‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 98 sur 120 · AFFAIRE DU 8 NOVEMBRE I80B · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU 8 NOVEMBRE I80B

Relation êipagnole, extraite de la Gazette mUitaire et poHtique de la principauté de Cataltfgne^ duià métnê m»i$.

Excellence 4 avant-hîer je formai le projet d'attaquer Tennemi pour bloquer de plus près la place de Barcelonne, et tâcher de lui couper sa retraite des portions extérieures qu'il occupait en dehors de cette ville; à cet effet, je divisai mes troupes en cinq colonnes : la première, sous les ordres du maréchal de camp don Grégoire Laguna, qui devait attaquer ce qu'il y avait à San-Andrés et à Hôrta; la deuxième, commandée par le colonel du régiment de Grenade, don Gaspard Gomez de la Sema, auquel devait se joindre, avec les troupes de Valldorex, k colonel don Gaétan Arzu, pour chasser l'ennemi des villages de Sarria et Gracia; la troisième, dirigée par don Carlos Montero, lieutenant-colonel de Soria, était destinée à tomber sur les derrières de l'ennemi par ses postes de Rosas et de la Pubilla Casa, où il avait de l'artillerie. Le colonel du deuxième régiment de Saboya, don Bmno Barrera, avec la quatrième colonne, devait appuyer l'attaque de la troisième. Ces deux colonnes étaient aous les ordres du maréchal de camp comte de Caldaguès, et la cinquième sous ceux du maréchal de camp don Carios de

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Witle, qui avait pour commandant en second le colonel du rëgimeat snisM de son nom, don Louis de Wimffphen, était desliiiée à déloger l'ennemi des villages de Comellà, Hospitalét et Sans.

Je m'étais porté de San Boy , avec le major général d'infiinterie, maréchal de camp, don Jayme Garda Coude ; le noaréchal des logis, général don Juan Casanova ; le commandant d'artillerie don Juan de Ara, et mes aides de camp, afin d'observer les progrès de l'attaque et de faire les dispositions convenables ; l'affaire fut engagée : les troi* sième et quatrième colonnes chassèrent l'ennemi dos postes de Rosas, Pubilla Casa, et même au delà de Sans : nos soldats arrivèrent jusqu'à moins de quinse cents toises des remparts de Barcelonne^ d'où quelques coups de cm* non furent tirés sur eux. La deuxième colonne arriva, presque sans trouver de résistance. Jusqu'à la tour de la Vice -Reine; elle n'eut à souffrir que quelques décharges de mousqueterie, l'ennemi n'ayant songé qu'à se retirer sons les murs de la ville.

La première colonne le chassa également de San-^n* dreo^ de San-Andrés et d'Hôrta« et prit position dans ces deux derniers villages : enfin la cinquième obtint le même avantage sur les postes de Comellà et d'Hospitalét ; mais ane pluie extraordinaire survint tout à coup ; les chefiB des colonnes ne pouvaient plus savoir quelles positions ils oc» capaient les uns et les autres; les munitions étaient hors d'état de servir. Je crus devoir ordonner la retraite, que je commençai avec la cinquième colonne d'Hospitalét, oâ

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je m'étais rendu avec mon état-major; la troisièine et h quatrième suivirent le mouvement jusqu'au point d'où elles étaient parties dans la matinée : la deuxième levist aussi, du point où elle était parvenue, se placer à San- Cugft, et la première resta dans les villages d'Hôrta et àe San-Andrés.

La journée n'eût rien laissé à désirer s*il n'était surveim un déloge ; mais enfin notre perte a été peu de cbose, comme le prouve l'état ci-joint, et celle des ennemis a été sans comparaison plus forte que la nôtre, d'après les déclarations des prisonniers et des déserteurs.

Le comte de Caldaguès annonce que les gardes wallonnes, commandées par leurs dignes officiers don IKchel Dumont, marquis de Salas, et don Fortuné Fleyres, méritent les plus grands éloges, et leur chef recommande beaucoup le soldat Pierre Villaseca et le caporal du r^* ment de Grenade, Aparicio Scelozar, qui s'est joint volontairement aux gardes waUonnes, se trouvant éloigné de son régiment : tous deux se sont spécialement distiagués.

Le commandant de Soria fait une mention particulière, parmi les officiers de ce corps, du lieutenant don Antoine Topia, chargé de la Guérilla ; celui de Saboya cite l'action courageuse du grenadier français Gadan, qui attaqua trois cavaliers ennemis, en tua un, ainsi que son cheval; reçut quatre blessures, et parvint & se sauver par sa présence d'esprit qui lui fit toujours conserver son fusU.

Le comte de Caldaguès cite également le

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nani da régiment Bourbon, don Gabriel Gonzales Maldonato, lequel, avec quatorze grenadiers, cliassa l'ennemi d'osé maison qu'il occupait, et s'y maintint avec une grande valeur pendant toute l'action ; il parle avec les mêmes éloges de ses deux aides de camp, don Santiago Nogaès, lieutenant de Bourbon, infanterie ; et don Guillermes Piemilau, sous-lieutenant de cavalerie légère de l'escadron des cbasseurs de Catalogne ; du major du génie, don Joseph Aloy, major général de sa division ; et comme l€^ services de ce dernier officier ont été oubliés, le comte de Caldaguès croit qu'il mérite d'avoir de l'avancement.

Le maréchal de camp Laguna assure que l'ennemi a perdu environ quatre-vingt-dix hommes tués, parmi lesquels deux officiers, sans compter ce qu'il aura perdu dans sa fnite vers Barcelonne. Il recommande^ en général, la bonne conduite des officiers et soldats tant de la ligne que des miquelets qui ont combattu sous ses ordres.

Le maréchal de camp don Carlos de Witte, qui dirigeait la cinquième colonne sous mes yeux, fit fuir l'ennemi des bords du Uobregat, des villages de ComeUâ et dHospitalét, et resta formé en bataille sur le flanc droit pour soutenir le comte de Caldaguès, jusqu'à ce qu'ayant perdu les Français de vue, je lui ordonnai de se retirer à Molino del Rey. Il fit neuf prisonniers : un de ses miquelets fut tué, un autre blessé, ainsi que deux soldats de ma garde d'honneur. Le général de Witte loue l'intrépidité de la troupe qu'il a commandée ; tant officiers que soldats, la rapidité avec laquelle ils ont exécuté les évolutions ordon-

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nées, malgré les torrents de pluie et la bone qu'ils awent parfois jusqu'aux genoux; mais surtout fl cite avec le plm grand intérôt l'habileté du lieutenant du génie don Selet de Roda, qui parvint à établir en un moment le pimt de chariots pour passer le Llobregat, malgré la crue des eam et Tobscurité de la nuit.

Je dis avec plaisir à Votre Excellence que tons les gé* néraux, ofiSciers et soldats de diverses armes, ont rempli tous mes vœux, quils ont donné miUe preuves de valeor, de constance et d'activité, au milieu de l'averse horriUe qu'ils ont eu à supporter pendant la nuit et la plus grande partie de la journée.

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