‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 68 sur 120 · CHAPITRE SEPTiiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTiiME

mit en mouvement à plus de cent cinquante toises de la brèche ; elle traversa cet espace rapidement et sans essuyer de grandes pertes : la violence des feux de l'ennemi, que l'obscurité ne lui permettait pas de diriger , surtout de loin , ne fit que précipiter le mouvement; on eut quelque peine cependant à empêcher le tiraillement des voltigeurs. Les grenadiers étaient au centre ; les sapeurs, à la tête de la colonne, se jetèrent dans le fossé avec les voltigeurs et les canonniers ; de là, suivis de toute la colonne, ils gravirent la brèche et forent arrêtés au haut par un parapet de sacs à terre, devant lequel se trouvaient des chevaux de frise; resserrés entre la brèche et l'escarpe intérieure du rempart du bastion, ils essayèrent vainement de briser les lances des chevaux de frise ; fusillés à bout portant, dans cet espace étroit, les premiers furent bientôt renversés ; et les soldats, voyant tomber leurs chefs, entre autres le commandant du génie Fleury , se trouvant sans ordre et sans direction, furent forcés à la retraite : on les ramena cependant une seconde fois, mais on n'^obtint d'autre résultat que la continuation du carnage.

Les troupes, après avoir fait des prodiges de

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valeur et de patience, recommencé plnsieurs fois une attaque aussi meurtrière, souffert pendant plus d'une heure, sur la brèche, les feux de flanc du bastion A, et ceux à revers du chemin couvert et de la demi-lune, se retirèrent avec uneperte d'environ neuf centsi hommes hors de combat.

Après l'assaut, le fortin Saint-Jean, occupé par les Espagnols, sauta par l'explosion d'une bombe ou par la négligence de ceux qui avaient le maniement des poudres, et ensevelit toute la garnison sous ses ruines. Cet événement fut pour nous une espèce de compensation du revers qui' nous venions déprouver.

Le siège fut ensuite conduit avec toute la prudence qu'on pouvait désirer; et l'on avait d'autant plus lieu d'espérer que la nouvelle marche qu'on venait d'adopter serait suivie jusqu'à sa conclusion, qu'elle ne tarda pas à être couronnée du succès le plus complet; mais les conseils de Texpérience sont trop souvent inutiles, et ses leçons d'un effet peu durable : on eut encore, comme on le verra plus tard, une nouvelle preuve de cette vérité.

Depuis trois jours, les troupes ennemies, campées près d'Hostalrich, att^iquaient continuelle-

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