénible qu'il soit à l'auteur de retracer des fautes, il s'en trouvera dédommagé si, à l'avenir, l'expérience n'en est point perdue pour ses compatriotes.

À son arrivée à Caldas, le général en chef reçut du général Verdier le plan dVttaque, arrêté par le directeur du siège et par lui, et des rapports sur les progrès des travaux depuis l'ouverture de

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la tranchée jusqu'à ce jour. La difficulté des communications avait empêché qu'ils ne parvinssent plus tôt.

Le général en chef aurait désiré qu'avant le commencement des opérations sur Gironne, on eût partagé son opinion sur la nécessité d'user des précautions utiles dans tous les sièges mais qui lui paraissaient nécessaires dans celui-ci où il s'agissait d'une place importante, facile à secourir, et pour la délivrance de laquelle on devait présumer que l'ennemi ferait tous les efforts et tous les sacrifices possibles.

Il aurait désiré, par exemple, qu'avant l'ouverture de la tranchée, on eût fortifié, par de bonnes redoutes fermées, les points qui offraient les débouchés les plus favorables pour l'introduction des secours dans la place ; alors on aurait pu sans danger affaiblir momentanément tel point de l'attaque pour renforcer tel autre plus évidemment menacé, ou, à l'approche d'une armée ennemie, pour augmenter d'autant plus les troupes d'observation, et les aider à éloigner ou à battre cette armée ou les détachements que sous sa protection elle enverrait au secours des assiégés. Dans ce système, il eût été facile d'assurer le pont de Sait

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par une double tête de pont : car, d'un c6té au moyen d'une sortie un peu vigoureuse, la garnison pouvait le brûler, et de l'autre, les miquelets et somatènes qui s'en sont quelquefois approchés, par la rive gauche du Ter, pouvaient en faire autant.

Ainsi, une tête de pont à Sait, une bonne redoute sur la hauteur de Palau ou au Mont Livio, une autre intermédiaire et placée de manière à bien battre la route de Barcelonne et le chemin de Santa Coloma, auraient suffi pour tranquîUiRer contre les sorties de la place, et s'assurer des débouchés les plus importants par où Ton pouvait le plus aisément la secourir. Tout cela aurait dû être achevé, du moins en partie avant le commencement du siège, pendant qu'on s'occupait de réunir les munitions, etc. Alors les troupes qui n'avaient rien à faire, et dont les subsistances étaient assurées, auraient pu être utilisées k ces travaux qui sont devenus impossibles aussitôt qu'il a été entrepris; par conséquent, à l'arrivée du général en chef dans les environs de Gironoe, il était trop tard pour revenir à ces précautions, surtout dans un moment où Ton attendait, d'une heure à l'autre, son successeur. Les mômes mo-

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tifs furent cause qu*il ne fit que de légères observations sur le plan qu'on se proposait de suivre; son avis était pourtant qu'il fallait attaquer la ville du côté de Santa Ëugenia, soit en même temps, soit après le Monjuich . De cette matière, on eût évité le débouché, si difficile, du Monjuich sur la ville, oîi, par la nature du terrain, qui est un roc presque nu, et d'une pente extrêmement rapide, il est presque impossible de se couvrir ; on eàt évité aussi de se jeter dans ce grand rentrant oti Ton devait trouver, joint à tant d obstacles naturels, tous ceux que lart y avait accumulés. On n'aurait eu à craindre que les feux très^loignés des forts placés sur les hauteurs au sud de Gironne; et, comme dans la plaine qui avoisine le front du Mercadal, on trouve de la terre tant qu'on veut, il eût été bien facile de se couvrir promptement pour se dérober à ces feux d'ailleurs peu meurtriers en raison de leur dis-» tanee et de la grande élévation d'où ils partaient ; enfin, au lieu d'être pris en flanc età revers, comme on le fut et comme on devait l'être dans l'attaque que l'on a préférée,Jies assiégés au contraire eussent été pris en flanc et à revers par les batteries du Mamelon vert et celles que l'oq

aurait pu établir sur le Mont Livio {Voir planche n"* VII). Le général en chef ne voulut pas employer son autorité pour faire prévaloir son avis, comme à la rigueur il aurait pu le faire; il crut plus convenable de laisser le choix du front d'attaque au directeur du siège désigné par l'Empereur, et d'un grade aussi élevé ; de plus, il ne pouvait se dissimuler combien son autorité se trouvait diminuée par la position précaire oii il était.

La division de siège venait d'éprouver une perte sensible : le chanoine Rovira, homme de tête et entreprenant, s'étant porté sur ses derrières, avec un corps de miquelets et de sematènes, que le général Verdier estimait s'élever à environ trois mille hommes, lui avait enlevé un convoi de charrettes de transport, et cent-vingt des chevaux d'artillerie qu'on lui avait envoyés de Yich : ce général annonçait que si l'on ne pouvait les remplacer, il se verrait obligé d'ajourner son siège ; le général en chef lui fit conduire tous les chevaux de son corps d'armée au nombre de trois cents, qui n'étaient pas attelés à ses pièces de canon, en le prévenant que si un nouvel événement

les lui faisait perdre, il ne pouvait plus lui donner des secours pareils, attendu que, depuis ^ouve^

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