‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 7 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et la retraite de Valence, qu'elle ne contribua pas moins que les renforts envoyés en Espagne à la destruction de leurs armées et à renvahissement datent le royaume \ Les tètes les plus sages n'étaient pas même à l'abri de la contagion ; il n'était plus question de défendre le pays, mais d'entrer en France.

En arrivant à Perpignan , le général en chef crut que c'était par oubli ou par imprévoyance que rien n'était préparé pour le service d'une armée qui devait tirer tous ses moyens de cette ville, base naturelle de ses opérations en Catalogne; il profita du temps qui devait s'écouler pendant la marche des troupes d'Italie vers les Pyrénées, pour faire connaître au ministre de la guerre et au major général les besoins urgents de l'armée ; il réitéra même plusieurs fois ses ré-

< L'enlhoosiasme est, selon nous, un auxiliaire mauvais ou

d*one utilité médiocre^ il est même quelquefois dangereux; s*il

est bon de Fexeiter pour Taclion d'un moment^ il est toujours dé-

saTantageux de le faire pour une opération de quelque durée ;

car 8*il ne réussit pas, le découragement lui succède. La persé-

téranee est une qualité bien supérieure, elle tient lieu d*abord

du courage qui naît ensuite de Tbabitude des dangers : c*est k

die que TEspagne dut son salut ; elle répara les désastres causés

par l'enihousiasme.

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clamations auxquelles ih répondirent comme s'ils ne les avaient point lues, demandant des renseignements sur les mêmes objets qu'on sollicitait avec tant d'instance.

Les réponses du major-général paraissaient une dérision, et n'étaient cependant l'effet que d'une blâmable négligence ; on ne craignit pas de la lui faire trop sentir en lui renvoyant copie des premières lettres : mais il ne les lut probablement pas davantage, car il demanda de nouveau les mêmes renseignements; de secondes copies tinrent lieu de réponses. On n'assurera pas qu'elles aient eu un meilleur sort.

Le temps s*était rapidement écoulé et perdu ; les troupes d'Italie arrivèrent successivement. Tout ce qui était nécessaire à leurs besoins manquait ; les hôpitaux étaient dépourvus de tout ; les hommes n'avaient ni capotes, ni souliers, ni effets de campement ; les chevaux, point de fourrages ; il ne se trouvait pas, enfin, une voiture couverte pour transporter seulement la charpie et les médicamentSy à plus forte raison n'y en avait-il pas une qui appartint à l'armée pour transporter des farines ou du pain. Ces objets manquaient-ils en France 7 non ; les bataillons du train des équî*

GHAPITEB PKBMUB. 3S

pages encombraieiit la route d'Espagne, maia la route par Rayonne, celle où marchait Napoléon. U ne fallait que de l'argent pour se procurer tous ces objets. On croira peut-être que Perpignan était dénué de fonds 7 non, les caisses du payeur en regorgeaient ; mais on ne pouvait obtenir du ministre l'ordre d'en affecter la moindre partie aux plus pressants besoins de l'armée. Il fallut bien dès lors se convaincre que l'on ne voulait point mettre cette petite armée en état d'obtenir quelques succès^ puisqu'on lui refusait non-seu-* lement les objets les plus nécessaires, mais en** core les plus indispensables à son existence S

A mesure que les événements de la campagne qui va s'ouvrir se développeront davantage» on pourra moins échapper à la pensée que Napoléon, avec sa force immense, a été assez faible pour ne vouloir que des succès obtenus par lui-même, ou du moins sous ses yeux. Autrement on eût dit qne la victoire était pour lui une offense ; il en voulait toujours à la fortune quand elle favorisait les armes d'officiers qui ne lui devaient pas leur élévation.

Les troupes venant d'Italie commencèrent à

« Voir pièeet jMilkatiTes» n* d.

arriver à Perpignan, le 14 septembre, et les colonnes se succédèrent jusqu'au 28 octobre que la dernière, composée du train d'artillerie» apporta les munitions nécessaires pour entreprendre les opérations.

Le général en chef, n'ayant pu obtenir ni fourgons, ni autres voitures quelconques pour le transport des vivres ou pour tout autre service, fut obligé d'en requérir, comme en pays ennemi, dans les départements voisins, qui fournirent naturellement ce qu'ils avaient de plus mauvais en charrettes, chevaux et mulets de bftt; les conducteurs furent plus mauvais encore, parce qu'on les prit dans le rebut de la populace des villes. Mais on était pressé par le temps ; on n'avait recouru à un aussi mauvais parti qu'après avoir acquis la certitude qu'il n'y avait pas d'espoir d'obtenir quelque chose du gouvernement : encore les mulets, conduits par des hommes non accoutumés à les soigner, n'arrivèrent-ils que trop tard, et en partie seulement, car beaucoup des conducteurs avaient déserté, emmenant les bétes de somme qui leur étaient confiées.

Depuis le 12 octobre, la cavalerie avait été renvoyée en Languedoc, à cause du manque absolu

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