‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 8 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de foorrages dans le département des Pyrénées- Orientales, l'un des plus petits du royaume et oà, comme on l'a déjà dit, rien n'avait été disposé ni prévu pour la nourriture des chevaux.

Napoléon, étant arrivé à Bayonne, transmit l'ordre d'entrer en Catalogne du 8 au 10 no-* vembre. Il donnait, selon l'expression de sa lettre, carte blanche au général en chef| le laissant ainsi mattre de ses plans ^ Mais le général en chef avait toujours présent à l'esprit ce qui lui avait été recommandé à Paris, la conservation de Barcelonne, et sa tâche lui paraissait bien difficile, pour ne pas dire impossible à remplir, surtout avec le peu de moyens qu'il avait à sa disposition relativement aux avantages de l'ennemi. Après avoir fait toutes les observations possibles, il se soumit à tenter la fortune.

Les forces espagnoles étaient partagées en trois armées : la première sous le commandement du marquis de la Romana, formant la gauche et s'appuyantà la mer océane, vers Bilbao; la seconde, sous les ordres de Castunos, vers Tudela, sur les frontières de la Navarre et de l' Aragon, ayant une réserve à Sarragosse, sous les ordres

« Voir pièces justificatives, n* 7.

de Palafox; et la troisième en Catalogne, avec don Juan Vives, qui venait de remplacel* le marquis del Palacio : indépendamment de ce général en chef, Saint-Narcisse avait été, par un décret de la junte, nommé généralissime des armées de terre et de mer^ Les Espagnols avaient réparti leurs armées à peu près comme dans la guerre précédente ; ils ne s'attendaient pas que Napoléon entrerait par la Biscaye, avec tout ce qu'il tirait d'Allemagne.

L*armée française étant réunie à ce que le roi Joseph avait conservé de troupes, les Espagnols eurent sur les bras, peut-être sans s'en douter, entre Bilbao et Tudela, les six premiers corps d^armée et la nombreuse garde de l'empereur, composée, comme on le sait, des troupes les meilleures et les plus aguerries de l'Europe.

En Catalogne, ils avaient à combattre les huit mille hommes renfermés dans Barcelonne, sous les ordres de Duhesme, les quatre mille commandés par le général Reille, dans Figuîères, plus les renforts arrivant d'Italie et consistant dans les divisions Souham et Pino, non compris

* Voir pièoos jvstificaiiim, «* S.

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