CHAPITRE X
Âssaul donné à Gironne. — AUaque et prise, sous les murs de cette place, d*un convoi considérable qui lui était destiné. — Attaque de Tannée du général Blake; sa retraite précipitée; déroute d'une partie de ses troupes. — Le général Saint-Gyr quitte le commandement du septième corps. —-Aperçu rapide de la suite des opérations militaires en Catalogne.
Le 19, les troupes de la division Pino ayant pris position autour de GiTonne, et relevé celles de Verdier qui, de cette manière, se trouvaient toutes dans les mains de ce général, pour attaquer la place, Pino fit effectuer par la brigade Mazuchelli une fausse attaque au pied des murs, du côté opposé à celui oîi devait opérer Verdier, afin de soulager ses troupes en attirant sur un autre point une partie de l'attention et des forces de l'ennemi.
Souham avait sa division rassemblée, pour contenir le général Blake aussi longtemps qu'il le pourrait, s'il descendait de ses montagnes; ou, dans le cas contraire, pour renouveler le soir ou
dans la nuit un assaut, si celui qu'on allait livrer
manquait par défaut de vigueur de la part des troupes.
A quatre heures de l'après-midi, les colonoes de Verdier débouchèreot ; les officiers qui les conduisaient avaient été chargés par lui de reconnaître à l'avance les chemins par lesquels elles devaient arriver aux brèches. Tois s'avancèrent, du couvent de San Daniel, par le seul chemin praticable pour y parvenir ; après avoir traversé le vallon du Galligan, elles furent accueillies, comme elles débouchaient, par un feu effroyable partant de toutes les défenses de la place qui, malgré les efforts de notre artillerie, n'étaient pas détruites, des flancs qui étaient encore en bon état, et surtout du fort du Calvaire, qui n'avait pas été enlevé.
Les troupes étaient bien disposées ; elles arrivèrent au pied des murs ayec assez d'ordre et d'intrépidité, malgré qu'elles eussent deux cents hommes hors de combat avant d'y être parvenues. Elles restèrent une heure et demie sous le feu le plus vif, sans réussir à s'emparer des brèches, sur lesquelles quelques hommes d'une adresse extraordinaire purent seuls pénétrer ; encore leur fut-il impossible de s'y maintenir, par la fusillade qu'ils