‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 85 sur 120 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

forts, et leur rendirent, ainsi que l'ennemi luimême S la justice qu'elles méritaient.

Le généra] en chef dut s'arrêter au seul moyen qui lui restât : celui d'attendre du temps et de la persévérance la soumission d'une ville qui ne pouvait plus être réduite que par le manque absolu de vivres, toutes les munitions dont on avait pu disposer à Perpignan et dans les autres villes frontières ayant été consommées. De plus, on savait que la place était affamée; que tous les jours on relevait dans les rues des cadavres d'hommes et de femmes morts d'inanition ; que les maladies^ suites inévitables de l'extrême misère qui y régnait, faisaient d'affreux ravages; enfin, que la garnison était aussi convaincue que nous-mêmes que le général Blake verrait, des hauteurs au delà de Santa Coloma, la détresse et la courageuse résignation des défenseurs de Gironne, sans se mouvoir ni rien tenter pour leur délivrance.

Le général en chef employa dès lors tous ses moyens à resserrer plus étroitement le blocus, se donnant pour auxiliaires le temps, la fièvre et la famine.

^ Voir pièces justiflcatives^ n^ 4O.

Depuis le 20 jusqu'au 25 septembre, le géuéral Blake fut continuellement en mouvement autoor de Gironne, menaçant de nous attaquer, aujourd'hui sur un point, demain sur un autre. Il n*avait cependant aucun projet de hasarder quelque chose d'important pour sauver la place. Il recourait à la ruse, afm de nous entraîner dans quelque faux mouvement, à l'aide duquel il pût y introduire un autre convoi , bien plus considérable que celui du 1*' de ce mois. Il le promenait depuis quelque temps autour de nous, à portée des points qu'il semblait menacer d'une attaque ; mais ses plans étaient jugés. Il n'avait pas proGté de l'occasion avantageuse que la fortune lui avait oflerte le 30 août, de combattre l'armée française, pendant son mouvement de concentration sur Hofrtalnou, ni depuis, dans les journées des T' et 2 septembre. Il venait encore de voir, des positions qu'il occupait, livrer l'assaut du 19, sans descendre en plaine pour secourir Giron ne, qu'il devait croire sur le point de succomber. De sorte que l'on était de plus en plus persuadé qu'il se bornerait à essayer de jeter un nouveau convoi de vivres dans la place, en évitant un engagement général.

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