CHAPITRE DIXIÈME
essayaient à boyt portant des ouvrages que l'ennemi avait construits un peu en arrière, et des maisons voisines. Le reste des assaillants ne les soutint pas, n'ayant pu surmonter les mêmes difficultés. Il est même fort douteux, si un plus grand nombre fût parvenu à escalader les brèches, qu'ils eussent réussi à vaincre les obstacles qui les y attendaient encore, entre autres, celui d'un ressaut à franchir, provenant de ce que notre artillerie avait commencé à battre les murs trop haut, au lieu de les frapper au pied. Après être revenues trois fois à la charge, nos troupes renoncèrent à une entreprise dont l'exécution leur parut impossible, et se retirèrent avec une perte considérable ^
Le général en chef, immédiatement après cette tentative, réunit les officiers du génie qu'il avait chargés d'examiner les détails de cette affaire, pour les consulter sur la possibilité de s'emparer des brèches avec d'autres troupes. Leur avis fut tout à fait négatif*. Celui des généraux Pino et Souham« appelés à cette réunion, fut que les assaillants avaient fait tout ce qu'on pouvait en
< Voir pièces jastificaiives, n"* 46.
* Voir pièces justiftcstites, n* 47.
espérer, et qu'il leur paraissait ténjéraîre de tenter une nouvelle attaque de vive force, avant que lartillerie eût détruit les défenses et contrebattu une partie des flancs d'une manière pins efficace.
Le général en chef, partageant cette manière de voir, résolut que l'on continuerait les travaux du siège, malgré le peu de moyens qui restaient en munitions, afin de conserver au moins une apparence de constance, et de ne point décourager nos soldats, dont les souffrances et les privations étaient si grandes. Il voulait que l'on profitât du noble exemple de patience que nous donnaient les Espagnols, auxquels, pour réussir et vaincre leur résistance, il fallait nous montrer supérieurs en tout. Ses sollicitations furent inutiles; il ne put rien gagner. On persista à lui répondre que toutes les ressources étaient épuisées; on rejeta en outre l'insuccès de la journée du i9 sur le manque de vigueur des troupes. Ce reproche excita leurs justes réclamations '. D'ailleurs l'affaire avait eu lieu en plein jour; la plupart des officiers généraux de l'armée avaient été témoins de leurs ef-
Voir ptèce<( juslificolives n<> 48.