‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 99 sur 120 · AFFAIRE DU 10 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU 10 NOVEMBRE

Relation françahe, êxtraiie du Jowmal de BarceUmm du \t*

Le 9, une pluie continuelle empêcha toute opération.

Le 10, la colonne qui avait attaqué San-Andrés occupait une position avantageuse dans les montagnes. Les troupes de ligne, parmi lesquelles se faisaient remarquer vingt compagnies de grenadiers provinciaux, avaient établi leur camp sur la crête de la Cordillère, entre Grada et Hôna, dont les miquelets couronnaient tous les mtmelons jusqu'auprès de San-Pedro. Le général en chef résolut de les attaquer avec toutes les troupes di^Kiniblet

de la division Chabran, et se rendit en personne auprès

de ce général, en arrière de San-Andrés, pour diriger

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l'opération. Vers midi, les deax bataillons du trente-septième et dn quatre-vingt-treizième, commandés par Tadjodanl- commandant Deyanx, gravirent la montagne entre Gracia et Hôrta, marchant à l'ennemi avec une rare intrépidité. Ce mouvement rapide ne fut pas ralenti par le fen que ces braves soldats eurent à essuyer. En ce moment même, le chef de bataillon napolitain d'Aquino, chargé de prendre la position à revers, par la gauche, avec quatre compagnies de son régiment, attaquait les miquelets qui garnissaient les hauteurs , et les culbutait sur tous les points : il fut parfaitement secondé par la deuxième compagnie dn trente - septième, capitaine Baland, qui donna dans cette occasion de grandes preuves de valeur. Le général GouUus ayant formé en arrière de San-Andrée le septième régiment provisoire de chasseurs à cheval, détacha un bataillon conduit par le capitaine Evrard, ponr soutenir l'attaque de Tadjudant-commandant Devaux } il lança aussitôt dans la plaine la plus grande partie de sea chasseurs, pour gagner Bôrta et menacer la retraite de l'ennemi. Avec le septième régiment et le reste de sa cavalerie, il se porta sur San-Andrés, tandis que le colonel Goéry, avec un escadron de cuirassiers, une compagnie de voltigeurs et deux pièces d'artillerie, s'avançait sur le chemin de Barcelonne. Ces dispositions, exécutées avec une précision remarquable, décidèrent le sort du combat. Nos bataillons chargèrent Tennemi, le mirent en pleine déroute, et s'emparèrent de la position qu'il occupait sur les montagnes de Gracia, en lui causant une perte de

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deux cents hommes à peu près. Les voltigeurs de ces deux bataillons et la cavalerie le poursuivirent Uen an delà d'Hôrta, et enlevèrent son camp de réserve situé sur une éminence àh l'autre côté du village. Le général GouUus entra dans celui de San^Audrés, et fit avancer son artillerie jusqu'à Moncada. Nous avons trouvé dans les camps ennemis une grande quantité de poudre et de munitions. La perte des Espagnols, en tués et blessés, n'est pas de moins de cinq cents hommes; nous n'avons eu qu'un capitaine blessé.

Le même jour l'ennemi avait répété son attaque contre le poste de San-Pedro ; mais il avait été repoussé.

Le brillant résultat de cette journée est dû à la valeur des troupes, à la précision et à la rapidité des mouvements ordonnés. Les compagnies napolitaines, sous les ordres du chef de bataillon d'Aquino, ont rivalisé de gloire avec la division française, qui, dans cette affaire, a battu des forces triples des siennes, parmi lesquelles se trouvaient les meilleures troupes de ligne espagnoles. Le général en chef ne manquera pas de recommander aux bontés de S. M. l'Empereur les chefs des corps qui ont contribué à l'heureux succès de cette journée ; ainsi que les oflkîers qui s'y sont distingués.

AFFAIRE DU iO NOVEMBRE 1808.

Relation tipagnolef extraite de la Gazette miUtaire tt politique ée la principauté de Catalogne, du 14 même mois.

Excellence, après l'affaire du 8, le maréchal de camp, don Grégoire Lagaoa, était resté sur les hauteurs de San- Andrés et dHôrta avec sa division.

Dans la journée du 10 courant, vers deux heures de l'après-midi, il fut attaqué, sur cinq points différents de la position qu'il occupait, par des forces qui s'élevaient de trois à quatre mille hommes d'infanterie et trois cents chevaux. Malgré qu'il ne perdit pas un instant pour se mettre en défense, l'attaque fut encore plus rapide que ses dispositions, et nos troupes n'eurent d'aulre parti à prendre que celui de s'élancer sur l'ennemi avec une fu* reiir héroïque. Après un combat d'une heure, soutenu par les grenadiers provinciaux et les miquelets du colonel don François Milans, à l'effet de protéger la retraite de la division et de l'artillerie contre des forces supérieures, contre lesquelles elles n'avaient pas d'appui sur ces hauteurs, nos troupes parvinrent à gagner San Cugàt, sans désordre, quoique privées de chaussure, et sans avoir pris aucun aliment.

L'action a été plus vive que longue. Le régiment de ligne français, n* 7, a été presque entièrement détruit. Nous n'avons eu de notre côté que six morts, vingt blessés et soixante-quinze prisonniers ou égarés.

Le général de division donne de grands éloges à ses troupes de toutes armes, etc., etc.

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