‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 76 sur 120 · CHAPITRE nrmliiB. 9t · texte numérisé non relu

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dit qu'il n'avait pas été surpris ^ et qu'il était resté, avant de se retirer, deux heures en face de l'enneiDi; combien alors il a dû regretter de n'avoir point prévenu le général Verdier, de qui il recevait les ordres ^ et qui, en position sur la route d'Hostairich, en arrière d'Ostalnou, était seulement à la distance d'une heure et demie de marche pour un piéton, et de trois quarts d'heure pour un homme monté ! Il dit dans son rapport qu'il était midi quand il apprit que les colonnes espagnoles descendaient des hauteurs de Bes* caAo ; avant une heure, le général Verdier devait donc en être instruit; à deux heures et demie, il eftt pu attaquer la colonne ennemie avec quatre mille hommes qu'il avait amenés, et qui n'étaient plus indispensables depuis la réunion complète de la division Pino et l'immobilité prononcée de l'ennemi. Le général Sonham, s'il avait été averti, aurait pu aussi détacher de sa droite des troupes sur Bescafto, et alors la colonne ennemie et son convoi fussent infailliblement et en entier tombés en notre pouvoir ; mais Millossewitz n'ayant prévenu personne , le convoi pénétra dans la place sans accident, et précisément par le point où l'on

« Voir pièces JnslificaiiveK, n** 38.

360 CAMPAfiirB DE CÂTÂL06NB.

avait laissé sept bataillons et trois escadrons formant encore 2,000 hommes, nombre suffisant pour défendre le débouché de la vallée, sur la rive droite du Ter.

Yerdier reçut Tordre de reprendre ses positions sur la rive gauche, attendu que sur cette rive les miquelets et somatènes de Glaros et Rovira, devenus plus hardis par la déroute de Sait, commençaient à tourmenter les troupes chargées de garder les attaques, et en général tous les établissements du siège, etc. Le général Yerdier repassa donc le Ter, et retrouva à Saria tout dans le même ordre où il l'avait laissé. Gomme ce si^ était très-fatigant pour la division qui en était chargée, elle rentra dans ses positions avec le d^ût le plus marqué, et Ton eut beaucoup de peine à loi faire reprendre sérieusement ses travaux.

Le général en chef se décida à profiter du seul jour de biscuit qui restait à ses troupes, pour attaquer le lendemain l'armée espagnole, si, dans la matinée, elle ne nous attaquait pas ellemême. Il ne pouvait plus tenir ses troupes assemblées , au delà de ce jour, faute de vivres pour les hommes, et de fourrages pour les chevaux.

Le lendemain, 2 septembre, les vingt et un ba-

€aAPITRE HUITliME. 261

taillons réunis à Hostalnou sur l'OAa attendirent Tainement l'attaque de Fennemi. Sur les dix à onze heures du matin, le général en chef voulut le tàter pour s'assurer s'il tiendrait au moins dans la position qu'il avait prise au débouché des montagnes, et, dans ce cas, l'y attaquer; mais le général Blake ne parut pas plus décidé que la veille; il avait avec lui tout ce dont il pouvait disposer de troupes, de miquelets et de somatènes» dans toute l'étendue de son gouvernement, consistant, comme on l'a dit, dans les provinces d'Arragon» de Valence et de Catalogne; malgré les supplications du gouverneur de Gironne , des Juntes de Ja province et l'ordre de celle de Cadix, il n'osa pas attaquer vingt et un petits bataillons réduits par les maladies à un effectif d'environ huit mille hommes en état de combattre ; aussitôt qu'il vit les colonnes françaises s'ébranler, il rentra, en toute hâte, dans les montagnes, où le général en chef ne jugea pas à propos de le suivre, par le manque total de vivres qu'il y eût éprouvé, indépendamment des dangers que son éloignement aurait fait courir aux malades laissés dans les camps.

Blake fut très-satisfait de ses opérations ; il en-

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voya à la Junte un brillant rapport* , et crut presque avoir sauvé Oironne, en jetant dans la place pour six ou sept jours de Tivres.

Il y avait pour le généra] français nécessité de combattre et de plus nécessité de vaincre, ou tout au moins d'éloigner l'armée espagnole, dont la présence, aussi près de Gironne, donnait <ux assiégés trop de motifs de confiance, et doublait leurs efforts et leur, courage. Nous n'avons point compris les raisons qui empêchèrent le général espagnol d'^attaquer les Français; il n'avait, suivant notre opinion, que des avantages à espérer, sans inconvénients à craindre : il devait donc désirer une bataille tout autant que nous-mêmes. Nous convenons cependant qu'il n'était pas, ainsi que nous, sous Tempire de la nécessité; mais quels avantages en résultaient aussi pour lui, s'il parvenait à battre le faible corps qui lui était opposé! deux heures après, Gironne était délivrée; les Français avaient fait en pure perte, depuis trois mois, une consommation immense et irréparable d*hommes et de munitions : tandis que, si les Espagnols ne réussissaient pas dans cette attaque, ils

* Voir pièces justificatives, ii*39.

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