CHAPITRE RUiniMJt* S
importantes* Dans cette situation, une augmentation des troupes lui deviendrait plus funeste qu'utile, en consommant plus promptement ses vivres et abrégeant d'autant la défense de la place ; tout ce que nous pouvions raisonnablement espérer, se bornait donc à n'être pas obligés de nous retirer et de lever le siège.
Le général en chef, étant rentré à Fornells, où son quartier général était établi depuis le 10 août» apprit les détails de l'affaire qui avait eu lieu dans la matinée en avant de Bruâola ; un bataillon du premier régiment d'infanterie légère s'y était couvert de gloire» en résistant, dans plusieurs attaques réitérées, à sept bataillons de l'avantgarde ennemie, commandée par le brigadier O'Donnell, qu'il avait enfin culbutés et mis en déroute au moyen d'une charge à la baïonnette. Tune des plus audacieuses que l'on ait jamais exécutées ^ Le général en chef craignit dès lors que la brillante conduite de ce bataillon ne nuisit à ses projets, en intimidant l'ennemi ; tant d'intrépidité avait pourtant rendu un grand service, attendu que les troupes étaient entièrement disse*
< Voir pièce» josliieaiivM, n* 36, et l'eitraii du rapport d*0*nonnel au n« 39.
minées, et qu'elles ne commencèrent les mouvements pour se rassembler que pendant les attaques de l'ennemi sur ce bataillon; mais vers le soir, le général en chef lui envoya l'ordre de se retirer sur la rive gauche de ro&a, espérant, par ce mouvement rétrograde, diminuer l'effet que sa bravoure avait produit sur les Espagnols qui paraissaient venir à nous par obéissance plus que par enthousiasme.
La certitude de cette* répugnance de l'ennemi pour une affaire générale, décida le général en chef à s'exposer à être attaqué pendant le moovement qu'il faisait faire à ses troupes pour les réunir sur TOûa, en avant de Gironne, malgré le conseil plus prudent qu'on lui donnait d'opérer ce mouvement de concentration sur la rive gauche du Ter; les officiers qui pensaient ainsi supposaient que l'opération principale de Blake aurait lieu sur cette rive et comptaient la communication de son armée avec Gironne pour peu de chose, comparativement aux malheurs qui pouvaient résulter d'une attaque sur le septième corps pendant son mouvement, si le général espagnol la faisait avec tous ses moyens, l'ensemble et la décision nécessaires.