‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 66 sur 120 · CHAPITRE SEPTIIME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIIME

et s'en dédommageait en s'emparant de tout ce que les malheureux habitants n'avaient pu en em*^ porter. On peut dire que toute leur ardeur se con*sumait dans ces opérations partielles et journalières, et que dans les moments de grandes crises^ où le concours de la masse était le plus néces^ saire, on ne la retrouvait pas. Plusieurs fois les généraux opt appelé la population en vain, parce . qu'ils avaient abusé d'elle trop souvent sans nécessité.

Ces mêmes paysans dont oa exigeait tant*, de-

venaient exigeants à leur tour : ils voulaient que les militaires se battissent toujours à outiance, prenaient de Thumeur quand ils étaient forcés à la retraité et les maltraitaient dans les déroutes.

Ou les avait tant excités, tant exaspérés contre les Français, qu'ils en étaient devenus féroces ; et cette férocité, qu'on leur avait ainsi rendue habituelle, s'est, plus d'une fois, exercée sur leurs propres concitoyens, même les plus respectables, sur des chefs de l'armée et autres.

Ces atrocités, commises envers leurs propres dé* fenseurs, révoltaient les hommes les plus dévoués, ralentissaient leur zèle, forçaient les citoyens aisés de désirer la fin d'un système qui propageait tant

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de désordres, et de considérer la paix comme le seul remède à leurs matix : un très-grand nombre des plus distingués, même ceux qui avaient

' d*abord servi contre nous avec ardeur, commençaient à abondonner la cause de Ferdinand pour celle de Joseph ; on peut assurer que, sans la folle entreprise de Russie, la branche de l'auguste mai-

. son de Bourbon, qui règne en Espagne, ne serait pas remontée sur son trône.

Les cruautés exercées sur les militaires français n'étaient pas mieux entendues ni plus conformes à Tintérêt du pays : dans le fait, ces militaires n'étaient que les esclaves de leurs devoirs et de leur état. Certains de trouver aussi la mort, un peu plus tôt ou un peu plus tard, ils étaient, comme les Espagnols, victimes de la même ambition.

Le soldat devient naturellement cruel à la longue ; les mauvais traitements des Catalans développèrent d'une manière prématurée cette dispo* sition ; les malheureux habitants furent encore les premières et les plus fréquentes victimes des cruautés qu'ils avaient exercées, soit de leur propre mouvement, soit par l'impulsion des hommes qui avaient de l'influence sur eux ; €t cela,

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