‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 87 sur 120 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

le bataillon précité, après avoir opposé seulement la résistance convenue, changea de front, Taile droite en arrière, et se reploya un peu. Les six bataillons d*avant-garde, commandés par le brigadier Henry O'Donnell, traversèrent les camps de ces troupes, en incendièrent les baraques, et continuèrent leur marche sur la ville, où ils comptaient entrer avec le convoi qu'ils couvraient sans rencontrer d'autre obstacle ; mais ils furent forcés, peu d'instants après, de se jeter dans les forts du Connétable et de la Reine Anne, pour se soustraire à l'attaque de l'adjudant-commandant Devaux, qui, avec le quatrième bataillon du soixante-septième régiment d'infanterie, sur Tordre du général en chef, avait pris la colonne par son flanc gauche, culbuté et tellement pressé les volontaires de Tarragone, formant son arrièregarde, qu'il joignit la tête du convoi au moment ou le dernier peloton de l'avant-garde et les premiers mulets arrivaient sous le fort du Connétable'.

* L*aUJM|iie do 67* fut si opiniâtre, que le chef de bataillon Besnay joignit le commandant des volontaires, se battit corps à corps avec lui, entre les deux troupes alors sur le point de croiser la baionnetlej et le blessa grièvement de plusieurs coups de babre.

Le général Mazuchelli soutint, avec le premier régiment d'infanterie légère italien, Tattaque du soixante-septième. Il était soutenu, à son tour, par les trois bataillons et l'escadron précédemment à la Bisbaly que Fontane avait amenés de Sait, oii ils étaient depuis quelques jours.

Le sixième régiment italien et le bataillon du septième, qui, selon leurs instructions, s'étaient reployés dans la direction de San Miguel, après avoir défendu le terrain assez longtemps pour que Tadjudantr-commandant Devaux pût joindre les troupes d'O'Donnell, revinrentaussitôt à la cbaige avec tant d'intrépidité, sur le flanc droit de la colonne, que cette attaque, jointe à celle que Mazuchelli effectuait dans le même moment sur la tète du convoi, l'obligea de rétrograder rapidement; mais ce mouvement ne continua pas. On entendit bientôt le feu du général Pino qui, d'après les dispositions ordonnées la veille, attaquait les troupes qui en couvraient la queue.

La confusion se répandit alors dans la division Wimffphen, et tarda peu à se communiquer au reste de l'armée espagnole, avantageusement placée pour le protéger.

Les cris de vive Ferdinand ! vive l'immortelle

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Giroone ! proférés par les troupes de l'avantgarde en entant dans les forts, en signe de la victoire qu'elles croyaient avoir remportée, ne se faisaient plus entendre ; un morne silence avait succédé parmi elles à l'expression d'une sorte de frénésie ; elles virent de ces forts, où elles avaient trouvé un refuge, la destruction du convoi confié à leur garde, et cela, sous la mitraille de leurs batteries. Le gouverneur de Gironne, si intéressé à sa conservation, et renforcé alors de 3,000 hommes d'O'Donnell, n'osa non plus sortir des murs pour tenter de le défendre.

Le gros de l'armée espagnole était resté en réserve sur les hauteurs de San Sadorni, près Santa Pelaya. Blake, en attaquant dans ce moment le général Pino, aurait pu obtenir sur-le-champ une affaire générale que la supériorité de ses forces semblait devoir lui rendre avantageuse ; mais il ne se décida pas à l'engager : il préféra conserver sa position, dans l'espoir que la division Wimffphen et son convoi pourraient se rallier à lui. Nos dispositions s'opposèrent à la réalisaiion de ces espérances. Le convoi et son escorte, coupés d'avec cette réserve par le général Pino, d'avec Gironne par Mazuchelli et Fontane ; pressés en

même temps en tête et en queue par ces gênérauXy et sur leur flanc droit par le sixième régiment, ne pouvaient plus compter s'échapper que par leur gauche, pour se sauver au travers de la plaine oîi ils n'apercevaient pas d'ennemis : mais ce mouvement avait été prévu ; ils vinrent tomber, en descendant des hauteurs de Palol, sur les baïonnettes d'une partie de la division Souham, embusquée dans la vallée de l'Ofta, entre Fornells et Palau, avec le deuxième régiment de chasseurs italien; l'autre partie de cette division, dès le commencement de l'affaire, qui n'avait pas laissé une minute d'incertitude sur son issue, avait été

dirigée par le général en chef sur Caldas et Vîdreras, afin d'inquiéter la gauche du général Blake, de couper sa communication avec la forteresse d'Ostalrich, et de la forcer à la retraite en menaçant ses derrières.

Ce convoi tout entier tomba entre nos mains ; l'ennemi perdit plus de trois mille hommes. Les Italiens montraient depuis assez longtemps un acharnement extraordinaire ; dans cette journée ils se surpassèrent encore ; ils ne firent quartier à personne. A la vérité» ils étaient portés à ces excès en représailles du massacre aussi lâche

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