‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 90 sur 120 · CHAPITRE DUlllIK. 3|t · texte numérisé non relu

CHAPITRE DUlllIK. 3|t

dïïûê cette province remplit le but que l'empereur 8e proposait ; cependant elle n'empêcha pas les Bapagnola d'obtenir encore des succès, par* tiels à la vérité, mais brillants ; et s'ils ne purent s'opposer aux sièges de leurs places fortes dans la basse Catalogpae, ils s^emparèrent dans la haute, près des frontières de France, de la forteresse de Piguières, par un de ces coups de main tellement hardis, que la réussite seule peut les excuser. Sous les ordres du docteur Rovira, une poignée de paysans, inférieurs en nombre à la garnison, surprit les Français commandés par le général Guillot, et leur enleva cette place, l'une des plus formidables de l'Europe ^

La prise de Figuières avait été précédée par la malheureuse affaire de la Bisbal, oii O'Donnell, après un combat, fit prisonnière, en rase cam-

pagne, la brigade du général Schwartz, malgré sa proximité de Gironne, alors au prouvoirdes Français, et occupée par des forces assez considérables.

* Dans la première guerre de la liberté, en novembre I7S3, le doc de Bnmswicky avec bien plos de moyens, vonluty par une tsntative aussi téméraire, enlever la forteresse de fiitcbe, et n'en retira qo'one perte immense et la honte d'avoir manqué son entreprise, qu*un bataillon de volontaires, formant toute la garnison, parvint à faire échouer.

Les Espagnols osèrent plus : vers la fin d'octobre 1810, ils pénétrèrent, à différentes reprises, en France, brûlèrent des villages, etc.; Napoléon ressentit vivement cette insulte. Le maréchal Macdonald fut obligé de se rapprocher de Bellegarde pour venir, à la suite d'un long et trèspénible blocus, reprendre Figuières, pendant que le général Suchet continuait ses opérations à Taufane extrémité de la province et assiégeait Tanagone.

Le général De Caen succéda au maréchal Macdonald dans le commandement de la Catalogne. Vers le milieu de février 1812, le territoire français fut violé de nouveau par les Espagnols : leurs dévastations excitèrent les réclamations et les plaintes des préfets de TÂude et de l'Ariége, et du ministre de Tintérieur. Napoléon, outré de ces incursions répétées, fit témoigner plusieurs fois do mécontentement à son général, en lui ordonnant de sacrifier toutes les autres opérations à la défense du territoire, de marcher à cet effet avec toutes ses forces, et, s'il le fallait, de concert avec le corps que le général Reille commandait dans la basse Catalogne.

Le général De Caen, fatigué probablement de l'humeur qu'on lui témoignait, finit par proposera

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