‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 67 sur 120 · CHAPITRE SBPTlilIBl · texte numérisé non relu

CHAPITRE SBPTlilIBl

je le répète, sans aucun avantage .pour leur eause; tandis ^ue l^ système contraire eût, en très-peu de temps, opéré la désorganisation du septième corps, presque entièrement composé d'étrangers natur^Iement portés à abandonner leurs dra<peaux ; mais les massacres des convois de blessés, d'amputés et de malades, tombés entre les mains des somatènes , avaient inspiré une borreur si grande, qu'elle fit cesser la désertion qui, de nouveau, menaçait l'armée de Catalogne d'une destruction totale. Quelques jours après la prise de Palamos, des troupes de Fontane trouvèrent

sur la plage plusieurs ebaloupes envoyées à terre

par une trentaine de bâtiments de différentes grandeurs, «qr lesquels, à notre approche, on avait forcé les habitants à s'embwquer, et qui se trouvaient à l'ancre à peu de distance de la côte ; a Taide de ces chaloupes, ils surprireoit successivement tous les navires de cette petite escadre, et les ramenèrent dans le port de San Estevan, oi!i on les rendit, ainsi que tous les effets qu'ils contenaient, à leurs propriétaires respectifs, au fur et à mesure qu'ils s'enhardirent à venir les réclamer. Oaa vu plus haut qu'après la prise des redoutes qui couvraient le Monjuich, les directeurs du siège

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de Gironne «e proposaient d'établir une batterie (n"" 10) à deux cents toises du bastion B de cette forteresse. Cette batterie, commancée le 1" juin, à neuf heures du soir, fut terminée le 2, à cinq heures du matin, et démasqua aussitôt ses ombrasures; dans l'espace de deux jours, Ja brèche fut ouverte ; M. Fleury, chef de bataillon du génie commandant l'attaque, la reconnut dans hi nuit du 3 au 4, et la trouva praticable. Si l'assaut eut été donné dans ce moment et avec les dispositions convenables, on eût pu en espérer un meilleur résultat. C'est du moins l'avis de cet officier. On ne sait pour -quelles raisons il fut différé pendant quatre jours ; on avait dû y penser en ordonnant la construction de la batterie. Ces quatre jours 'Ue répit, laissés à la garnison, furent employés par elle à augmenter les difficultés de la brèche; les Espagnols y firent des retranchements et les garnirent de chevaux de frise, etc. Le moral de la garnison eut le temps de se relever, premier et dangereux effet de ce retard, né sans doute de ce que les directeurs du siège avaient compté que l'ennemi défendrait aussi mal le fort Monjuich que les trois tours en maçonnerie qui le couvraient: ce qui leur avait inspiré pour la garnison un m^

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pris qu'elle était loin de mériter, malgré la faute précédemment commise et la mauvaise défense de oesouvragesavancés, parce qu'un corpsde troupes, comme un individu dans lequel il y a des senti-* ments d'honneur* peut troujours réparer un instant de faiblesse.

A la guerre, on ne doit jamais baser ses calculs sur les fajutes que l'ennemi fera; mais, au con-* traire, les établir en lui supposant de la raison et du bon sens. Alors on ne peut plus se tromper qu'à son propre avantage : autrement, il est difficile d'éviter les désastres oix sont tombés ceux qui ont compté, pour réussir, sur les fautes de leurs adversaires. Cette doctrine se trouva justifiée dans l'attaque dont nous parlons : du moment où l'assaut fut décidé, il fallait au moins diriger sur la brèche tous les moyens d'artillerie qui pouvaient y arriver, afin de détruire les nouveaux ouvrages que la garnison y avait construits, On ne le fit pas. On était tellement persuadé de la réussite de cette tentative, que l'on crut inutile d*en prévenir le général en chef. On n'a jamais su positivement ce qui pouvait inspirer tant de^ confiance ; car les travaux d'approche étaient peu avancés; il n'exis* tait pas de couronnements de chemin couvert, ni

(l*établissements successifs se protégeant mutuellement ; la descente de fossé n'était pas faite ; on n'était même pas maître d'une bonne demi-lune couvrant le front d'attaque dont les défenses étaient encore entires; enfin, on n'avait pas contre*battu suffisamment les feux de flanc qui voyaient la brèche, quoique dans la dernière reconnaissance on se fût convaincu qu'ils n'étaient pas éteints. Ainsi, un mépris déraisonnable pour la garnison mena, selon nous, à l'oubli des principes salutaires confirmés par l'expérience de près de deux siècles.

Le 8 juillet, à trois heures du matin, les colonnes d'assaut furent formées, et composées^ulemegat de compagnies d'élite de la division de siège : de sorte que les troupes dirigées par des officiers supérieurs qu'elles ne connaissaient pas, et dont elles n'étaient point connues, ne pouvaient avoir ni l'ensemble ni l'esprit de corps si nécessaires en pareille circonstance ; de plus, elles étaient à jeun et très-fatiguées par une marche . de nuit toujours pénible. On plaça à la tête de la première colonne itfie compagnie de sapeurs et une d'artillerie portant des grenades.

A quatre heures moins un quart, la colonne se

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