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dant l'affaire si quelque événement l'y forçait. A la pointe du jour, un brouillard qui B'éle-vait, tous les matins, depuis quelque temps, empochait de distinguer un homme à vingt^^inq pas ; le général en chef, qui avait compté sur cet auxiliaire, fut très-satisfait d'un retard de quelques heures , qui favorisait l'arrivée des troupes de la division Pino. Un maréchal de camp français qui commandait l'avant-garde en avant de rOfla, sur la route d'Hostalrich, mandait, vers neuf heures du matin, qu'il ne voyait pas l'ennemi, mais qu'il en était si près qu'il l'entendait parler; il distinguait même, disait-il, le langage des troupes : d'après une assurance aussi posi-
tive, nous ne doutions pas que nous serions attaqués incessamment. Le mouvement de concentration, commencé la veille, allait ôtre terminé dans quelques heures; et l'ennemi, qui connaissait la manière dont nous étions disséminés, avait déjà perdu une grande partie de ses avantages en différant son attaque : le 30 août, il était sûr du succès; le f septembre, dans la matinée, il devait déjà moins y compter, parce qu'il avait devant lui douze mille hommes rassemblés. S'il eût débouché la veille avec la décision que I'qb
doit employer en telle circonstance, il serait arrivé devant Gironne sans avoir trouvé deux mille hommes à combattre ensemble ; le général français eût été obligé de changer à la hâte son point de concentration, et au lieu de réunir ses troupes, comme il le fit, une lieue et demie en avant de Gironne, il eût dû le faire en arrière de cette ville.
Vers onze heures du matin, le brouillard ayant disparu, nous aperçûmes Fennemi assez loin de nous, et dans la même position que la veille. On ne savait qu'imaginer, et l'on était assez mécontent de ce retard; d'^abord, parce que les troupes, malgré leur infériorité numérique, étaient extrêmement bien disposées ; il y avait si longtemps qu'elles n'avaient pu trouver l'occasion de combattre l'armée ennemie, que Tespérance qu'elles en avaient dans ce moment avait fait régner parmi elles, pendant toute la durée du brouillard, une joie éclatante, universelle et d'un heureux présage; ensuite, parce qu'on leur avait distribué les deux jours de biscuit de réserve qui restaient ; qu'on allait être obligé , faute de vivres , de les disséminer de nouveau dès le su^ lendemain, et qu'on ne pouvait sans crainte d'évé-
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nements fâcheux sur les attaques de Gironne, gar* der plus de douze heures les troupes que Verdier avait amenées sur la rive gauche de la rive droite du Ter.
Cette division seule était nourrie par la France, le gouvernement ne voulant rien faire pour les autres, et les transports fournis par les départe-* ments suffisant à peine pour les différents services d'un si^ dont les communications avec la frontière étaient si difficiles, et diminuaient tous les jours par les événements de la guerre.
Vers midi, le général en chef fit, avec le général Souham, la reconnaissance de la ligne ennemie, et fut bientôt convaincu qu'elle était décidée à rester dans sa position, au moins pour la journée : on ne savait à quoi attribuer cette immobilité. Par le moyen des correspondances interceptées, on connaissait les ordres positifs et pressants adressés au général BlakeS et Ton croyait être sûr qu'on avait retiré le commandement de la Catalogne au marquis de Coupigny, parce qu'il avait été d'avis qu'il ne fallait pas livrer aux Fran* çais une nouvelle bataille en rase campagne. Faute de meilleurs renseignements, on supposa que
< Voir pièces josUÛf alives, n* 37«
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rartillerie ennemie, ne pouvant arriver et joindre le gros de Farmée, qui venait de Vich, que par la grande route d*HostaIrich, avait éprouvé un retard quelconque qui ferait peut-être différer Tattaque d'un jour. Voyant les Espagnols prêts à commencer leur retraite, à nos moindres manœuvres, qu'ils prenaient pour des mouvements offensifs, nous nous fortifiâmes dans Tidée qu'ils attendaient quelque chose, ou voulaient nous attirer plus loin de Gironne pour faciliter quelque mouvement sur nos derrières, et que, dans l'une ou l'autre de ces suppositions, ils ne voulaient pas combattre ce jour-là : nous fûmes ainsi forcés de remettre nos craintes et nos espérances au lende« main, et de voir prolonger la pénible incertitude que nous nous étion% flattés de voir cesser dans la matinée.
Le général en chef revenait à Fornells, son quartier général, vers trois heures de l'après-midi, assez mécontent de voir consommer un jour de vivres sans avoir rien fait. En entrant dans le vil* lagQ, il fut extrêmement surpris de le voir en- Qombré par la division Lecbi, fuyant en déroute sans savoir oh elle allait, et sans avoir seulement prévenu le général Verdier, qui pouvait avec tant
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de fSacilité lui prêter des secours dont elle n'aurait pas même eu besoin, si elle s'était tenue sur sea gardes au lieu de se laisser surprendre. Cette division, commandée par Millossewitz, en Tabsence de Lechi, devait rendre compte à Verdier, qui était sur la route de Barcelonne, et dont elle couvrait les derrières à la distance d'environ une lieue et demie, des mouvements de la garnison de Gironne à l'extérieur de la place, ou des mouvements des troupes de l'extérieur se portant sur elle , afin de mettre ce général à même d'agir selon les circonstances et de prévenir le général en chef.
Une colonne ennemie, forte d'environ quatre mille cinq cents hommes, et conduisant à peu près mille bêtes de somme, ânes ou mulets chargés, pour le compte des particuliers ou du gou«vwnement, de comestibles et de munitions de guerre, avait commencé à déboucher des montagnes de très-grand matin, et peu de temps après le moment où des troupes de Verdier avaient passé dans le village de Sait, pour aller prendre position sur la route de Barcelonne. Cette colonne, favorisée aussi par le brouillard, venait de traverser des sentiers si difficiles, qu'elle
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avait mis plus de trois heures à déboucher et à se former derrière la division Lechi, qui, malgré le mouvement bien connu de l'ennemi pour venir au secours de Gironne, n'avait pas un poste ni une patrouille derrière elle, du cdté par lequel il pouvait arriver : cependant les généraux n'ignoraient pas que de toutes parts il se dirigeait sur la place ; mais ils étaient mal portants, comme la plus grande partie de l'armée. C'était le jour de fièvre de Millossewitz, et Ze* nardi qui le remplaça dans la soirée n'était guère mieux. Dans cet état, on est bien excusable si l'on ne met pas dans son service toute l'activité nécessaire.
L'ennemi, ayant débouché des montagnes un à un, et ayant pris tout le temps qui lui avait paru nécessaire, sans rencontrer le moindre obstacle, se dirigea sur Gironne ; la division Lechi, forte de sept petits bataillons, et d'un r^iment de cavalerie, ne s'aperçut de ce mouvement qu'aux premiers coups de fusil qui lui arrivèrent. Le colonel Banko, commandant les escadrons des chasseurs du prince royal, eut seul assez de présence d'esprit pour exécuter une charge ; mais n'étant point soutenu par les bataillons, qsi
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rayaient eu désordre, il fut bientôt ramené» et suivit le mouvement de l'infanterie qui, dans sa frayeur, ne s'aperçut qu'elle se sauvait sur la place de Gironne que quand la garnison eut fait feu sur elle ; alors elle se rejeta sur sa droite, occupa un moment les hauteurs de Palau ; se mit À fuir de nou veau jusqu'àFornells, oti le général en chef la rencontra, allant, sans savoir oi!i elle se dirigeait, ne devant pas tarder à dépasser la ligne de nos avant-postes et à se trouver, de cette manière, au milieu des troupes espagnoles, au moment oh elle eût cru être en sûreté. Le général en chef Tarrêta et la renvoya de suite, d'abord sur les hauteurs de Palau, et de là à sa position de Sait, en la faisant soutenir par un bataillon du sixième riment italien, pris à la gauche de la division Pino. Le général en chef avait prévenu en même temps le général Verdier de ce qui se passait derrière lui, en lui ordonnant de rétrograder, de se rapprocher de la plaine devant Gironne, et de rétablir les choses telles qu'elles étaient avant réchauffourée qui venaitd'avoir lieu. Si les fuyards s'étaient dirigés de son côté, comme leur sûreté le leur prescrivait, Verdier serait arrivé à temps pour détruire la colonne espagnole; mais leur
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surprise leur avait, comme on l*a vu, fait perdre la tête ; de sorte que ce général fat averti de la terreur panique et de la déroute de ses troupes italiennes icois heures plus tard qu*il ne l'aorait été, si elles l'eussent prévenu directement aussitôt qu'elles découvrirent Tennemi.
Cependant, malgré tous ces retards, il rejoignit encore la queue de la colonne, eut un engagement avec elle, lui tua du monde et fît des prisonn^, au nombre desquels se trouva le colonel du riment de Baza. On peut se faire une idée de ce que serait devenue cette colonne, si la division Lechi n'avait pas été surprise, ou du moins si elle se fât battue comme elle le devait, au lieu de fuir : elle était à la vérité inférieure en nombre à Tenneini ; mais celui-ci était très-embarrasé du convoi qu'il devait protéger, et dont la garde diminuait sein siblement le nombre d'hommes qu'il pouvait efl* gager au combat; puis, il était sans artillerie, et la division italienne avait la sienne : d'ailleurs, l'exemple donné la veille à Bru&ola, par un bataillon du premier régiment d'infanterie l^re, pouvait et devait même être imité, car nons étions partout inférieurs en nombre à Tennemi. Le général qui commandait la division Lechi preteu-