CHAPITRE SEPTlilIB
tare de la camj^agne, il n'avait pas reçu un seul cheval pour réparer ses pertes journalières.
Le maréchal Âugereau venait d'arriver à Perpignan; il y trouva plusieurs de ses anciens amis, entre autres le. général Martin, préfet du département; ils lai exprimèrent les regrets qu'ils éprouvaient de lui voir prendre la direction de l'armée de Catalogne, et s'efforcèrent de Ten détourner. Le maréchal avait fait en 1794 une guerre heureuse dans cette province, et se flattait de possi^der la cpnfiance de ses habitants ; ils ne {^rei^t le persuader ni même ralentir son ardeur. Avant d'avoir, selon les formes usitées, pris possession de son commandement, il adressa, le 2 juillet, aux Catalans, une proclamation sur laquelle il comptait beaucoup pour les amener à reconnaître la nouvelle dynastie qu'on leur imposait} il envoya afficher cette proclamation dans les villages de la Catalogne, par des gens appuyés d'un détachement équivalent à un bataillon; mais, }e 6 juillet, à peine parvenu à la frontière, ce détachement fut mis en déroute, vers San Llorens de la Muga, par des troupes du colonel Porta, avant d'avoir pu afficher trois proclamations, et le reste de la troupe parvint,
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3t0 GAMPA6NB ME CATALOGSE.
avec peine, à regagner Perpignan, pour rendre compte au maréchal de Tirrévérenoe avec laquelle on avait reçu sa proclamation. Un accès de goutte lui étant survenu, le lendemain môme il écrivit au général en chef pour Tengâgev à continuer son commandement, etc. Ce général n'aurait point accédé à sa seule invitation, si des' ordres réitérés du ministre de la guerre n'étaient venus lui enjoindre de demeurer jusqu'au moment où le maréchal serait rétabli : il dut donc obéir, malgré le délabrement de sa santé , et quoique bien convaincu qu'il ne lui était plus pos^ble d'opérer aucun bien dans cette armée*; il- ne pouvait se dissimuler davantage les mauvaises in^ tentions du chef du gouvernement à son égard ; il avait reconnu, dans la nomination d'un successeur, l'effet qu'avait produit sa lettre du 6 mars au major général, c'est-à-dire son refua de coo" pérer à des entreprises téméraires, et qui n'eussent pas manqué d'attirer sur le septième corps une suite de désastres qu'il croyait de son devoir d'éviter. Le tort qu'on lui donna dans ce moment, qui fut ajouté à tant d'autres du même genre dont ce n'est pas le lieu de parler ici, lui
* Voir pièces juBlificatWeSy n® 30.